« Le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles n’est pas militant. Nous soutenons aussi les pères dans leurs démarches », souligne Roselyne Bienvenu, la directrice de l’association.

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La brutalité des hommes sur les femmes serait culturelle, selon le Centre d’information sur les droits des femmes. Il veut faire bouger les mentalités.

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« La dernière loi a été votée en 2006. C’est une grande avancée. Le texte reconnaît le viol entre époux, consacre l’éviction du conjoint violent du domicile conjugal et aggrave les sanctions contre les infractions commises au sein du couple », explique Roselyne Bienvenu.

Le visage de la directrice du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles d’Angers (CIDFF) s’éclaire, lorsqu’elle passe en revue les lois récentes qui renforcent les droits des femmes victimes de violences.

Satisfaite ? Oui, mais pas comblée. « Les mentalités bougent, mais il faut sortir du silence qui pèse dans notre société. » Alors le réseau du CIDFF – 114 centres reconnus par l’État – a décidé de faire de « la violence sexiste » son nouveau cheval de bataille.

« La violence des hommes contre les femmes est culturelle. Notre société s’est construite autour de la puissance masculine. Certains hommes sont capables de recourir à cette violence pour arriver à leurs fins dans leur rapport aux femmes. »

L’association mise sur l’éducation en sensibilisant les professionnels de l’enfance qu’elle forme. « Quand un enfant vit dans un contexte de violence, les risques pour qu’il en soit victime ou auteur sont forts. » Il s’agit aussi de n’excuser aucun prétexte qui conduit à la violence, « ni une dure journée de boulot, ni un verre de trop ».

Une ligne dure qui n’effraie pas Roselyne Bienvenu. « On n’est pas militantes. Ce n’est pas un grief contre les hommes. Œuvrer pour l’égalité, ce n’est pas gommer les différences, mais les révéler », précise la directrice de l’association, qui reçoit 2 500 femmes par an.

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Publié dans Ouest-France / Angers.

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À 35 ans, Pierre-Luc Granjon est un jeune talent. Il peaufine l’écriture de son prochain film d’animation à Fontevraud.

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En résidence à l’abbaye de Fontevraud, le cinéaste originaire de Valence est venu écrire le scénario de son prochain film d’animation.

Son diplôme d’école d’art en poche, Pierre-Louis Granjon a « vite bifurqué » pour faire le grand saut dans le cinéma d’animation.

Un an après avoir commencé dans un studio de Valence comme modeleur pour Hôpital Hilltop, une série pour enfants diffusée sur France 3, il rêve déjà de son premier court-métrage. Objectif atteint en 2001, quand il réalise Petite Escapade, l’histoire d’un écolier qui, du haut de son mur, observe les passants qui défilent en contrebas.

Puis suivent L’enfant sans bouche (2004), Le Château des autres (2004) et Le Loup blanc (2006). Cette réalisation en papier découpé lui vaudra plus de vingt sélections dans des festivals, de Stockholm à Montréal.

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Un scénario bourré d’imagination

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L’histoire – au dénouement tragique – de ce loup apprivoisé par un enfant a été primée au festival Cinématou de Genève (prix Kodak du public) et au festival international du film d’animation de Krok (meilleur film pour enfants).

Avant la réalisation, l’an dernier, de L’hiver de Léon, son dernier opus, ses films n’avaient encore jamais dépassé les dix minutes.

« J’aime beaucoup le format court, ça donne une grande liberté pour créer des univers particuliers, mais j’avais aussi envie de développer une histoire plus longue. Aucun format n’est meilleur que l’autre, je les compare au genre de la nouvelle et du roman. »

De l’idée à la planche à dessin, le cheminement est avant tout visuel. « Les thèmes naissent souvent d’une image principale que j’ai en tête, je crée l’histoire à partir de cette scène. C’est le cas dans Petite escapade : j’avais l’image du gamin qui part dans la forêt avec son cartable puis j’ai inventé la suite. »

La suite, parlons-en. Les projets de ce jeune talent au regard pétillant de malice passe par sa résidence à l’abbaye de Fontevraud. « Je m’isole pour écrire, c’est un travail solitaire, exactement ce qu’il me fallait. »

Encore dix jours pour profiter du calme majestueux des lieux avant de reprendre la route vers le sud. « Je voudrais terminer ce séjour en Maine-et-Loire en ayant une première version du scénario de mon long-métrage, L’armée des lapins. »

Un scénario bourré d’imagination, de rêve et de rebondissements, à l’heure où d’autres réalisateurs « adoptent un côté téléphoné pour ne pas choquer les familles ».

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Publié dans Dimanche Ouest-France / Angers.

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Le cheval s’associe à la moto dans un saut d’obstacles improbable. © Paul Gypteau

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Ce week-end, la ville va vibrer au rythme du Carrousel. Chevaux du Cadre noir, musée des blindés et école de cavalerie offrent un spectacle qui n’a pas pris une ride.

Sous un soleil de plomb, le speaker reprend le micro. « Voici maintenant le carrousel moto. La moto est idéale pour acquérir le sens de la topographie et du coup d’œil, parfait pour s’entraîner à manœuvrer les blindés ! »

Les 44 deux-roues pétaradent dans la grande carrière du Chardonnet, face à l’École de cavalerie. Le brouhaha du public fait place au silence. La répétition générale du Carrousel de Saumur s’est jouée hier à guichets fermés, devant les familles des militaires.

Ultimes réglages, avant d’accueillir les 9 000 spectateurs attendus samedi et dimanche. Des passionnés de mécanique, d’équitation et des amateurs de sensations fortes.

« C’est pour le tout public, souligne le colonel Daniel Postec, commandant en second de l’École d’application de l’arme blindée cavalerie. Même les enfants y trouveront leur compte : plus de quarante véhicules blindés défileront dans la carrière. D’abord une rétrospective de modèles anciens, puis des blindés modernes utilisés par l’armée française dans le monde, aujourd’hui. »

Moins sophistiqués mais tout aussi techniques, les montures du Cadre noir font claquer leurs sabots dans le sable de la carrière.

Tradition oblige, la démonstration de dressage est un moment incontournable du Carrousel. Des chevaux qui s’élancent aux côtés des motos pour sauter une barre d’obstacle. Accord chronométré d’un duo animal-machine improbable, avant un saut de parachutistes qui se posent dans la carrière.

Du rêve, mais pas trop. Les organisateurs gardent en tête les missions premières de l’événement. « Mélange des traditions, cohésion de groupe, fierté d’appartenir à la blindée cavalerie et gestion du stress », résume le colonel Pos tec en termes télégraphiques.

La réunion du Cadre noir, du musée des blindés et de l’École de cavalerie marque aussi la fin d’une année, pour les jeunes lieutenants et sous-officiers en formation à Saumur.

Au-delà du spectacle, le Carrousel est « une manière d’ouvrir l’École et de se faire connaître auprès du public, maintenant que le service militaire n’existe plus », estime l’officier Patrick Martinez. Et aussi de dépoussiérer l’image d’un Carrousel qui fête cette année sa 159e édition.

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Carrousel de Saumur, samedi 19 et dimanche 20 juillet. Réservations auprès de l’office de tourisme du Saumurois, tél. 02 41 40 20 66.  Tarif : de 27 € à 35 €.

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Les lycéens de la terminale du soir du lycée Sainte-Agnès entourés de leurs professeurs à l’heure des résultats du bac. © Paul Gypteau

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Cette classe expérimentale donne une deuxième chance à des lycéens exclus du système classique. Et vu les résultats obtenus au bac, le pari est gagné.

Un tableau noir, une carte de l’Union européenne punaisée au mur et des tables de cours. Rien ne distingue cette salle du lycée Sainte-Agnès à Angers d’une salle de cours banale. Pourtant, ce vendredi soir, les élèves et professeurs de la terminale du soir se sont donné rendez-vous au premier étage du lycée de la rue Volney pour célébrer un événement attendu de longue date. « Félicitations ! » Tous lèvent leur verre pour fêter leurs résultats du bac.

Ces cours du soir, destinés à des lycéens atypiques, ne sont pas légion en France. Sainte-Agnès fait partie des sept établissements catholiques français (1) à proposer une voie différente pour décrocher le précieux sésame. « Beaucoup de nos élèves se sont réorientés ou avaient perdu leur motivation dans une structure classique », explique Nathalie Girault, responsable de la terminale. « Cette année, le cru est exceptionnel. Sur les 18 qui ont terminé l’année, 7 ont passé le bac et 6 l’ont décroché ! Ça fait plus que la moyenne nationale. Il y a une mention Bien en L et une Très bien en ES, c’est une première », se félicite-t-elle, tout sourire, avant de prendre un petit-four.

Cette classe expérimentale, qui épaule des étudiants de première et de terminale, fêtera ses dix ans à la rentrée prochaine. La recette de cette réussite à peine croyable ? Pas de hasard mais un projet pédagogique bien ficelé. Il privilégie des travaux en petits groupes et une approche individuelle.

Pas de cours avant 11 h, des voyages de classe et un groupe resserré autour d’un noyau dur de profs motivés. Beaucoup de ces jeunes ont décroché après des échecs familiaux, une crise d’adolescence tenace ou un manque de motivation. Des situations difficiles et des profils contrastés que « l’objectif bac » réunit.

Au-delà du diplôme, la formation met l’accent sur la vie en communauté. « On a un coin pour nous où on peut manger et écouter de la musique le midi, on fait la vaisselle, on participe un peu au ménage. On sort parfois avec les profs », confirme Wannee, 24 ans, fraîchement diplômée, à la troisième tentative. Même si tous n’atteignent pas l’objectif, la grande majorité reprend pied. « J’étais ici il y a quelques années, explique Florian, et je n’ai pas eu mon bac. Mais ça ne m’a pas empêché de m’en sortir ! Aujourd’hui j’ai trouvé ma voie en suivant des études de graphisme à Nantes. »

Profs et élèves tiennent donc la barre pour y arriver, ensemble. « C’est un challenge commun », conclut la prof d’économie, avant le départ vers un restaurant du centre-ville pour prolonger la soirée.

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(1) Paris, Versailles, Nantes, Lyon et deux lycées à Rennes

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Fatima.Fatima, 20 ans.

« Tout se passait bien pour moi jusqu’à une crise d’adolescence en première. Après être passée de justesse en terminale générale, je suis simplement allée à l’épreuve du bac de philo, puis j’ai laissé tomber. L’année d’après, j’ai beaucoup séché. J’ai hésité à tout abandonner pour trouver du boulot. Mais j’avais trop peur du chômage ! J’ai entendu parler de cette terminale du soir et ça a été une révélation ! Pas de cours tôt le matin mais on finit parfois à 20 h, ça me convient. Sans oublier qu’on a une pause toute les 1 h 30. Avec les autres, c’est comme si on était en colloc’. Je me faisais une montagne du bac mais finalement ça s’est bien passé. J’ai beaucoup travaillé pour passer toutes les épreuves de première et terminale cette année, en plus de mon job dans une maison de retraite. Je suis passée du tout au tout : des journées pyjama au déclic qui m’a fait décrocher mon bac ! »

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Raphaël.Raphaël, 18 ans.

« J’étais dans un sacré bourbier. Après des problèmes d’assiduité, j’ai fini par perdre pied parce que je n’étais vraiment pas motivé. J’ai égrené les lycées avant d’arriver ici : Saint-Martin, Mongazon et l’institut Bois-Robert à Bécon-les-Granits. La totale, quoi ! La terminale du soir, c’était le lycée de la dernière chance, il fallait que je me remette dans les clous. Pour que tout soit cadré dès le début, on m’a fixé un contrat : assiduité, ponctualité et bon esprit avec les autres. Les profs m’ont poussé à travailler. Ils ont toujours été à l’écoute quand j’avais des problèmes. Ils sont au même niveau que ceux des lycées classiques. Cette formule demande peut-être un peu moins de travail personnel mais ça me convient parce que j’organise des soirées étudiantes en parallèle. Après mon bac ES, je tente les écoles de commerce pour travailler dans la gestion du patrimoine ou dans la bourse au back-office. »

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Mascotte du musée, l\\\'entraînant professeur Di Namo présentera tout l\\\'été les pièces les plus surprenantes de la collection du château, comme ici une radio et une télévision anciennes. © Paul Gypteau

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Après les démonstrations de l’intriguant professeur Di Namo, le musée de la communication de Saint-Barthélemy lance de nouveaux ateliers.

À fond dans la nouveauté ! Après les démonstrations d’appareils électriques du professeur Di Namo lancées en 2006, le musée de la communication de Saint-Barthélemy rivalise de créativité. À partir du 14 juillet et pour tout l’été, les visiteurs du domaine de Pignerolle ne vont pas s’ennuyer.

Le lundi, les enfants pourront découvrir la fabrication de l’électricité et comment les énergies renouvelables vont révolutionner notre futur. Mais pas question de laisser les parents sur la touche. Eux aussi pourront mettre les doigts dans les fils. « Les ateliers du mercredi sont ouverts à tous. Si les enfants découvrent, les parents révisent ce qu’ils savaient peut-être déjà. Fonctionnement du son, de la lumière ou encore des dessins animés, personne ne s’ennuiera ! », se réjouit le professeur Di Namo, lunettes en plastique noires assorties à sa fine barbe brune.

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1300 curieux objets au musée

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C’est le même professeur Géo Trouvetou qui fera rêver le public, en présentant quelques-uns des 1 300 curieux objets du musée. Des appareils d’un autre temps ? « Pas tant que ça ! Ils ont l’air de vieilles carcasses vus derrière une vitrine, mais les gosses sont surpris de voir fonctionner une télé couleur des années 1970 et d’apprendre qu’à l’époque, elle coûtait le prix d’une… petite voiture aujourd’hui ! », s’amuse Di Namo. Et chut, c’est encore un secret, mais des « visites magiques » enchanteront les dimanches après-midi en présentant des illusions d’optique.

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Programme, à partir d’aujourd’hui :

Outre la partie Jules Verne, les enfants pourront découvrir la conquête spatiale en partant à l\'assaut de la capsule Apollo. © Paul GypteauLundis, à 15 h 30 : ateliers du professeur Di Namo, public familial, thème de l’énergie.
Mardis et jeudis, à 15 h 30 : visites et démonstrations d’appareils du musée.
Mercredis, à 15 h et 16 h : ateliers parents et enfants pour découvrir le son, les instruments, la lumière et les dessins animés.
Vendredis, 15 h et 16 h : conte scientifique avec une énigme à résoudre.
Samedis, dès 14 h 30 : parcours d’orientation dans le parc du château.
Dimanches, 15 h, 16 h et 17 h : visites magiques et illusions d’optique.
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Renseignements : château musée de la communication, domaine de Pignerolle, Saint-Barthélemy-d’Anjou. Tél. : 02 41 93 38 38. www.musee-communication.fr

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Jessica a été baptisée par immersion totale, samedi soir, dans la tradition de cette branche protestante qui revendique 100 000 frères et soeurs. © Paul Gypteau

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Réunis samedi à la Baumette, 400 Tsiganes ont célébré deux baptêmes. L’occasion pour leur pasteur de dénoncer les stéréotypes qui leur collent à la peau.

20 h 30 samedi soir. Les retardataires se pressent aux portes du chapiteau rayé vert et blanc planté au milieu de la centaine de caravanes installées dans les prairies de la Baumette. Pas question de manquer ce moment fort de la vie du camp. Ce soir, Rudy, 18 ans, et Jessica, 28 ans, vont être baptisés.

« Notre mission, qui regroupe 100 000 Tsiganes, est la plus importante d’Europe, un tiers des Gitans en fait partie », explique Steve Raoult, pasteur de cette église protestante évangélique et peintre en bâtiment à Saint-Brieuc. Cheveux en brosse, jean blanc et chemise à carreaux, il poursuit : « Chaque année en mai, toute la communauté se retrouve à Gien, dans le Loiret. Ensuite, les 6 000 à 7 000 caravanes se séparent en 80 groupes et partent sillonner la France. »

Les 400 Tsiganes du campement de la Baumette ont plié le camp, hier, après une halte d’une semaine à Angers. Direction Nantes avant de mettre le cap sur l’est de la France, début août, pour un grand rassemblement international. « Mais on ne sait pas encore où, c’est le gouvernement qui décide », explique Steve.

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« On est assimilé à des voleurs »

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Le jeune homme de 32 ans lâche un soupir mais ne sourcille pas. Pasteur depuis dix ans, il est rompu aux contraintes administratives. « La loi nous oblige à faire une demande aux mairies et préfectures plus d’un an avant notre arrivée. Si des villes nous ouvrent leurs portes, d’autres nous accueillent par des pierres, des barrières et du mépris. »

Plus que spirituelle, Steve a également une mission sociale. « Certains ici ne savent pas gérer les formalités administratives car ils ne savent ni lire, ni écrire. Ils se réfugient donc derrière nous pour continuer à voyager. » La religion est aussi un appui pour sortir de la précarité sociale. « J’étais un garçon dans le monde, je fumais du shit. Ma mère savait mais elle ne disait rien », témoigne Rudy, derrière le pupitre du chapiteau, face à l’assistance. Soudain, son visage devient écarlate. « Que Dieu vous bénisse », lâche précipitamment le garçon déboussolé en fondant en larmes. Après le sermon, des témoignages et des cantiques, Rudy et Jessica s’immergent l’un après l’autre dans la piscine. Les voilà baptisés. Quelques chants encore et l’assistance se disperse.

Steve reprend. « Vous voyez, tout se passe bien ! Les stéréotypes et la peur de l’inconnu nous causent préjudice. Dans l’esprit des gens, les Gitans volent et cassent. Si seulement ça pouvait changer… »

22 h, vendredi. Rudy et Jessica commencent un nouveau voyage.

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Le pasteur Steve Raoult (2e en partant de la droite) est entouré de jeunes de la communauté. © Paul Gypteau

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Les haltes et les étapes se succèdent dans l\'immensité glacée pour Fabien Docet, avec des températures qui flirtent avec les - 65 °C. - © Fabien Docet

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Après un périple en solitaire dans l’immensité du Canada, qui a duré près d’un an, cet explorateur du Maine-et-Loire a retrouvé les siens. Récit de voyage.

De la solitude, des paysages glacés et une quête d’absolue. Le périple de Fabien Docet a duré plus de 300 jours. Parti de Whitehorse, au nord-ouest du Canada, le 2 juillet 2007, il vient de retrouver sa famille à Saint-Philbert-du-Peuple, dans l’est du département. À raison de 5 à 25 km de marche par jour selon le temps, cet explorateur de 46 ans affiche près de 7 000 kilomètres au compteur.

Une traversée jalonnée d’aléas climatiques et matériels. « La traversée des rivières a été particulièrement difficile, j’ai pris de sacrés bouillons ! On ne peut pas lutter contre le courant et il faut traverser en plusieurs fois pour transporter tout le matériel. » Après avoir franchi les montagnes rocheuses, il arrive à Norman Wells, tout près du cercle arctique. Les haltes et les étapes se succèdent dans l’immensité glacée, avec des températures qui flirtent parfois avec les - 65 °C. L’aventure, la vraie.

« J’ai manqué de nourriture »

À 150 km de Churchill, une ville de l’est qui borde la baie d’Hudson, l’équipée de Fabien Docet marque un coup d’arrêt. « Je suis tombé dans un cul-de-sac. La neige avait envahi un terrain déjà très accidenté et la végétation avait poussé pour former un mur de petits sapins très serrés. J’ai cherché une issue pendant six jours. À force de tourner et virer, les vivres ont diminué et j’ai manqué de nourriture. » Il utilise alors son téléphone satellite pour prévenir sa compagne, Léonie Sommer. Elle pilote l’intendance à distance depuis la France. Son assurance française refuse d’engager les fonds pour envoyer un hélicoptère le secourir. C’est finalement la gendarmerie royale canadienne qui volera à son secours.

Après son rapatriement à Churchill, celui que les autochtones surnomment Whitefingers, à cause des engelures qui endolorissent ses doigts, poursuit son chemin jusqu’à Thunder Bay. Les lacs glacés font place à la transcanadienne d’asphalte. Sa traversée se termine là-bas. « Ce n’était plus ma vision du voyage, marcher sur une route goudronnée n’avait plus d’intérêt. » Plus que les paysages, ce sont aussi des rencontres exceptionnelles qui lui laisseront des souvenirs inoubliables. « Je me suis fait de vrais amis, comme Paul ou Kenneth, que j’ai rencontrés pendant mon voyage. Si vous êtes humble et simple, les gens du nord vous accueillent à bras ouverts. »

Il écrit un carnet de voyage

Ce groupe de soutien, qui s’organise au Canada et en France, Fabien et Léonie l’ont baptisé « la cordée ». Belle image pour remercier les rares personnes qui les ont épaulées pendant cette épopée singulière. Car nombreux sont ceux qui n’ont pas cru dans le projet. « Mais je les remercie aussi. Ils m’ont donné la niac pour y arriver, je n’aurais pas pu leur faire le plaisir d’abandonner. »

Une semaine tout juste après son retour en France, Fabien bouillonne déjà de projets pour repartir dans le Grand Nord. Ce gaillard aux yeux bleus prépare déjà l’écriture de son carnet de voyage et rechaussera ses bottes en janvier. Pas pour marcher cette fois, mais pour travailler aux côtés de sociétés canadiennes dans la prospection d’uranium, d’or et de diamants.

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Les enfants de Saint-Philbert-du-Peuple ont rendu hommage à Fabien Docet, rentré en France dimanche dernier. - © Paul Gypteau

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Bruno Pelerin est le « Monsieur centre-ville » de la cité. Il assure le relais entre les commerçants affiliés aux Vitrines d\'Angers, la ville et la CCI. © Paul Gypteau

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Il connaît les boutiques du centre comme sa poche. Bruno Pelerin est au service des Vitrines d’Angers et ne manque pas d’idées.

Appelez-le « Monsieur centre-ville ». À 41 ans, Bruno Pelerin veille sur les commerçants du centre-ville comme un pasteur veille sur ses ouailles. Il fait partie de la centaine de « managers de centre-ville » qui quadrillent l’Hexagone. Une fonction inventée par nos voisins anglais voici 15 ans pour redonner du peps’aux commerces de proximité.

Aux petits soins pour les boutiques affiliées aux Vitrines d’Angers (1) depuis octobre 2007, Bruno Pelerin ne connaît pas la routine. « Ma fonction ? C’est vaste ! J’ai surtout un rôle de relais d’informations entre la chambre de commerce et d’industrie, la ville et les affiliés aux Vitrines ». Un référent qui anime aussi les groupes de travail chargés de plancher sur les opérations commerciales ou l’arrivée du tramway.

Le tramway ? Les travaux sont inéluctables, mais qu’à cela ne tienne ! Bruno Pelerin entend bien tirer profit de l’arrivée des pelleteuses pour rendre le centre encore plus attractif. « Profitons-en pour créer l’événement ! On a déjà pensé à organiser des nocturnes, des ventes flash et pourquoi pas des concerts au beau milieu des chantiers ! », lance-t-il, le regard pétillant.

Après avoir fait ses gammes à Périgueux comme conseiller entreprise, Bruno Pelerin a posé ses cartons à la CCI du Maine-et-Loire voici dix ans. Chef d’orchestre incisif, il n’en oublie pas moins l’importance du « travailler ensemble ». « Tout seul, vous n’êtes rien ! ». Son sens du contact lui sert aussi à convaincre les commerçants. « Si on sent un malaise autour d’une décision, je vais l’expliquer, ça tient souvent à une incompréhension ». Et inversement. « Je fais aussi remonter les remarques des commerçants à la direction des Vitrines d’Angers. »

(1) association qui regroupe 150 des 300 commerçants de l’hypercentre d’Angers

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Les huit résidents accompagnent Sandrine Veysset, avec un chapeau, Jeanne Moreau et Claude-Eric Poiroux, à droite. © Paul Gypteau

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Ateliers d’Angers. L’heure était au bilan, hier mercredi, pour Jeanne Moreau et ses huit jeunes cinéastes, en résidence depuis le 2 juillet à Angers.

Jeanne Moreau - © Paul GypteauC’est la petite cuisine du cinéma qu’elle connaît sur le bout des doigts ! Mademoiselle Jeanne Moreau met la main à la pâte pour le cocktail de clôture à l’hôtel Livois-Lancreau, à l’image de son investissement et de son enthousiasme lors de cette quatrième édition de « ses » Ateliers d’Angers. « Mais je suis épuisée ! Je pense que nous les avons nourris un maximum pendant cette semaine. Pour la première fois, j’avais pu découvrir leur court-métrage et pu lire leur scénario. Et chose extraordinaire, tous ont déjà un producteur. »

Du particulier (chacun des résidents s’est entretenu avec l’immense comédienne) au général, les huit privilégiés ont eu l’occasion, au contact des nombreux professionnels et figures tutélaires, d’apprivoiser l’angoisse inhérente à la réalisation d’un premier long-métrage. « Faire un film est une sacrée responsabilité, et même un choix de vie : on y engage des capitaux et des personnes. C’est un métier dangereux autant qu’un fantasme. Il y a beaucoup d’angoisse en eux et l’idée des Ateliers est de les respecter, de les rendre importants, et de les amener au bout d’eux-mêmes. On ne peut pas passer son temps à avoir des doutes. »

En amoureuse et en experte du septième art, Jeanne Moreau a matérialisé pour eux les images qu’ils tourneront bientôt : « J’ai vu leur film, j’ai pu leur restituer ma confiance et mon émotion. J’ai même eu les larmes aux yeux en imaginant certaines scènes ». Quel que soit le destin de ces réalisateurs en devenir, un passage aux Ateliers d’Angers n’est pas image morte.

D’anciens résidents ont vécu la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, certains achèvent leur film, quand d’autres ont dirigé leur pas vers les plateaux télé. « Ces Ateliers leur permettent au moins de savoir quelles sont leurs véritables envies ! » Celles de Jeanne Moreau ne riment pas en tout cas avec vacances : « Je n’en ai pas pris depuis cinq ans ! » Une tournée en Amérique du nord début 2009 avec Quartett, en compagnie de Sami Frey ; l’ouverture en Avignon, toujours en 2009, avec un projet d’Amos Gitaï ; le commentaire d’un documentaire sur Laure Manaudou et un travail autour du Condamné à mort de Jean Genet, avec Etienne Daho… Jeanne Moreau ne s’arrête jamais. Comblés par cette rencontre, les huit résidents ont pris une belle leçon… de jeunesse !

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Le bilan des résidents

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François Pirot (Belgique). © PGFrançois Pirot (Belgique)
« Mon temps fort : la rencontre avec Jacques Doillon. Pour sa disponibilité, sa simplicité, son humilité et son approche saine du métier. L’important pour moi est d’avoir pu trouver des confirmations de mes choix. Je suis sur le point de tourner un court métrage, après un long temps d’écriture. La possibilité d’échanger et de parler de la dimension concrète des choses tombait à point nommé pour moi. Et si j’avais un bémol, ce serait la petite frustration de ne pas avoir eu plus d’exercices, d’être allé un peu plus loin avec les intervenants. Mais je conseillerais les Ateliers à tous les jeunes réalisateurs. »

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Antoine Barraud (France). © PGAntoine Barraud (France)
« C’était très fort d’être ensemble ! L’entente entre nous fut instantanée, inattendue, miraculeuse. On sentait qu’on était tous là pour la même chose, pour une même curiosité. Ces Ateliers m’ont de plus apporté des réponses concrètes sur des questionnements précis, comme le fait de faire des répétitions, et comment les faire, et avec qui les faire. C’était aussi très instructif d’échanger sur les périodes de financement. Tout cela permet de dédramatiser. Le seul bémol est le côté encore expérimental de ces Ateliers dans leur forme. Mais l’idée est très bonne, et la rencontre avec Noémie Lvovsky fut un moment merveilleux. »

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Héléna Klotz (France). © PGHéléna Klotz (France)
« Le temps fort fut la toute première master-class avec Jeanne Moreau. C’était vivant, frontal, sans chichi. Elle a vraiment donné le ton. En trois minutes, elle a décoincé tout le monde. À titre personnel, ces Ateliers m’ont permis de démythifier le fait de réaliser un premier long. On est très seul d’habitude, et la présence de tous ces intervenants et des sept autres résidents m’a donné beaucoup de confiance. J’ai énormément appris au contact des autres, et nos échanges m’ont même donné quelques idées pour mon scénario. Au final, on se dit que c’est un véritable privilège de pouvoir vivre cela ! »

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Rebecca Zlotowski (France). © PGRebecca Zlotowski (France)
« Pour la première fois j’ai pensé à mon scénario comme à quelque chose de concret. Je sens enfin que le film va se faire, à condition que j’arrive à trouver des financements. En fait, je suis à un stade intermédiaire. Je n’ai plus les mains dans le script mais pour autant, je ne suis pas encore prête à tourner demain. Ça m’a donc fait du bien d’entendre des avis différents. La semaine a été dense ! Cerise sur le gâteau, Jeanne Moreau a accepté de tourner dans une scène de ma carte postale, ce film souvenir de notre semaine qu’on laisse ici avant de partir. Ça n’a pas de prix ! »

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Peter Mackie Burns (Grande-Bretagne). © PGPeter Mackie Burns (Grande-Bretagne)
« Je m’apprête à tourner mon premier long-métrage en septembre. Rencontrer tous ces intervenants, ça m’a donné les dernières clés avant de me lancer. Le film Y aura-t-il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset est tombé à point nommé puisqu’elle tourne beaucoup en extérieur. Beaucoup de scènes de mon film sont aussi tournées dehors. Pour les techniques de cadrage, c’est idéal ! Je croise les doigts pour que tout se passe bien, parce que tourner un film pour la première fois, c’est comme quand on est vierge, on ne sait jamais comment ça va se passer ! »

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Celia Galvan Julve (Espagne). © PGCelia Galvan Julve (Espagne)
« Ce qui m’a le plus marquée cette semaine ? Tout ce que les réalisateurs ont échangé avec nous ! Je pense aussi au film de Sandrine Veysset, Y aura-t-il de la neige à Noël ? c’est intense et plein de vie. J’étais aussi à un moment où j’avais besoin de penser mon film comme un projet concret. Parce que quand on écrit, on utilise souvent des mots et des concepts vagues qui n’existent pas dans la réalité. Donc quand on parle avec des réalisateurs et des monteurs, tout de suite, ça recadre les choses ! C’est un privilège d’avoir partagé du temps avec Jeanne Moreau. »

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Paul Saintillan (France). © PGPaul Saintillan (France)
« En tête à tête avec Jeanne Moreau, on discutait d’un des rôles de mon film. Je voyais bien Melvil Poupaud camper ce personnage et l’idée est aussi venue à Jeanne. Elle m’a donné le numéro de l’acteur pour que je lui envoie mon scénario. C’est surréaliste comme démarche. Ca ne se passe jamais comme ça d’habitude. La semaine dernière, quand elle nous a parlé d’Orson Welles, Luis Buñuel et François Truffaut, c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience qu’elle était très proche des gens du Panthéon du septième art. Nous transmettre son expérience de comédienne lui tenait vraiment à cœur. »

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Germinal Rouaux (Suisse). © PGGerminal Rouaux (Suisse)
« Les résidents ont débarqué à Angers sans se connaître. On était dans le même bateau pendant une semaine, ce qui a instauré une certaine solidarité entre nous. On avait besoin d’être rassurés à ce stade.
J’ai repris confiance après les conseils des intervenants. Un de mes temps forts restera lié à ma rencontre avec Jacques Doillon. Il m’a conforté dans le fait qu’on peut réaliser un film en étant sincère, même dans un milieu où le poids du marché est fort. Malgré les pressions, il faut toujours garder confiance en son projet pour rester soi-même. »

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Avec Gwenn Froger

Publié dans Ouest-France / Angers

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Isao Takahata - © Paul Gypteau

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L’abbaye de Fontevraud met à l’honneur le réalisateur du “Tombeau des lucioles”, Isao Takahata, disciple d’un autre grand de l’animation, Paul Grimault.

ENTRETIEN

Isao Takahata, Cinéaste d’animation japonais

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Paul Grimault, le réalisateur du Roi et l’oiseau, a eu une influence déterminante dans votre travail. Que représente-t-il pour vous ?

La première fois que je l’ai rencontré à Paris en 1981, il était tel que je me l’étais imaginé en regardant ses films, ouvert et chaleureux. C’est le premier réalisateur de films d’animations à avoir pris à bras-le-corps des questions de société. Au-delà de ses convictions, il a révolutionné la technique du cinéma d’animation. La qualité graphique de la La Bergère et le Ramoneur et du Roi et l’oiseau est époustouflante. Je pense aussi au Voleur de paratonnerre, où il a introduit un sens de la perspective inconnu jusque-là.


Et sa vision critique ?

Personne n’a jamais dépassés les métaphores de ses dessins animés. L’exemple des trappes dans lesquelles le roi fait tomber ses opposants dans Le Roi et l’oiseau est marquant.


C’est donc un immense honneur d’être exposé aux côtés de son maître…

Oh non, c’est très embarrassant ! Il y a un décalage entre son travail et le mien. Avec Miyasaki - le réalisateur de Kiki la petite sorcière et du Voyage de Chihiro, exposé lui aussi - on a eu la même réaction. On a accepté de participer à cette exposition pour avant tout de saluer le travail de Grimault.


Quel regard portez-vous sur les films d’animation contemporains ?

Certaines productions sont remarquables ! Les réalisateurs explorent aujourd’hui plus de domaines. Les Français se démarquent avec des films de grande qualité, comme les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet ou les œuvres de Michel Ocelot (Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar).

C’est insolite d’exposer des dessins animés dans une abbaye royale, le cadre vous inspire pour un prochain film ?

C’est magnifique mais je me tiens à ma ligne directrice : traiter uniquement de la réalité de mon pays, le Japon.

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Fontevraud rend aussi hommage à Paul Grimault

Offrir les cimaises d’une abbaye royale au monde merveilleux du dessin animé, chapeau bas ! Cette rétrospective exceptionnelle retrace le parcours de Paul Grimault, pionnier du cinéma d’animation depuis les années 1930. Si tout le monde connaît son long métrage Le Roi et l’oiseau, c’est aussi l’occasion de pousser les portes de son atelier. Croquis, photos d’époques, planches de travail, matériel de montage et projection de ses œuvres sont autant de balises qui intéresseront enfants et adultes. Plus loin trônent les chefs-d’œuvre récents de ses disciples, Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles) et Miyazaki Hayao (Le Château ambulant). Hommage graphique pour décortiquer « l’inspiration du mouvement inventée par Grimault que les Japonais ne trouvaient pas chez Disney », note en clin d’œil Jean-Pierre Pagliano, le commissaire de l’exposition.

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« Mondes et merveilles du dessin animé », à voir jusqu’au 16 novembre à l’Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire). Tél. 02 41 51 73 52 ou www.abbayedefontevraud.com

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Publié dans Ouest-France / Cultures

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