Archives pour juillet 2008

Jean-Christophe Boisteault partage sa passion pour l’ardoise avec le public. Un coup de main qu’il a mis cinq ans à maîtriser. © PG

-

Trélazé. L’ardoise a fait les beaux jours de la commune. 600 ans après la découverte de la première mine, le musée retrace l’âge d’or de la ville.

Rossignol chausse ses sabots. Il fait claquer sa barre à mine en métal sur ses énormes souliers de bois recouverts de guêtres en tissu. « À l’embauche ! », lance-t-il au public. Rossignol, c’est le « nom de seigneurie » de Jean-Christophe Boisteault. Un pseudonyme dont il a hérité après cinq ans de formation. C’est son maître qui l’a baptisé. « C’est le droit des chérubins, on devenait ardoisier de père en fils et il faut bien dire que les enfants n’avaient pas trop le choix à Trélazé. »

-

1406 : le début de l’exploitation

-

Si les ardoisiers descendaient dans les mines de Trélazé pour remonter des blocs de schistes, Jean-Christophe Boisteault remonte l’histoire de la ville pour la faire partager à un groupe de curieux. Il pointe un bloc d’ardoise venu des profondeurs. « Celui-ci a été extrait à 550 mètres sous nos pieds. Il pèse 5, 6 tonnes, autant qu’un éléphant. Une fois qu’on a remonté le bloc, il faut le débiter, c’est-à-dire le découper en plaques de quatre centimètres. » Il plante son pic dans le carré bleu nuit et soulève une plaque. « Et il faut faire attention à la qualité de la pierre. Dans le jargon, un bloc de bonne qualité s’appelle un bouc et un mauvais une biquette. »

Autant d’expressions anciennes qui font traverser le temps pour faire revivre l’épopée des mines d’ardoise de Trélazé. L’exploitation a commencé en 1406. « L’ardoise de Trélazé est la plus pure du monde et dure longtemps sur une toiture. »

La démonstration de la fente d’ardoise se poursuit sous l’amphithéâtre ombragé au cœur du parc du musée. Jean-Christophe distille les anecdotes des mines comme il fend la pierre. « C’est dans les mines du Fresnaie et des Grands Carreaux que les hommes descendent pour chercher la pierre. Au début du XXe siècle, jusqu’à 4 200 personnes ont travaillé dans l’ardoise. Et même jusqu’à 6 000 si on inclut les mines du Segréen. »

-

213 employés aujourd’hui

-

Aujourd’hui, ils ne sont plus que 213 employés à œuvrer aux Ardoisières. La mécanisation a remplacé l’huile de coude. « Quand il fallait deux semaines de travail entre l’extraction et l’ardoise prête à utiliser, il ne faut aujourd’hui plus que trois heures ! » Sans oublier l’invasion de l’ardoise d’Espagne, de moins bonne qualité mais moins chère, dans les années 1960, qui a signé la fin de l’âge d’or de Trélazé.

Jean-Christophe plante son cobra, une fine lame de métal, pour effeuiller le cube en fines ardoises. A l’ancienne. « Voilà des ardoises de 2,7 mm ! Après le rondissage - la taille à la bonne dimension - elles seront fin prêtes pour le couvreur. » Un coup de pédale sur sa machine et la tuile est taillée à la bonne dimension.

Avant de partir, chaque visiteur prend un petit carré d’ardoise, en souvenir de cette démonstration de taille à l’ancienne. Le parcours se poursuit devant une vidéo où l’on voit les grosses machines de la société des Ardoisières, à quelques kilomètres du musée, s’affairer pour tailler la pierre. Si la machine a remplacé l’homme, Rossignol, lui, garde toute la légèreté du coup de main à l’ancienne.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 26 juillet 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »

Arrivés au Cadre noir de Saumur le 15 juillet, les quatre cavaliers chinois repartiront en Chine à la mi-octobre pour y poursuivre leur formation. © Marc Roger

-

Ils se forment à Saumur pour préparer un championnat national en 2009. C’est le début d’une nouvelle coopération entre la Région et la Chine.

Quatre cavaliers chinois du Shandong, une province de 90 millions d’habitants à l’est de la Chine, sont aux ordres des écuyers de l’École nationale d’équitation de Saumur jusqu’à la mi-octobre. Pour préparer les épreuves de concours complet des Jeux chinois de 2009.

Ce n’est pas une nouveauté pour le Cadre Noir, qui a déjà prouvé l’excellence de sa formation en accueillant l’équipe du Qatar en 2006 : les Qataris avaient remporté l’or aux Jeux asiatiques de Doha. Mais c’est un tournant pour l’activité équine des Pays de la Loire. « Le savoir-faire de l’école est recherché. Au-delà de la préparation sportive des cavaliers, l’enjeu est de promouvoir notre filière équine à l’étranger et d’en récolter les fruits », explique Jacques Thiolat, directeur de l’école d’équitation.

Cette relation dépassera le domaine de la formation pour toucher l’élevage. « 90 chevaux français ont déjà été vendus en Chine depuis 2007, en privilégiant les éleveurs de la région », pointe Jean-Yves Camenen, le directeur de l’Union nationale interprofessionnelle du cheval, partenaire de l’opération.

« Il est encore trop tôt pour chiffrer ces échanges. Depuis le lancement du projet en mai 2007, la fourchette est comprise entre 300 000 € et 700 000 €. » Une estimation qui inclut les retombées immédiates, comme l’achat de chevaux, ou induites, comme l’impact sur le commerce local.

Mieux, un bureau de représentation de la Région est à pied d’oeuvre à Qingdao - deuxième ville du Shandong - depuis mars 2006. Ses trois employés aiguillent les entreprises ligériennes intéressées par l’Empire du milieu. « Le bureau était précieux car la distance aurait été une difficulté insurmontable », souligne Jacques Thiolat.

La coopération entre la Région et le Shandong dépasse l’échéance des Jeux chinois de 2009. « Un institut franco-chinois de formation aux métiers de l’équitation devrait voir le jour à Qingdao d’ici 5 à 6 ans », explique Alain Bentaha, conseiller régional chargé de la filière équine. Un centre axé sur l’équitation de loisirs et la formation de cadres chinois qualifiés, à même de conduire leurs futurs cavaliers vers l’excellence.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 24 juillet 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »

Jean-Pierre Logerais, l’architecte de la résidence Volta, a dévoilé jeudi les plans du bâtiment.

-

Cette nouvelle résidence prend racine sur le campus de Belle-Beille. Dès la rentrée 2009, elle étoffera une offre de logements étudiants un peu restreinte.

Dix mois après la pose de la première pierre, deux des quatre blocs de la résidence Volta sont déjà sortis de terre. Juché face au restaurant universitaire de Belle-Beille et à une centaine de mètres de la bibliothèque, le bâtiment de trois étages accueillera 300 nouveaux locataires dès la rentrée 2009.

Des studios de 18 m², tout équipé, avec salle de bain et kitchenette. Ils s’ajouteront aux 1 900 logements universitaires que compte le Centre local des œuvres universitaires et scolaires (Clous) d’Angers.

La construction est à la pointe des normes environnementales. « Les façades de chaque chambre sont en bois isolant, le châssis du bâtiment est en aluminium et l’isolation extérieure en céramique », note l’architecte Jean-Pierre Logerais. Ce gros œuvre complète les ampoules fluorescentes à basse consommation de la résidence et les 120 m² de panneaux solaires utilisés pour alimenter la ventilation du bâtiment.

12 millions d’euros

C’est aussi un exemple en matière d’accessibilité puisque six appartements aménagés de 25 m² seront réservés aux personnes handicapées. Sans oublier le jardin, situé au centre des quatre unités du bâtiment. « C’est un produit haut de gamme, réalisé dans des coûts supportables », résume Michel Noctulle, directeur du Crous des Pays de la Loire.

Le projet, chiffré à 12 millions d’euros, a vu le jour voici trois ans. Il renforce le parc des douze cités et résidences universitaires qui hébergent 6,50 % des étudiants de la ville. « Des efforts restent à faire pour qu’Angers atteigne les 10 % fixés, poursuit Michel Noctulle. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans nos missions. On met des structures de l’enseignement supérieur en danger. On s’aperçoit, par exemple, qu’il est plus facile de trouver une chambre à Rennes, dont le Clous loge 10,5 % des étudiants de la ville, qu’à Angers. »

Malgré tout, pas d’inquiétude. « On arrive à loger tous les étudiants boursiers tant bien que mal, rassure Laurence Lannaud-Rolland, directrice du Clous d’Angers, même si ça peut prendre quelques semaines de plus. »

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 23 juillet 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »

« Le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles n’est pas militant. Nous soutenons aussi les pères dans leurs démarches », souligne Roselyne Bienvenu, la directrice de l’association.

-

La brutalité des hommes sur les femmes serait culturelle, selon le Centre d’information sur les droits des femmes. Il veut faire bouger les mentalités.

« La dernière loi a été votée en 2006. C’est une grande avancée. Le texte reconnaît le viol entre époux, consacre l’éviction du conjoint violent du domicile conjugal et aggrave les sanctions contre les infractions commises au sein du couple », explique Roselyne Bienvenu.

Le visage de la directrice du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles d’Angers (CIDFF) s’éclaire, lorsqu’elle passe en revue les lois récentes qui renforcent les droits des femmes victimes de violences.

Satisfaite ? Oui, mais pas comblée. « Les mentalités bougent, mais il faut sortir du silence qui pèse dans notre société. » Alors le réseau du CIDFF – 114 centres reconnus par l’État – a décidé de faire de « la violence sexiste » son nouveau cheval de bataille.

« La violence des hommes contre les femmes est culturelle. Notre société s’est construite autour de la puissance masculine. Certains hommes sont capables de recourir à cette violence pour arriver à leurs fins dans leur rapport aux femmes. »

L’association mise sur l’éducation en sensibilisant les professionnels de l’enfance qu’elle forme. « Quand un enfant vit dans un contexte de violence, les risques pour qu’il en soit victime ou auteur sont forts. » Il s’agit aussi de n’excuser aucun prétexte qui conduit à la violence, « ni une dure journée de boulot, ni un verre de trop ».

Une ligne dure qui n’effraie pas Roselyne Bienvenu. « On n’est pas militantes. Ce n’est pas un grief contre les hommes. Œuvrer pour l’égalité, ce n’est pas gommer les différences, mais les révéler », précise la directrice de l’association, qui reçoit 2 500 femmes par an.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 21 juillet 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »

À 35 ans, Pierre-Luc Granjon est un jeune talent. Il peaufine l’écriture de son prochain film d’animation à Fontevraud.

-

En résidence à l’abbaye de Fontevraud, le cinéaste originaire de Valence est venu écrire le scénario de son prochain film d’animation.

Son diplôme d’école d’art en poche, Pierre-Louis Granjon a « vite bifurqué » pour faire le grand saut dans le cinéma d’animation.

Un an après avoir commencé dans un studio de Valence comme modeleur pour Hôpital Hilltop, une série pour enfants diffusée sur France 3, il rêve déjà de son premier court-métrage. Objectif atteint en 2001, quand il réalise Petite Escapade, l’histoire d’un écolier qui, du haut de son mur, observe les passants qui défilent en contrebas.

Puis suivent L’enfant sans bouche (2004), Le Château des autres (2004) et Le Loup blanc (2006). Cette réalisation en papier découpé lui vaudra plus de vingt sélections dans des festivals, de Stockholm à Montréal.

-

Un scénario bourré d’imagination

-

L’histoire – au dénouement tragique – de ce loup apprivoisé par un enfant a été primée au festival Cinématou de Genève (prix Kodak du public) et au festival international du film d’animation de Krok (meilleur film pour enfants).

Avant la réalisation, l’an dernier, de L’hiver de Léon, son dernier opus, ses films n’avaient encore jamais dépassé les dix minutes.

« J’aime beaucoup le format court, ça donne une grande liberté pour créer des univers particuliers, mais j’avais aussi envie de développer une histoire plus longue. Aucun format n’est meilleur que l’autre, je les compare au genre de la nouvelle et du roman. »

De l’idée à la planche à dessin, le cheminement est avant tout visuel. « Les thèmes naissent souvent d’une image principale que j’ai en tête, je crée l’histoire à partir de cette scène. C’est le cas dans Petite escapade : j’avais l’image du gamin qui part dans la forêt avec son cartable puis j’ai inventé la suite. »

La suite, parlons-en. Les projets de ce jeune talent au regard pétillant de malice passe par sa résidence à l’abbaye de Fontevraud. « Je m’isole pour écrire, c’est un travail solitaire, exactement ce qu’il me fallait. »

Encore dix jours pour profiter du calme majestueux des lieux avant de reprendre la route vers le sud. « Je voudrais terminer ce séjour en Maine-et-Loire en ayant une première version du scénario de mon long-métrage, L’armée des lapins. »

Un scénario bourré d’imagination, de rêve et de rebondissements, à l’heure où d’autres réalisateurs « adoptent un côté téléphoné pour ne pas choquer les familles ».

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 20 juillet 2008)

Tags: ,

Comments Pas de commentaire »

Le cheval s’associe à la moto dans un saut d’obstacles improbable. © Paul Gypteau

-

Ce week-end, la ville va vibrer au rythme du Carrousel. Chevaux du Cadre noir, musée des blindés et école de cavalerie offrent un spectacle qui n’a pas pris une ride.

Sous un soleil de plomb, le speaker reprend le micro. « Voici maintenant le carrousel moto. La moto est idéale pour acquérir le sens de la topographie et du coup d’œil, parfait pour s’entraîner à manœuvrer les blindés ! »

Les 44 deux-roues pétaradent dans la grande carrière du Chardonnet, face à l’École de cavalerie. Le brouhaha du public fait place au silence. La répétition générale du Carrousel de Saumur s’est jouée hier à guichets fermés, devant les familles des militaires.

Ultimes réglages, avant d’accueillir les 9 000 spectateurs attendus samedi et dimanche. Des passionnés de mécanique, d’équitation et des amateurs de sensations fortes.

« C’est pour le tout public, souligne le colonel Daniel Postec, commandant en second de l’École d’application de l’arme blindée cavalerie. Même les enfants y trouveront leur compte : plus de quarante véhicules blindés défileront dans la carrière. D’abord une rétrospective de modèles anciens, puis des blindés modernes utilisés par l’armée française dans le monde, aujourd’hui. »

Moins sophistiqués mais tout aussi techniques, les montures du Cadre noir font claquer leurs sabots dans le sable de la carrière.

Tradition oblige, la démonstration de dressage est un moment incontournable du Carrousel. Des chevaux qui s’élancent aux côtés des motos pour sauter une barre d’obstacle. Accord chronométré d’un duo animal-machine improbable, avant un saut de parachutistes qui se posent dans la carrière.

Du rêve, mais pas trop. Les organisateurs gardent en tête les missions premières de l’événement. « Mélange des traditions, cohésion de groupe, fierté d’appartenir à la blindée cavalerie et gestion du stress », résume le colonel Pos tec en termes télégraphiques.

La réunion du Cadre noir, du musée des blindés et de l’École de cavalerie marque aussi la fin d’une année, pour les jeunes lieutenants et sous-officiers en formation à Saumur.

Au-delà du spectacle, le Carrousel est « une manière d’ouvrir l’École et de se faire connaître auprès du public, maintenant que le service militaire n’existe plus », estime l’officier Patrick Martinez. Et aussi de dépoussiérer l’image d’un Carrousel qui fête cette année sa 159e édition.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 juillet 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »

Les lycéens de la terminale du soir du lycée Sainte-Agnès entourés de leurs professeurs à l’heure des résultats du bac. © Paul Gypteau

-

Cette classe expérimentale donne une deuxième chance à des lycéens exclus du système classique. Et vu les résultats obtenus au bac, le pari est gagné.

Un tableau noir, une carte de l’Union européenne punaisée au mur et des tables de cours. Rien ne distingue cette salle du lycée Sainte-Agnès à Angers d’une salle de cours banale. Pourtant, ce vendredi soir, les élèves et professeurs de la terminale du soir se sont donné rendez-vous au premier étage du lycée de la rue Volney pour célébrer un événement attendu de longue date. « Félicitations ! » Tous lèvent leur verre pour fêter leurs résultats du bac.

Ces cours du soir, destinés à des lycéens atypiques, ne sont pas légion en France. Sainte-Agnès fait partie des sept établissements catholiques français (1) à proposer une voie différente pour décrocher le précieux sésame. « Beaucoup de nos élèves se sont réorientés ou avaient perdu leur motivation dans une structure classique », explique Nathalie Girault, responsable de la terminale. « Cette année, le cru est exceptionnel. Sur les 18 qui ont terminé l’année, 7 ont passé le bac et 6 l’ont décroché ! Ça fait plus que la moyenne nationale. Il y a une mention Bien en L et une Très bien en ES, c’est une première », se félicite-t-elle, tout sourire, avant de prendre un petit-four.

Cette classe expérimentale, qui épaule des étudiants de première et de terminale, fêtera ses dix ans à la rentrée prochaine. La recette de cette réussite à peine croyable ? Pas de hasard mais un projet pédagogique bien ficelé. Il privilégie des travaux en petits groupes et une approche individuelle.

Pas de cours avant 11 h, des voyages de classe et un groupe resserré autour d’un noyau dur de profs motivés. Beaucoup de ces jeunes ont décroché après des échecs familiaux, une crise d’adolescence tenace ou un manque de motivation. Des situations difficiles et des profils contrastés que « l’objectif bac » réunit.

Au-delà du diplôme, la formation met l’accent sur la vie en communauté. « On a un coin pour nous où on peut manger et écouter de la musique le midi, on fait la vaisselle, on participe un peu au ménage. On sort parfois avec les profs », confirme Wannee, 24 ans, fraîchement diplômée, à la troisième tentative. Même si tous n’atteignent pas l’objectif, la grande majorité reprend pied. « J’étais ici il y a quelques années, explique Florian, et je n’ai pas eu mon bac. Mais ça ne m’a pas empêché de m’en sortir ! Aujourd’hui j’ai trouvé ma voie en suivant des études de graphisme à Nantes. »

Profs et élèves tiennent donc la barre pour y arriver, ensemble. « C’est un challenge commun », conclut la prof d’économie, avant le départ vers un restaurant du centre-ville pour prolonger la soirée.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 15 juillet 2008)

-

(1) Paris, Versailles, Nantes, Lyon et deux lycées à Rennes

-

Fatima.Fatima, 20 ans.

« Tout se passait bien pour moi jusqu’à une crise d’adolescence en première. Après être passée de justesse en terminale générale, je suis simplement allée à l’épreuve du bac de philo, puis j’ai laissé tomber. L’année d’après, j’ai beaucoup séché. J’ai hésité à tout abandonner pour trouver du boulot. Mais j’avais trop peur du chômage ! J’ai entendu parler de cette terminale du soir et ça a été une révélation ! Pas de cours tôt le matin mais on finit parfois à 20 h, ça me convient. Sans oublier qu’on a une pause toute les 1 h 30. Avec les autres, c’est comme si on était en colloc’. Je me faisais une montagne du bac mais finalement ça s’est bien passé. J’ai beaucoup travaillé pour passer toutes les épreuves de première et terminale cette année, en plus de mon job dans une maison de retraite. Je suis passée du tout au tout : des journées pyjama au déclic qui m’a fait décrocher mon bac ! »

-

Raphaël.Raphaël, 18 ans.

« J’étais dans un sacré bourbier. Après des problèmes d’assiduité, j’ai fini par perdre pied parce que je n’étais vraiment pas motivé. J’ai égrené les lycées avant d’arriver ici : Saint-Martin, Mongazon et l’institut Bois-Robert à Bécon-les-Granits. La totale, quoi ! La terminale du soir, c’était le lycée de la dernière chance, il fallait que je me remette dans les clous. Pour que tout soit cadré dès le début, on m’a fixé un contrat : assiduité, ponctualité et bon esprit avec les autres. Les profs m’ont poussé à travailler. Ils ont toujours été à l’écoute quand j’avais des problèmes. Ils sont au même niveau que ceux des lycées classiques. Cette formule demande peut-être un peu moins de travail personnel mais ça me convient parce que j’organise des soirées étudiantes en parallèle. Après mon bac ES, je tente les écoles de commerce pour travailler dans la gestion du patrimoine ou dans la bourse au back-office. »

Tags:

Comments Pas de commentaire »

Mascotte du musée, l\\\'entraînant professeur Di Namo présentera tout l\\\'été les pièces les plus surprenantes de la collection du château, comme ici une radio et une télévision anciennes. © Paul Gypteau

-

Après les démonstrations de l’intriguant professeur Di Namo, le musée de la communication de Saint-Barthélemy lance de nouveaux ateliers.

À fond dans la nouveauté ! Après les démonstrations d’appareils électriques du professeur Di Namo lancées en 2006, le musée de la communication de Saint-Barthélemy rivalise de créativité. À partir du 14 juillet et pour tout l’été, les visiteurs du domaine de Pignerolle ne vont pas s’ennuyer.

Le lundi, les enfants pourront découvrir la fabrication de l’électricité et comment les énergies renouvelables vont révolutionner notre futur. Mais pas question de laisser les parents sur la touche. Eux aussi pourront mettre les doigts dans les fils. « Les ateliers du mercredi sont ouverts à tous. Si les enfants découvrent, les parents révisent ce qu’ils savaient peut-être déjà. Fonctionnement du son, de la lumière ou encore des dessins animés, personne ne s’ennuiera ! », se réjouit le professeur Di Namo, lunettes en plastique noires assorties à sa fine barbe brune.

-

1300 curieux objets au musée

-

C’est le même professeur Géo Trouvetou qui fera rêver le public, en présentant quelques-uns des 1 300 curieux objets du musée. Des appareils d’un autre temps ? « Pas tant que ça ! Ils ont l’air de vieilles carcasses vus derrière une vitrine, mais les gosses sont surpris de voir fonctionner une télé couleur des années 1970 et d’apprendre qu’à l’époque, elle coûtait le prix d’une… petite voiture aujourd’hui ! », s’amuse Di Namo. Et chut, c’est encore un secret, mais des « visites magiques » enchanteront les dimanches après-midi en présentant des illusions d’optique.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 14 juillet 2008)

-

Programme, à partir d’aujourd’hui :

Outre la partie Jules Verne, les enfants pourront découvrir la conquête spatiale en partant à l\'assaut de la capsule Apollo. © Paul GypteauLundis, à 15 h 30 : ateliers du professeur Di Namo, public familial, thème de l’énergie.
Mardis et jeudis, à 15 h 30 : visites et démonstrations d’appareils du musée.
Mercredis, à 15 h et 16 h : ateliers parents et enfants pour découvrir le son, les instruments, la lumière et les dessins animés.
Vendredis, 15 h et 16 h : conte scientifique avec une énigme à résoudre.
Samedis, dès 14 h 30 : parcours d’orientation dans le parc du château.
Dimanches, 15 h, 16 h et 17 h : visites magiques et illusions d’optique.
-
Renseignements : château musée de la communication, domaine de Pignerolle, Saint-Barthélemy-d’Anjou. Tél. : 02 41 93 38 38. www.musee-communication.fr

Tags:

Comments 2 commentaires »

Jessica a été baptisée par immersion totale, samedi soir, dans la tradition de cette branche protestante qui revendique 100 000 frères et soeurs. © Paul Gypteau

-

Réunis samedi à la Baumette, 400 Tsiganes ont célébré deux baptêmes. L’occasion pour leur pasteur de dénoncer les stéréotypes qui leur collent à la peau.

20 h 30 samedi soir. Les retardataires se pressent aux portes du chapiteau rayé vert et blanc planté au milieu de la centaine de caravanes installées dans les prairies de la Baumette. Pas question de manquer ce moment fort de la vie du camp. Ce soir, Rudy, 18 ans, et Jessica, 28 ans, vont être baptisés.

« Notre mission, qui regroupe 100 000 Tsiganes, est la plus importante d’Europe, un tiers des Gitans en fait partie », explique Steve Raoult, pasteur de cette église protestante évangélique et peintre en bâtiment à Saint-Brieuc. Cheveux en brosse, jean blanc et chemise à carreaux, il poursuit : « Chaque année en mai, toute la communauté se retrouve à Gien, dans le Loiret. Ensuite, les 6 000 à 7 000 caravanes se séparent en 80 groupes et partent sillonner la France. »

Les 400 Tsiganes du campement de la Baumette ont plié le camp, hier, après une halte d’une semaine à Angers. Direction Nantes avant de mettre le cap sur l’est de la France, début août, pour un grand rassemblement international. « Mais on ne sait pas encore où, c’est le gouvernement qui décide », explique Steve.

-

« On est assimilé à des voleurs »

-

Le jeune homme de 32 ans lâche un soupir mais ne sourcille pas. Pasteur depuis dix ans, il est rompu aux contraintes administratives. « La loi nous oblige à faire une demande aux mairies et préfectures plus d’un an avant notre arrivée. Si des villes nous ouvrent leurs portes, d’autres nous accueillent par des pierres, des barrières et du mépris. »

Plus que spirituelle, Steve a également une mission sociale. « Certains ici ne savent pas gérer les formalités administratives car ils ne savent ni lire, ni écrire. Ils se réfugient donc derrière nous pour continuer à voyager. » La religion est aussi un appui pour sortir de la précarité sociale. « J’étais un garçon dans le monde, je fumais du shit. Ma mère savait mais elle ne disait rien », témoigne Rudy, derrière le pupitre du chapiteau, face à l’assistance. Soudain, son visage devient écarlate. « Que Dieu vous bénisse », lâche précipitamment le garçon déboussolé en fondant en larmes. Après le sermon, des témoignages et des cantiques, Rudy et Jessica s’immergent l’un après l’autre dans la piscine. Les voilà baptisés. Quelques chants encore et l’assistance se disperse.

Steve reprend. « Vous voyez, tout se passe bien ! Les stéréotypes et la peur de l’inconnu nous causent préjudice. Dans l’esprit des gens, les Gitans volent et cassent. Si seulement ça pouvait changer… »

22 h, vendredi. Rudy et Jessica commencent un nouveau voyage.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 14 juillet 2008)

-

Le pasteur Steve Raoult (2e en partant de la droite) est entouré de jeunes de la communauté. © Paul Gypteau

Le pasteur Steve Raoult (2e en partant de la droite) est entouré de jeunes de la communauté.
Tags: ,

Comments Pas de commentaire »

Les haltes et les étapes se succèdent dans l\'immensité glacée pour Fabien Docet, avec des températures qui flirtent avec les - 65 °C. - © Fabien Docet

-

Après un périple en solitaire dans l’immensité du Canada, qui a duré près d’un an, cet explorateur du Maine-et-Loire a retrouvé les siens. Récit de voyage.

 

De la solitude, des paysages glacés et une quête d’absolue. Le périple de Fabien Docet a duré plus de 300 jours. Parti de Whitehorse, au nord-ouest du Canada, le 2 juillet 2007, il vient de retrouver sa famille à Saint-Philbert-du-Peuple, dans l’est du département. À raison de 5 à 25 km de marche par jour selon le temps, cet explorateur de 46 ans affiche près de 7 000 kilomètres au compteur.

 

Une traversée jalonnée d’aléas climatiques et matériels. « La traversée des rivières a été particulièrement difficile, j’ai pris de sacrés bouillons ! On ne peut pas lutter contre le courant et il faut traverser en plusieurs fois pour transporter tout le matériel. » Après avoir franchi les montagnes rocheuses, il arrive à Norman Wells, tout près du cercle arctique. Les haltes et les étapes se succèdent dans l’immensité glacée, avec des températures qui flirtent parfois avec les - 65 °C. L’aventure, la vraie.

 

« J’ai manqué de nourriture »

 

À 150 km de Churchill, une ville de l’est qui borde la baie d’Hudson, l’équipée de Fabien Docet marque un coup d’arrêt. « Je suis tombé dans un cul-de-sac. La neige avait envahi un terrain déjà très accidenté et la végétation avait poussé pour former un mur de petits sapins très serrés. J’ai cherché une issue pendant six jours. À force de tourner et virer, les vivres ont diminué et j’ai manqué de nourriture. » Il utilise alors son téléphone satellite pour prévenir sa compagne, Léonie Sommer. Elle pilote l’intendance à distance depuis la France. Son assurance française refuse d’engager les fonds pour envoyer un hélicoptère le secourir. C’est finalement la gendarmerie royale canadienne qui volera à son secours.

 

Après son rapatriement à Churchill, celui que les autochtones surnomment Whitefingers, à cause des engelures qui endolorissent ses doigts, poursuit son chemin jusqu’à Thunder Bay. Les lacs glacés font place à la transcanadienne d’asphalte. Sa traversée se termine là-bas. « Ce n’était plus ma vision du voyage, marcher sur une route goudronnée n’avait plus d’intérêt. » Plus que les paysages, ce sont aussi des rencontres exceptionnelles qui lui laisseront des souvenirs inoubliables. « Je me suis fait de vrais amis, comme Paul ou Kenneth, que j’ai rencontrés pendant mon voyage. Si vous êtes humble et simple, les gens du nord vous accueillent à bras ouverts. »

 

Il écrit un carnet de voyage

Ce groupe de soutien, qui s’organise au Canada et en France, Fabien et Léonie l’ont baptisé « la cordée ». Belle image pour remercier les rares personnes qui les ont épaulées pendant cette épopée singulière. Car nombreux sont ceux qui n’ont pas cru dans le projet. « Mais je les remercie aussi. Ils m’ont donné la niac pour y arriver, je n’aurais pas pu leur faire le plaisir d’abandonner. »

Une semaine tout juste après son retour en France, Fabien bouillonne déjà de projets pour repartir dans le Grand Nord. Ce gaillard aux yeux bleus prépare déjà l’écriture de son carnet de voyage et rechaussera ses bottes en janvier. Pas pour marcher cette fois, mais pour travailler aux côtés de sociétés canadiennes dans la prospection d’uranium, d’or et de diamants.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 13 juillet 2008)

-

Les enfants de Saint-Philbert-du-Peuple ont rendu hommage à Fabien Docet, rentré en France dimanche dernier. - © Paul Gypteau

Les enfants de Saint-Philbert-du-Peuple ont rendu hommage à Fabien Docet, rentré en France dimanche dernier.
Tags: ,

Comments Pas de commentaire »