La “Rue du Milieu” joue la carte du lien social
Publié par Paul Gypteau dans Culture, Info locale, Non classé-
Sur les rails depuis dix ans, le festival de La Rue du Milieu n’en finit pas d’attirer les foules. En fédérant cinq villages, les habitants apprennent à se connaître.
Dix ans que ça dure ! A ses débuts, La Rue du Milieu avait élu domicile à Saint-Clément-de-la-Place, au nord-ouest d’Angers. Une rencontre annuelle née de la volonté de plusieurs passionnés pour redynamiser cette petite bourgade. Le festival a ensuite exporté quelques spectacles dans les communes alentours. Succès immédiat ! Alors, pour cette édition 2008, la manifestation a passé le mur du son en associant cinq villages où le public a rendez-vous avec 25 spectacles jusqu’à dimanche.
La programmation artistique de qualité - théâtre, danse, chant, cirque - n’est pas la seule recette du succès. La Rue du Milieu, c’est aussi une épopée humaine fascinante. « Les arts de la rue offrent beaucoup de choix, le festival est gratuit et se déroule à la porte des villageois. Quand on sait que chaque année, seulement 20 % des gens poussent la porte d’une salle de spectacle, c’est une barrière symbolique qui tombe ! », se réjouit Pierre Boisson, coordinateur de l’événement. Et chacun peut prêter main-forte en gérant l’accueil ou la technique par exemple. « Les habitants s’approprient le projet et dépassent le stade de consommateur de spectacles », ajoute le seul salarié de l’association.
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Le covoiturage pour aller voir les spectacles
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À Saint-Augustin-des-Bois, qui accueillait mercredi soir L’oiseau bleu, son premier spectacle, Christian Baron, le maire, ne cache pas sa joie. « 150 spectateurs ont répondu présent, vous imaginez, c’est formidable pour un petit bourg de 1 000 habitants ! ». Il suffisait de jeter un œil à la façade de la mairie pour prolonger une féerie qui dépasse l’antre de la scène. Le bâtiment était habillé d’une tenture rouge.
Et chaque village a choisi sa couleur. « Un bon moyen pour faire jouer l’intercommunalité et unifier chaque village après les élections municipales », ajoute Christian Baron. « On a besoin de cette adhésion populaire et de personnes qui s’investissent », confirme Michel Bourcier, maire du Louroux-Béconnais. « Et quelle bonne humeur ! Ça fait plaisir en ces temps de morosité ! », renchérit son homologue de Saint-Clément-de-la-Place.
Le covoiturage est un autre élément moteur. Chaque soir, les voitures s’organisent pour convoyer les spectateurs vers la scène de leur choix. Une belle démonstration de partage pour dépanner ceux qui, sans quoi, ne pourraient pas profiter de toute la richesse de la programmation. Malgré cette façade idyllique, les festivités ne sont pas assurées l’année prochaine. Faute de trouver davantage de partenaires financiers, le festival pourrait rester sur la touche.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 4 juillet 2008)







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