Archives pour 9 juillet 2008

Isao Takahata - © Paul Gypteau

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L’abbaye de Fontevraud met à l’honneur le réalisateur du “Tombeau des lucioles”, Isao Takahata, disciple d’un autre grand de l’animation, Paul Grimault.

ENTRETIEN

Isao Takahata, Cinéaste d’animation japonais

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Paul Grimault, le réalisateur du Roi et l’oiseau, a eu une influence déterminante dans votre travail. Que représente-t-il pour vous ?

La première fois que je l’ai rencontré à Paris en 1981, il était tel que je me l’étais imaginé en regardant ses films, ouvert et chaleureux. C’est le premier réalisateur de films d’animations à avoir pris à bras-le-corps des questions de société. Au-delà de ses convictions, il a révolutionné la technique du cinéma d’animation. La qualité graphique de la La Bergère et le Ramoneur et du Roi et l’oiseau est époustouflante. Je pense aussi au Voleur de paratonnerre, où il a introduit un sens de la perspective inconnu jusque-là.


Et sa vision critique ?

Personne n’a jamais dépassés les métaphores de ses dessins animés. L’exemple des trappes dans lesquelles le roi fait tomber ses opposants dans Le Roi et l’oiseau est marquant.


C’est donc un immense honneur d’être exposé aux côtés de son maître…

Oh non, c’est très embarrassant ! Il y a un décalage entre son travail et le mien. Avec Miyasaki - le réalisateur de Kiki la petite sorcière et du Voyage de Chihiro, exposé lui aussi - on a eu la même réaction. On a accepté de participer à cette exposition pour avant tout de saluer le travail de Grimault.


Quel regard portez-vous sur les films d’animation contemporains ?

Certaines productions sont remarquables ! Les réalisateurs explorent aujourd’hui plus de domaines. Les Français se démarquent avec des films de grande qualité, comme les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet ou les œuvres de Michel Ocelot (Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar).

C’est insolite d’exposer des dessins animés dans une abbaye royale, le cadre vous inspire pour un prochain film ?

C’est magnifique mais je me tiens à ma ligne directrice : traiter uniquement de la réalité de mon pays, le Japon.

 

Recueilli par
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 10 juillet 2008)

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Fontevraud rend aussi hommage à Paul Grimault

Offrir les cimaises d’une abbaye royale au monde merveilleux du dessin animé, chapeau bas ! Cette rétrospective exceptionnelle retrace le parcours de Paul Grimault, pionnier du cinéma d’animation depuis les années 1930. Si tout le monde connaît son long métrage Le Roi et l’oiseau, c’est aussi l’occasion de pousser les portes de son atelier. Croquis, photos d’époques, planches de travail, matériel de montage et projection de ses œuvres sont autant de balises qui intéresseront enfants et adultes. Plus loin trônent les chefs-d’œuvre récents de ses disciples, Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles) et Miyazaki Hayao (Le Château ambulant). Hommage graphique pour décortiquer « l’inspiration du mouvement inventée par Grimault que les Japonais ne trouvaient pas chez Disney », note en clin d’œil Jean-Pierre Pagliano, le commissaire de l’exposition.

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« Mondes et merveilles du dessin animé », à voir jusqu’au 16 novembre à l’Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire). Tél. 02 41 51 73 52 ou www.abbayedefontevraud.com

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Le feu alterne avec l’eau. Une mise en scène bluffante qui s’emboîte avec une musique tout aussi explosive. © Paul Gypteau

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La compagnie chilienne Gran Reynata s’est imposée hier soir sur le parvis  du théâtre le Quai. Un show endiablé aux effets scéniques époustouflants !

Ça commence avec une salsa survoltée qui vous rappellera vos étés les plus chauds. Les Travolta sont une famille d’artistes où l’univers d’Hollywood est un métronome qui donne le rythme au foyer. Avec un père transcendé par son modèle, John Travolta, accompagné d’une mère qui imite Liza Minelli, leur quotidien est détonnant. Face à eux, une famille militaire et traditionnelle où le père autoritaire et psychorigide tient sa maison d’une main de fer. Entraînement physique et psychologique intensif, régime sec et discipline martiale : ses marmots doivent être les meilleurs pour ramener honneurs et médailles des champs de bataille.

Préparation crue annoncée par un « Vamos a comenzar el entrenamiento militar ». Ils nous avaient prévenus : c’est grandeur nature ! Vague de frémissement dans le public attendri quand ces apprentis soldats tombent le pantalon pour une fouille au corps musclée. Personne ne s’y attendait ! Quand la convocation pour combattre en Irak frappe à la porte de ces deux familles que rien ne réunit, c’est réjouissances chez les militaires et scène d’horreur chez au cabaret.

D’autres tableaux égrènent leur quotidien pas toujours folichon. On y retrouve pêle-mêle des accouchements, un infanticide, un anniversaire et un mariage qui se termine en une effusion de sang surréaliste.

Tout est rassemblé pour rappeler la saveur subtile d’une comédie musicale légère et parfaitement orchestrée.
Des comédiens effervescents qui jouent, jonglent, chantent et sautent à 100 à l’heure. Des costumes au service d’un burlesque qui alterne avec une tragi-comédie délurée.
Quand les effets pyrotechniques enflamment la scène, c’est l’apothéose. Loin d’être un obstacle, l’espagnol - majoritaire dans les dialogues - est un clin d’œil sucré qui nous entraîne dans les racines ensoleillées de cette compagnie chilienne. C’est drôle, c’est frais, c’est visuel et c’est un beau moment de spectacle de rue à partager pour entamer cet été. Foncez !
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Les cauchemars de Toni Travolta, spectacle de Royal de Luxe, interprété par la compagnie Gran Reynata. Dernière représentation ce soir, à 19 h, sur le parvis du théâtre Le Quai, cale de la Savatte. Gratuit et en plein air.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 9 juillet 2008)

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De gauche à droite, Jeanne Moreau, Ségolène Royal, Isao Takahata et Paulette Grimault. © Paul Gypteau

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L’exposition « Mondes et merveilles du dessin animé » envoûte l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire) jusqu’au 16 novembre. Consacrée au maître du film d’animation Paul Grimault (Le Roi et l’oiseau) et à ses disciples japonais, la rétrospective n’a pas attiré que les aficionados de cartoons.

L’estrade avait un air de soirée jet-set lors de l’inauguration de la rétrospective lundi soir. Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles, voir interview en page Cultures) a salué Paulette Grimault, la veuve du cinéaste, en rappelant le rôle pionnier de son mari. Jeanne Moreau a, quant à elle, loué « la modestie » de Takahata avant d’être rejointe sur la scène par Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes a souligné le « rôle des régions » dans l’action culturelle « au moment où l’État se désengage de la culture ».

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 9 juillet 2008)

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