Le cheval s’associe à la moto dans un saut d’obstacles improbable. © Paul Gypteau

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Ce week-end, la ville va vibrer au rythme du Carrousel. Chevaux du Cadre noir, musée des blindés et école de cavalerie offrent un spectacle qui n’a pas pris une ride.

Sous un soleil de plomb, le speaker reprend le micro. « Voici maintenant le carrousel moto. La moto est idéale pour acquérir le sens de la topographie et du coup d’œil, parfait pour s’entraîner à manœuvrer les blindés ! »

Les 44 deux-roues pétaradent dans la grande carrière du Chardonnet, face à l’École de cavalerie. Le brouhaha du public fait place au silence. La répétition générale du Carrousel de Saumur s’est jouée hier à guichets fermés, devant les familles des militaires.

Ultimes réglages, avant d’accueillir les 9 000 spectateurs attendus samedi et dimanche. Des passionnés de mécanique, d’équitation et des amateurs de sensations fortes.

« C’est pour le tout public, souligne le colonel Daniel Postec, commandant en second de l’École d’application de l’arme blindée cavalerie. Même les enfants y trouveront leur compte : plus de quarante véhicules blindés défileront dans la carrière. D’abord une rétrospective de modèles anciens, puis des blindés modernes utilisés par l’armée française dans le monde, aujourd’hui. »

Moins sophistiqués mais tout aussi techniques, les montures du Cadre noir font claquer leurs sabots dans le sable de la carrière.

Tradition oblige, la démonstration de dressage est un moment incontournable du Carrousel. Des chevaux qui s’élancent aux côtés des motos pour sauter une barre d’obstacle. Accord chronométré d’un duo animal-machine improbable, avant un saut de parachutistes qui se posent dans la carrière.

Du rêve, mais pas trop. Les organisateurs gardent en tête les missions premières de l’événement. « Mélange des traditions, cohésion de groupe, fierté d’appartenir à la blindée cavalerie et gestion du stress », résume le colonel Pos tec en termes télégraphiques.

La réunion du Cadre noir, du musée des blindés et de l’École de cavalerie marque aussi la fin d’une année, pour les jeunes lieutenants et sous-officiers en formation à Saumur.

Au-delà du spectacle, le Carrousel est « une manière d’ouvrir l’École et de se faire connaître auprès du public, maintenant que le service militaire n’existe plus », estime l’officier Patrick Martinez. Et aussi de dépoussiérer l’image d’un Carrousel qui fête cette année sa 159e édition.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 juillet 2008)

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