Archives pour juillet 2008

Bruno Pelerin est le « Monsieur centre-ville » de la cité. Il assure le relais entre les commerçants affiliés aux Vitrines d\'Angers, la ville et la CCI. © Paul Gypteau

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Il connaît les boutiques du centre comme sa poche. Bruno Pelerin est au service des Vitrines d’Angers et ne manque pas d’idées.

Appelez-le « Monsieur centre-ville ». À 41 ans, Bruno Pelerin veille sur les commerçants du centre-ville comme un pasteur veille sur ses ouailles. Il fait partie de la centaine de « managers de centre-ville » qui quadrillent l’Hexagone. Une fonction inventée par nos voisins anglais voici 15 ans pour redonner du peps’aux commerces de proximité.

Aux petits soins pour les boutiques affiliées aux Vitrines d’Angers (1) depuis octobre 2007, Bruno Pelerin ne connaît pas la routine. « Ma fonction ? C’est vaste ! J’ai surtout un rôle de relais d’informations entre la chambre de commerce et d’industrie, la ville et les affiliés aux Vitrines ». Un référent qui anime aussi les groupes de travail chargés de plancher sur les opérations commerciales ou l’arrivée du tramway.

Le tramway ? Les travaux sont inéluctables, mais qu’à cela ne tienne ! Bruno Pelerin entend bien tirer profit de l’arrivée des pelleteuses pour rendre le centre encore plus attractif. « Profitons-en pour créer l’événement ! On a déjà pensé à organiser des nocturnes, des ventes flash et pourquoi pas des concerts au beau milieu des chantiers ! », lance-t-il, le regard pétillant.

Après avoir fait ses gammes à Périgueux comme conseiller entreprise, Bruno Pelerin a posé ses cartons à la CCI du Maine-et-Loire voici dix ans. Chef d’orchestre incisif, il n’en oublie pas moins l’importance du « travailler ensemble ». « Tout seul, vous n’êtes rien ! ». Son sens du contact lui sert aussi à convaincre les commerçants. « Si on sent un malaise autour d’une décision, je vais l’expliquer, ça tient souvent à une incompréhension ». Et inversement. « Je fais aussi remonter les remarques des commerçants à la direction des Vitrines d’Angers. »

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 13 juillet 2008)

(1) association qui regroupe 150 des 300 commerçants de l’hypercentre d’Angers

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Les huit résidents accompagnent Sandrine Veysset, avec un chapeau, Jeanne Moreau et Claude-Eric Poiroux, à droite. © Paul Gypteau

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Ateliers d’Angers. L’heure était au bilan, hier mercredi, pour Jeanne Moreau et ses huit jeunes cinéastes, en résidence depuis le 2 juillet à Angers.

Jeanne Moreau - © Paul GypteauC’est la petite cuisine du cinéma qu’elle connaît sur le bout des doigts ! Mademoiselle Jeanne Moreau met la main à la pâte pour le cocktail de clôture à l’hôtel Livois-Lancreau, à l’image de son investissement et de son enthousiasme lors de cette quatrième édition de « ses » Ateliers d’Angers. « Mais je suis épuisée ! Je pense que nous les avons nourris un maximum pendant cette semaine. Pour la première fois, j’avais pu découvrir leur court-métrage et pu lire leur scénario. Et chose extraordinaire, tous ont déjà un producteur. »

Du particulier (chacun des résidents s’est entretenu avec l’immense comédienne) au général, les huit privilégiés ont eu l’occasion, au contact des nombreux professionnels et figures tutélaires, d’apprivoiser l’angoisse inhérente à la réalisation d’un premier long-métrage. « Faire un film est une sacrée responsabilité, et même un choix de vie : on y engage des capitaux et des personnes. C’est un métier dangereux autant qu’un fantasme. Il y a beaucoup d’angoisse en eux et l’idée des Ateliers est de les respecter, de les rendre importants, et de les amener au bout d’eux-mêmes. On ne peut pas passer son temps à avoir des doutes. »

En amoureuse et en experte du septième art, Jeanne Moreau a matérialisé pour eux les images qu’ils tourneront bientôt : « J’ai vu leur film, j’ai pu leur restituer ma confiance et mon émotion. J’ai même eu les larmes aux yeux en imaginant certaines scènes ». Quel que soit le destin de ces réalisateurs en devenir, un passage aux Ateliers d’Angers n’est pas image morte.

D’anciens résidents ont vécu la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, certains achèvent leur film, quand d’autres ont dirigé leur pas vers les plateaux télé. « Ces Ateliers leur permettent au moins de savoir quelles sont leurs véritables envies ! » Celles de Jeanne Moreau ne riment pas en tout cas avec vacances : « Je n’en ai pas pris depuis cinq ans ! » Une tournée en Amérique du nord début 2009 avec Quartett, en compagnie de Sami Frey ; l’ouverture en Avignon, toujours en 2009, avec un projet d’Amos Gitaï ; le commentaire d’un documentaire sur Laure Manaudou et un travail autour du Condamné à mort de Jean Genet, avec Etienne Daho… Jeanne Moreau ne s’arrête jamais. Comblés par cette rencontre, les huit résidents ont pris une belle leçon… de jeunesse !

 

Paul GYPTEAU et Gwenn FROGER.
(Ouest-France, le 10 juillet 2008)

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Le bilan des résidents

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François Pirot (Belgique). © PGFrançois Pirot (Belgique)
« Mon temps fort : la rencontre avec Jacques Doillon. Pour sa disponibilité, sa simplicité, son humilité et son approche saine du métier. L’important pour moi est d’avoir pu trouver des confirmations de mes choix. Je suis sur le point de tourner un court métrage, après un long temps d’écriture. La possibilité d’échanger et de parler de la dimension concrète des choses tombait à point nommé pour moi. Et si j’avais un bémol, ce serait la petite frustration de ne pas avoir eu plus d’exercices, d’être allé un peu plus loin avec les intervenants. Mais je conseillerais les Ateliers à tous les jeunes réalisateurs. »

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Antoine Barraud (France). © PGAntoine Barraud (France)
« C’était très fort d’être ensemble ! L’entente entre nous fut instantanée, inattendue, miraculeuse. On sentait qu’on était tous là pour la même chose, pour une même curiosité. Ces Ateliers m’ont de plus apporté des réponses concrètes sur des questionnements précis, comme le fait de faire des répétitions, et comment les faire, et avec qui les faire. C’était aussi très instructif d’échanger sur les périodes de financement. Tout cela permet de dédramatiser. Le seul bémol est le côté encore expérimental de ces Ateliers dans leur forme. Mais l’idée est très bonne, et la rencontre avec Noémie Lvovsky fut un moment merveilleux. »

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Héléna Klotz (France). © PGHéléna Klotz (France)
« Le temps fort fut la toute première master-class avec Jeanne Moreau. C’était vivant, frontal, sans chichi. Elle a vraiment donné le ton. En trois minutes, elle a décoincé tout le monde. À titre personnel, ces Ateliers m’ont permis de démythifier le fait de réaliser un premier long. On est très seul d’habitude, et la présence de tous ces intervenants et des sept autres résidents m’a donné beaucoup de confiance. J’ai énormément appris au contact des autres, et nos échanges m’ont même donné quelques idées pour mon scénario. Au final, on se dit que c’est un véritable privilège de pouvoir vivre cela ! »

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Rebecca Zlotowski (France). © PGRebecca Zlotowski (France)
« Pour la première fois j’ai pensé à mon scénario comme à quelque chose de concret. Je sens enfin que le film va se faire, à condition que j’arrive à trouver des financements. En fait, je suis à un stade intermédiaire. Je n’ai plus les mains dans le script mais pour autant, je ne suis pas encore prête à tourner demain. Ça m’a donc fait du bien d’entendre des avis différents. La semaine a été dense ! Cerise sur le gâteau, Jeanne Moreau a accepté de tourner dans une scène de ma carte postale, ce film souvenir de notre semaine qu’on laisse ici avant de partir. Ça n’a pas de prix ! »

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Peter Mackie Burns (Grande-Bretagne). © PGPeter Mackie Burns (Grande-Bretagne)
« Je m’apprête à tourner mon premier long-métrage en septembre. Rencontrer tous ces intervenants, ça m’a donné les dernières clés avant de me lancer. Le film Y aura-t-il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset est tombé à point nommé puisqu’elle tourne beaucoup en extérieur. Beaucoup de scènes de mon film sont aussi tournées dehors. Pour les techniques de cadrage, c’est idéal ! Je croise les doigts pour que tout se passe bien, parce que tourner un film pour la première fois, c’est comme quand on est vierge, on ne sait jamais comment ça va se passer ! »

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Celia Galvan Julve (Espagne). © PGCelia Galvan Julve (Espagne)
« Ce qui m’a le plus marquée cette semaine ? Tout ce que les réalisateurs ont échangé avec nous ! Je pense aussi au film de Sandrine Veysset, Y aura-t-il de la neige à Noël ? c’est intense et plein de vie. J’étais aussi à un moment où j’avais besoin de penser mon film comme un projet concret. Parce que quand on écrit, on utilise souvent des mots et des concepts vagues qui n’existent pas dans la réalité. Donc quand on parle avec des réalisateurs et des monteurs, tout de suite, ça recadre les choses ! C’est un privilège d’avoir partagé du temps avec Jeanne Moreau. »

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Paul Saintillan (France). © PGPaul Saintillan (France)
« En tête à tête avec Jeanne Moreau, on discutait d’un des rôles de mon film. Je voyais bien Melvil Poupaud camper ce personnage et l’idée est aussi venue à Jeanne. Elle m’a donné le numéro de l’acteur pour que je lui envoie mon scénario. C’est surréaliste comme démarche. Ca ne se passe jamais comme ça d’habitude. La semaine dernière, quand elle nous a parlé d’Orson Welles, Luis Buñuel et François Truffaut, c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience qu’elle était très proche des gens du Panthéon du septième art. Nous transmettre son expérience de comédienne lui tenait vraiment à cœur. »

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Germinal Rouaux (Suisse). © PGGerminal Rouaux (Suisse)
« Les résidents ont débarqué à Angers sans se connaître. On était dans le même bateau pendant une semaine, ce qui a instauré une certaine solidarité entre nous. On avait besoin d’être rassurés à ce stade.
J’ai repris confiance après les conseils des intervenants. Un de mes temps forts restera lié à ma rencontre avec Jacques Doillon. Il m’a conforté dans le fait qu’on peut réaliser un film en étant sincère, même dans un milieu où le poids du marché est fort. Malgré les pressions, il faut toujours garder confiance en son projet pour rester soi-même. »

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Isao Takahata - © Paul Gypteau

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L’abbaye de Fontevraud met à l’honneur le réalisateur du “Tombeau des lucioles”, Isao Takahata, disciple d’un autre grand de l’animation, Paul Grimault.

ENTRETIEN

Isao Takahata, Cinéaste d’animation japonais

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Paul Grimault, le réalisateur du Roi et l’oiseau, a eu une influence déterminante dans votre travail. Que représente-t-il pour vous ?

La première fois que je l’ai rencontré à Paris en 1981, il était tel que je me l’étais imaginé en regardant ses films, ouvert et chaleureux. C’est le premier réalisateur de films d’animations à avoir pris à bras-le-corps des questions de société. Au-delà de ses convictions, il a révolutionné la technique du cinéma d’animation. La qualité graphique de la La Bergère et le Ramoneur et du Roi et l’oiseau est époustouflante. Je pense aussi au Voleur de paratonnerre, où il a introduit un sens de la perspective inconnu jusque-là.


Et sa vision critique ?

Personne n’a jamais dépassés les métaphores de ses dessins animés. L’exemple des trappes dans lesquelles le roi fait tomber ses opposants dans Le Roi et l’oiseau est marquant.


C’est donc un immense honneur d’être exposé aux côtés de son maître…

Oh non, c’est très embarrassant ! Il y a un décalage entre son travail et le mien. Avec Miyasaki - le réalisateur de Kiki la petite sorcière et du Voyage de Chihiro, exposé lui aussi - on a eu la même réaction. On a accepté de participer à cette exposition pour avant tout de saluer le travail de Grimault.


Quel regard portez-vous sur les films d’animation contemporains ?

Certaines productions sont remarquables ! Les réalisateurs explorent aujourd’hui plus de domaines. Les Français se démarquent avec des films de grande qualité, comme les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet ou les œuvres de Michel Ocelot (Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar).

C’est insolite d’exposer des dessins animés dans une abbaye royale, le cadre vous inspire pour un prochain film ?

C’est magnifique mais je me tiens à ma ligne directrice : traiter uniquement de la réalité de mon pays, le Japon.

 

Recueilli par
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 10 juillet 2008)

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Fontevraud rend aussi hommage à Paul Grimault

Offrir les cimaises d’une abbaye royale au monde merveilleux du dessin animé, chapeau bas ! Cette rétrospective exceptionnelle retrace le parcours de Paul Grimault, pionnier du cinéma d’animation depuis les années 1930. Si tout le monde connaît son long métrage Le Roi et l’oiseau, c’est aussi l’occasion de pousser les portes de son atelier. Croquis, photos d’époques, planches de travail, matériel de montage et projection de ses œuvres sont autant de balises qui intéresseront enfants et adultes. Plus loin trônent les chefs-d’œuvre récents de ses disciples, Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles) et Miyazaki Hayao (Le Château ambulant). Hommage graphique pour décortiquer « l’inspiration du mouvement inventée par Grimault que les Japonais ne trouvaient pas chez Disney », note en clin d’œil Jean-Pierre Pagliano, le commissaire de l’exposition.

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« Mondes et merveilles du dessin animé », à voir jusqu’au 16 novembre à l’Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire). Tél. 02 41 51 73 52 ou www.abbayedefontevraud.com

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Le feu alterne avec l’eau. Une mise en scène bluffante qui s’emboîte avec une musique tout aussi explosive. © Paul Gypteau

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La compagnie chilienne Gran Reynata s’est imposée hier soir sur le parvis  du théâtre le Quai. Un show endiablé aux effets scéniques époustouflants !

Ça commence avec une salsa survoltée qui vous rappellera vos étés les plus chauds. Les Travolta sont une famille d’artistes où l’univers d’Hollywood est un métronome qui donne le rythme au foyer. Avec un père transcendé par son modèle, John Travolta, accompagné d’une mère qui imite Liza Minelli, leur quotidien est détonnant. Face à eux, une famille militaire et traditionnelle où le père autoritaire et psychorigide tient sa maison d’une main de fer. Entraînement physique et psychologique intensif, régime sec et discipline martiale : ses marmots doivent être les meilleurs pour ramener honneurs et médailles des champs de bataille.

Préparation crue annoncée par un « Vamos a comenzar el entrenamiento militar ». Ils nous avaient prévenus : c’est grandeur nature ! Vague de frémissement dans le public attendri quand ces apprentis soldats tombent le pantalon pour une fouille au corps musclée. Personne ne s’y attendait ! Quand la convocation pour combattre en Irak frappe à la porte de ces deux familles que rien ne réunit, c’est réjouissances chez les militaires et scène d’horreur chez au cabaret.

D’autres tableaux égrènent leur quotidien pas toujours folichon. On y retrouve pêle-mêle des accouchements, un infanticide, un anniversaire et un mariage qui se termine en une effusion de sang surréaliste.

Tout est rassemblé pour rappeler la saveur subtile d’une comédie musicale légère et parfaitement orchestrée.
Des comédiens effervescents qui jouent, jonglent, chantent et sautent à 100 à l’heure. Des costumes au service d’un burlesque qui alterne avec une tragi-comédie délurée.
Quand les effets pyrotechniques enflamment la scène, c’est l’apothéose. Loin d’être un obstacle, l’espagnol - majoritaire dans les dialogues - est un clin d’œil sucré qui nous entraîne dans les racines ensoleillées de cette compagnie chilienne. C’est drôle, c’est frais, c’est visuel et c’est un beau moment de spectacle de rue à partager pour entamer cet été. Foncez !
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Les cauchemars de Toni Travolta, spectacle de Royal de Luxe, interprété par la compagnie Gran Reynata. Dernière représentation ce soir, à 19 h, sur le parvis du théâtre Le Quai, cale de la Savatte. Gratuit et en plein air.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 9 juillet 2008)

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De gauche à droite, Jeanne Moreau, Ségolène Royal, Isao Takahata et Paulette Grimault. © Paul Gypteau

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L’exposition « Mondes et merveilles du dessin animé » envoûte l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire) jusqu’au 16 novembre. Consacrée au maître du film d’animation Paul Grimault (Le Roi et l’oiseau) et à ses disciples japonais, la rétrospective n’a pas attiré que les aficionados de cartoons.

L’estrade avait un air de soirée jet-set lors de l’inauguration de la rétrospective lundi soir. Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles, voir interview en page Cultures) a salué Paulette Grimault, la veuve du cinéaste, en rappelant le rôle pionnier de son mari. Jeanne Moreau a, quant à elle, loué « la modestie » de Takahata avant d’être rejointe sur la scène par Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes a souligné le « rôle des régions » dans l’action culturelle « au moment où l’État se désengage de la culture ».

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 9 juillet 2008)

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Méfiez-vous des apparences ! Si les comédiens de la compagnie la Triperie portent des costards branchés et bien coupés, c’est pour mieux vous voler votre argent, cet après-midi, à Saint-Clément-de-la-Place. © DR

Festival. Demain, il sera trop tard ! La Rue du Milieu entraîne son public dans 3 spectacles déjantés, à Saint-Léger, Saint-Lambert et Saint-Clément, avant de baisser son rideau jusqu’à l’année prochaine.

Vous avez toujours rêvé de rencontrer des extraterrestres ? Rendez-vous donc à Saint-Léger-des-Bois, cet après-midi, pour serrer la main d’un drôle d’ambassadeur venu de Pluton. S’il a l’apparence d’un être humain fait de chair et d’os, Monsieur Jambou n’en demeure pas moins un alien dans l’âme. Et il compte bien vous apporter la preuve de ses frasques paranormales lors d’une conférence intergalactique. Si vous en doutez, taisez vos pensées, car ce drôle de compère schizophrénique et un peu louche pratique le « mentalisme ».
Il plonge dans les songes du public pour deviner leurs noms et leurs opinions. Et s’il déroule le fil de son one-man-show avec brio, Monsieur Jambou laisse aussi la part belle à certains objets mystérieux non-identifiés…

À quelques kilomètres de là, la compagnie Ultrabutane va faire souffler son Vent divin sur l’assistance de Saint-Lambert-la-Potherie. Une performance solo animée par un comédien cascadeur dans un spectacle corporel détonnant. Bande-son et bruitages sont assurés par la bouche et les effets spéciaux avec les bras et les jambes. Et les décors ? « Dans ta tête ! », prévient le comédien.

Ils seront plusieurs comédiens en revanche à battre la scène de Saint-Clément-de-la-Place. Mais prévoyez cadenas et autres fermetures de porte-monnaie renforcées car s’ils vous convient, c’est pour vous délester de vos sous. Ou plutôt pour vous raconter une fable contemporaine absurde mais bien réelle. Ces « trois jeunes cadres dynamiques » offrent un florilège de mimes, de danse et de théâtre corporel quasi muet pour dénoncer la cupidité de notre société. À vot’bon cœur, m’sieurs dames !

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Début des spectacles à 15 h. Programmation en ligne sur le site internet www.laruedumilieu.org

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 6 juillet 2008)

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Le maire d’Angers a symboliquement déchiré hier la photo d’Ingrid Betancourt, où elle apparaissait prostrée et amaigrie, aux mains des Farc. © Paul Gypteau

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Exit la photo mettant en scène Ingrid Betancourt, malade et émaciée, prisonnière des guérilleros colombiens depuis février 2002. Jean-Claude Antonini a déchiré hier après-midi sur le parvis de l’hôtel de ville le cliché qui avait ému le monde entier en novembre 2007. Un geste symbolique du maire d’Angers pour saluer la libération de l’ex-otage franco-colombienne, faite citoyenne d’honneur de la ville en mars 2003.

« On a l’habitude des minutes de silence. Mais aujourd’hui faisons une minute de bruit pour marquer la libération d’Ingrid Betancourt, symbole des prisonniers politiques ». Une minute de bruit à peine audible. « Je suis ravie de fêter la libération d’Ingrid aujourd’hui, mais la cérémonie était trop courte, on parlait de bruit mais on n’a rien entendu ! », s’étonne Michèle, toujours émue par le calvaire de celle dont elle a « lu le livre quinze jours avant son enlèvement ».

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 5 juillet 2008)

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Le technicien belge Paul Englebert a délaissé les vieilles bobines argentiques, comme ici dans une salle de projection des 400 Coups, pour se consacrer à l’avenir du cinéma, le numérique. © Paul Gypteau

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Pionnier du cinéma haute définition depuis les années 1990, le technicien belge Paul Englebert animait, hier, une rencontre des Ateliers d’Angers.

Qu’est-ce que la haute définition et comment cette technologie a-t-elle révolutionné le cinéma ?La HD, c’est la fin de l’analogique ! De la prise de vue jusqu’à la diffusion en salles, tout passe par informatique. En somme, le numérique c’est une série d’images numérotées qui se suivent et qu’on peut retoucher à volonté. La HD a trouvé son essor au début des années 2000. Et depuis, le travail en numérique a explosé ! Aujourd’hui en Europe, seulement 40 % des films sont réalisés en HD et peu de salles de cinéma sont équipées pour le projeter. Mais dans les prochaines années, le numérique va s’imposer comme la norme. Dans 5 ans, 8 000 salles européennes seront équipées. Quoi qu’on en dise, le cinéma a pris le tournant du numérique pour des raisons économiques.

Ces motifs économiques pèsent aujourd’hui dans le budget d’un film ?

Le numérique a démocratisé le cinéma. Pour des films à petits budgets - environ 150 000 € - les réalisateurs économisent 10 %, c’est énorme ! Pourquoi ? Parce que c’est un support bon marché qui permet un nombre de prises illimité, contrairement aux pellicules. C’est une économie qu’on retrouve aussi après le tournage. Fini le temps de la bobine 35 mm où il fallait isoler l’image, la scanner et la truquer avant de la réinsérer dans le film. Aujourd’hui, on travaille directement sur les images.

Quelles formations suivre pour travailler dans le cinéma numérique ?

Les écoles de cinéma ne peuvent pas s’offrir le matériel numérique le plus récent car il se renouvelle trop vite. L’idéal est d’en connaître le fonctionnement puis de se former en multipliant les stages.

 

Recueilli par
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 5 juillet 2008)

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La bonne humeur est une des clés de la réussite de La Rue du Milieu, dont déborde le spectacle déjanté  des Kags, présenté dans trois villages différents pour cette édition 2008. © DR

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Sur les rails depuis dix ans, le festival de La Rue du Milieu n’en finit pas d’attirer les foules. En fédérant cinq villages, les habitants apprennent à se connaître.

Dix ans que ça dure ! A ses débuts, La Rue du Milieu avait élu domicile à Saint-Clément-de-la-Place, au nord-ouest d’Angers. Une rencontre annuelle née de la volonté de plusieurs passionnés pour redynamiser cette petite bourgade. Le festival a ensuite exporté quelques spectacles dans les communes alentours. Succès immédiat ! Alors, pour cette édition 2008, la manifestation a passé le mur du son en associant cinq villages où le public a rendez-vous avec 25 spectacles jusqu’à dimanche.

La programmation artistique de qualité - théâtre, danse, chant, cirque - n’est pas la seule recette du succès. La Rue du Milieu, c’est aussi une épopée humaine fascinante. « Les arts de la rue offrent beaucoup de choix, le festival est gratuit et se déroule à la porte des villageois. Quand on sait que chaque année, seulement 20 % des gens poussent la porte d’une salle de spectacle, c’est une barrière symbolique qui tombe ! », se réjouit Pierre Boisson, coordinateur de l’événement. Et chacun peut prêter main-forte en gérant l’accueil ou la technique par exemple. « Les habitants s’approprient le projet et dépassent le stade de consommateur de spectacles », ajoute le seul salarié de l’association.

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Le covoiturage pour aller voir les spectacles

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À Saint-Augustin-des-Bois, qui accueillait mercredi soir L’oiseau bleu, son premier spectacle, Christian Baron, le maire, ne cache pas sa joie. « 150 spectateurs ont répondu présent, vous imaginez, c’est formidable pour un petit bourg de 1 000 habitants ! ». Il suffisait de jeter un œil à la façade de la mairie pour prolonger une féerie qui dépasse l’antre de la scène. Le bâtiment était habillé d’une tenture rouge.

Et chaque village a choisi sa couleur. « Un bon moyen pour faire jouer l’intercommunalité et unifier chaque village après les élections municipales », ajoute Christian Baron. « On a besoin de cette adhésion populaire et de personnes qui s’investissent », confirme Michel Bourcier, maire du Louroux-Béconnais. « Et quelle bonne humeur ! Ça fait plaisir en ces temps de morosité ! », renchérit son homologue de Saint-Clément-de-la-Place.

Le covoiturage est un autre élément moteur. Chaque soir, les voitures s’organisent pour convoyer les spectateurs vers la scène de leur choix. Une belle démonstration de partage pour dépanner ceux qui, sans quoi, ne pourraient pas profiter de toute la richesse de la programmation. Malgré cette façade idyllique, les festivités ne sont pas assurées l’année prochaine. Faute de trouver davantage de partenaires financiers, le festival pourrait rester sur la touche.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 4 juillet 2008)

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Les huit résidents des Ateliers d’Angers, créés par Mademoiselle Moreau, ont posé leurs valises,  hier, dans la cité. Dix jours durant, ils peaufineront leur projet de long-métrage.

Fatiguée par des semaines à arpenter les planches du théâtre de la Madeleine, à Paris (elle y jouait Quartett, avec Sami Frey), Mademoiselle Jeanne n’était pas au rendez-vous du cinéma des 400 coups. Mais les huit bénéficiaires de ses Ateliers auront l’occasion pendant dix jours d’écouter ses conseils, ainsi que ceux des multiples intervenants de grand talent.

Cette première journée des Ateliers était toute dévouée à ces jeunes réalisateurs venus s’enrichir au contact de professionnels, l’une des dernières étapes du voyage au long cours que constitue la fabrication d’un premier long. Et c’est avec leurs projets courts que la salle de cinéma angevine d’art et essai a lancé ce troisième chapitre des Ateliers, sous le regard de Claude-Eric Poiroux, Monsieur Premiers plans, et de Sandrine Veysset, la réalisatrice référente de cette édition, la « maîtresse » : « Je suis ravie d’être là et d’avoir été invitée par Claude-Eric et Jeanne. C’est la première fois que je vais assumer ce rôle et j’avoue que cette aventure, dont je ne connais pas encore toutes les subtilités, est très stimulante ».

Ce jeudi, ils sont rendez-vous avec Amos Gitaï, tout comme les quelque cent vingt auditeurs libres et tous les cinéphiles qui viendront rencontrer le cinéaste, à 20 h 15, au ciné des 400 coups. Ce ne sont pas les premiers, mais tous ces plans s’annoncent grisants !

 

Paul GYPTEAU et Gwenn FROGER.
(Ouest-France, le 3 juillet 2008)

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Paul Saintillan (France)
« Cela fait exister davantage le projet que d’en parler, ici. Je suis curieux de savoir comment mes camarades envisagent de faire leur film. Je n’attends rien de particulier, de précis. Je suis dans l’attente de ce que les rencontres et les échanges vont pouvoir faire naître. C’est cela que je trouve le plus intéressant et le plus stimulant dans cette expérience : rencontrer des gens ! »

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Peter Mackie Burns (Grande-Bretagne)
« La rencontre avec les réalisateurs m’intéresse, échanger avec ces créateurs d’expérience. Je n’attends pas beaucoup d’orientations car je commence mon tournage dans  6 semaines. Mon casting est bouclé, avec Cillian Murphy du Vent se lève de Ken Loach et Peter Mullan. Un casting de rêve pour un premier film… qui sera peut-être raté ! »

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Celia Galvan Julve (Espagne)
« Je viens de finir mon scénario et il y a mille manières de filmer cette histoire. Je suis venue ici pour trouver la meilleure façon de le tourner. J’ai une idée globale de réalisation mais il est difficile de voir comment cela peut se concrétiser. J’aimerais figer quelque peu cette vision. C’est toujours très enrichissant de rencontrer ces gens avec autant d’expérience et de talent. »

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Antoine Barraud (France)
« Je suis ravi de pouvoir rencontrer autant de stars pendant les ateliers. J’ai hâte d’échanger avec les autres résidents et de découvrir leurs scénarios pour m’enrichir. C’est un honneur d’avoir été retenu pour ces Ateliers et de savoir qu’on n’est pas le dernier sur terre. »

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Germinal Roaux (Suisse)
« 4  ans que je bosse sur l’écriture ! Il est temps de resserrer les intrigues pour y voir plus clair. Alors je travaille avec une scénariste professionnelle. Moi qui suis plutôt instinctif, c’est déroutant de se confronter à quelqu’un d’expérimenté. Mais c’est comme ça qu’on grandit ! »

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Héléna Klotz (France)
« Parler du cinéma au calme, c’est quand même génial ! Échanger avec une génération de professionnels, cela va me permettre de sortir de l’écriture de mon film. Je
vais pouvoir entrer un peu plus dans la mise en scène. La cerise sur le gâteau, c’est que ma chambre se trouve juste en face de celle de Jeanne Moreau à
l’hôtel ! »

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Rebecca Zlotowski (France)
« Je compte approfondir le traitement du son pour bien l’intégrer dans mon long-métrage. C’est idéal de rencontrer Simon Stockhausen qui a composé la musique de grands films. IJe vais donc en profiter pour poser toutes les questions qui m’intriguent ! »

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François Pirot (Belgique)
« Ce n’est que le début du processus ! Je viens de terminer l’écriture de mon long-métrage. J’ai lancé la recherche de fonds et j’espère tourner l’été prochain. J’ai hâte de récolter des points de vue différents sur mon travail avant de commencer la réalisation. »

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