Archives pour 3 août 2008

Jean, Elise, Gérard et Fernande ont garé leur caravane au camping de Breil. Venus de Marseille et d\'Arles, ils vivent la semaine fédérale du cyclotourisme comme un pèlerinage à partager entre amis.

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C’est parti pour la 70e semaine fédérale du cyclotourisme. Plus de 13 000 mordus du vélo ont pris d’assaut Saumur hier, avant le premier coup de pédale ce matin.

Saumur a connu hier le plus grand chassé-croisé de l’année. Rien d’étonnant pour un week-end où les juillettistes cèdent les plages aux aoûtiens. Sauf qu’à Saumur, les routes n’étaient pas envahies par les voitures mais par les vélos. Plus de 13 200 amateurs de deux-roues ont pris possession de la ville hier. Grande procession avant le coup d’envoi de la 70e semaine du cyclotourisme ce matin.

Ces fanatiques de vélo sont venus de toute la France. « Tous les départements de métropole sont là ! » Guy Fromi, l’un des organisateurs, se frotte les mains. « Si on n’a qu’un seul inscrit originaire de la Lozère, l’Ille-et-Vilaine est la mieux représentées avec 1 056 cyclotouristes. Sans oublier plus de 700 étrangers de 14 nationalités différentes. »

 

Toujours prête à 83 ans

 

Pour loger tous ces assaillants de l’asphalte, l’ancien hippodrome militaire de Breil a été reconverti en camping de 3 000 emplacements. Les premiers sont arrivés jeudi pour échapper au grand rush d’hier. C’est le cas de ces deux couples venus du sud. « C’est un peu humide ici ! On n’a pas l’habitude de ce temps breton, on préfère le mistral ! » s’amuse Fernande dans un accent qui roule comme la Garonne. « La vieille de 83 ans en est à sa 33e semaine fédérale, vous imaginez ? Et ça ne sera pas la dernière ! » A sa droite, Jean poursuit. « Nous, c’est la 12e. On n’est pas des dévoreurs de kilomètres mais plutôt des butineurs, on a envie de découvrir la région. »

Même objectif pour Irène, Pierrette, Gérard, Christian et Annie, cinq « habitués » de l’est de la France qui ont préféré l’hôtel au camping. « On est arrivés en milieu de semaine pour prendre le temps de visiter Saumur. »

La semaine fédérale, c’est un peu comme une Saint-Sylvestre entre amis, on ne la manquerait pour rien au monde. On se balade, on retrouve ses amis et on s’en fait d’autres. « C’est la grand-messe du vélo, les gens sont réunis autour de la même passion et viennent pour faire la fête et passer un bon moment, résume Janick Beilleau, le président du rendez-vous, oreillette de téléphone bluetooth vissée à l’oreille. Les gens sont tout simplement heureux de se retrouver. »

Heureux et comblés car les activités se comptent à la pelle. Chaque jour, les randonneurs peuvent choisir des parcours cyclo découverte de 40 à 180 km. Quant à ceux qui préfèrent lâcher les pédales, ils se rabattent sur des randonnées pédestres, des excursions touristiques, des représentations du Cadre Noir et même un grand bal de clôture. De quoi aborder la semaine à venir avec sérénité avant le coup d’envoi de la première randonnée ce matin.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 3 août 2008)

Le cyclo arrive, l’économie sourit

 

Une centaine d\'exposants seront présents toute la semaine.Si le Saumurois se plie en quatre pour accueillir les férus du vélo, la région profitera aussi des retombées économiques. « Environ 7 millions d’euros sur 4 ans, estime Michel Apchin, le maire de la ville, car beaucoup de gens reviendront pour visiter la région. »

Car jusqu’au week-end prochain, la population de Saumur augmente de moitié. Outre le camping fédéral aménagé sur l’ancien hippodrome militaire, les hôtels ont été pris d’assaut. Plus de 1 500 habitants de Saumur et des alentours ont aussi répondu présent en ouvrant leurs maisons aux touristes.

La semaine du cyclotourisme est aussi un vivier formidable de 400 bénévoles à pied d’oeuvre depuis des mois. Le village fédéral, installé devant le manège des écuyers, place Foucault, accueille une centaine de commerçants qui exposeront toute la semaine. Dégustation des produits du terroir, vélos en tout genre, maillots, bandanas, systèmes d’éclairage, boissons protéinées et même des kits d’épilation pour ceux qui envient les jambes des coureurs de la Grande Boucle.

Un grand salon où l’accessoire du deux-roues est roi et où le cyclo randonneur fait ses emplettes.

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Arrivés en 1971, Paulette et Émile Perdriau n\'ont pas quitté leur maison de gardes-barrières depuis et doivent partager leur quotidien avec le va-et-vient des trains.

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J’habite un lieu insolite. Cheminots retraités, Paulette et Émile habitent encore sur le passage à niveau où ils travaillaient jadis. Bercés par les trains qu’ils ne remarquent plus.

10 h 44 sur le PN 270, un jeudi. PN pour passage à niveau. Un TGV duplex fend l’air et s’élance à toute allure vers Nantes. Nous ne sommes pas dans une gare. Enfin, pas vraiment. Bienvenue chez Paulette et Émile Perdriau, anciens cheminots de leur état et heureux propriétaires d’une maison de garde-barrières à La Possonnière.

Coquette maisonnette qui, fonction oblige, a poussé à quelques mètres de la voie ferrée. Au bord des lignes Nantes-Paris et Angers-Cholet. Un salon, une cuisine, trois chambres et un garage. Le tout tient sur 60 m², sans oublier le potager de 520 m². Ça ne paie pas de mine mais « c’est quand même le paradis, sourit Émile. Habiter à 300 m de la Loire quand on est chasseur et pêcheur comme moi, que demander de plus ? »

 

Rachetée 90 000 francs 

 

Cette petite maison est intimement liée à la carrière professionnelle du couple. « Tout a commencé en 1971. Après 20 ans aux chemins de fer, j’ai eu de l’avancement et j’ai été nommé chef de canton à La Possonnière. Ma femme tenait un passage à niveau à Chemillé. Elle m’a rejoint ici pour passer titulaire du PN 270. » Quand le passage à niveau est supprimé, quatre ans plus tard, Paulette remise sa casquette de garde-barrières pour s’occuper de ses enfants.

La retraite d’Émile sonne en 1985. « Les chemins de fer ont refusé de me vendre la maison. » Un refus à contre-courant de la politique de l’époque. Le milieu des années 1950 marque l’avènement du rail et le remplacement des gardes-barrières par des passages à niveau automatisés. La compagnie ferroviaire vend les terrains dont elle n’a plus l’utilité. « Mais quelques mois plus tard, un collègue me téléphone pour m’avertir que la maison est en vente », se souvient Émilie. Une aubaine. Paulette et Émile revendent « en catastrophe » la maison de Chalonnes achetée dix ans auparavant pour couler leurs vieux jours.

L’acte est signé pour 90 000 francs. Une affaire ? Pas si sûr. « Les réparations nous ont coûté le double ! Il fallait voir l’état de la maison ! L’enduit seul a coûté 45 000 francs. » Ravalement de façade, fenêtres isolantes, réfection des plâtres et de la tapisserie… Le couple met les petits plats dans les grands pour faire de cette maison, construite en 1866 pour l’ouverture de la ligne Paris-Nantes, un « endroit fonctionnel ». Aujourd’hui, la maison a « bien changé, il y a toujours quelques travaux à faire, mais ça n’a plus rien à voir.

Alors, bien sûr, si la maison de gardes-barrières n’a plus d’utilité, le trafic des trains, lui, a gagné en importance. « Combien passent chaque jour ? C’est une bonne question, on ne compte plus ! s’amuse Paulette. Environ 150, même un peu plus. Ça se calme à minuit puis ça reprend vers 6 h. » Et le bruit ? « On n’y fait même plus attention ! C’est seulement quand il faut monter le son de la télé qu’on s’en aperçoit. Et puis maintenant les trains sont plus rapides donc ils passent plus vite. » Un avantage du TGV que seuls les voisins des rails savourent.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 3 août 2008)

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