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Fils électriques, câbles télécom, canalisations de gaz, galeries d’égouts… Depuis juin 2007, les chantiers s’enchaînent pour tout déplacer avant l’arrivée du tram. Mais à quoi ça sert ?
Ils sont partout ! Depuis l’arrivée de la première pelleteuse dans le quartier des Capucins, pas un seul jour ne s’est écoulé à Angers sans qu’on remarque les gilets jaunes des employés de chantier. C’était en juin dernier. Depuis les travaux ont essaimé dans toute la ville.
Pourtant, aucun rail n’a poussé le long des boulevards. « Ces travaux sont les plus ingrats parce ce qu’ils n’apportent rien au public directement. Personne ne remarque le changement. L’eau du robinet ne sera ni meilleure ni plus fraîche qu’avant le début des chantiers », note Jacques Landreau, directeur du projet tramway à Angers-Loire métropole. Ces travaux sont pourtant indispensables. Il s’agit de déplacer tous les réseaux enterrés sous les 12 km de la ligne de tram.
« Le train pourrait très bien rouler sur ces réseaux, son essieu est moins lourd que celui d’un bus. Mais quand il faudra intervenir pour entretenir une canalisation ou remplacer un câble, impossible de dévier le tram dans la rue d’à côté comme on fait avec les bus », poursuit l’expert du projet.
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Quinze millions d’euros
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Entre 2004 et 2007, tous les réseaux souterrains de la ville ont été recensés, comptés et répertoriés sur des cartes très détaillées. « Regardez cette palanquée de réseaux, lance Jacques Landreau, en montrant les symboles multicolores de la rue Haute de reculée. C’est un peu comme intervention chirurgicale, il faut établir un diagnostic avant d’opérer. » Une fois l’inventaire terminé, les prestataires des réseaux - EDF, GDF, France Télécom… - ont lancé des études pour les déplacer. Le coût total est d’environ 15 millions d’euros, répartis entre la ville, l’agglo et les prestataires.
À l’échelle d’une agglomération, ce chantier est titanesque. Au total, il faut déplacer 12 km de canalisations de gaz naturel, 15 km de câbles de télécommunication, 25 km de réseau électrique, 10 km de réseau en eau potable et autant d’égouts. « Le plus délicat a été le quartier des Capucins, à cause de l’hôpital qui a un réseau d’oxygène et de chauffage central. Les équipes n’ont eu qu’une seule nuit pour intervenir », se rappelle le Monsieur tram. Les autres points chauds concernent les rues étroites (Létanduère, Haute de reculée…), faute d’espace.
Si les travaux continuent à la Roseraie cet été, le boulevard Foch connaîtra une accalmie pendant quelques semaines. Le temps des congés des employés et d’une transition entre deux chantiers.
Mais dès la rentrée, le doux bruit des marteaux-piqueurs se rappellera à l’oreille des riverains. Plus de 200 ouvriers seront à pied d’oeuvre pour déplacer les réseaux, jusqu’au printemps prochain. Allez, bonne nouvelle malgré tout : « Les travaux n’entraîneront pas de surcharge pour le contribuable, puisque les réseaux sont de toute façon rénovés et changés régulièrement. Et question chantiers, puisque tout est refait, on est donc tranquille pour 20 ans », conclut Jacques Landreau. Promis, juré.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 7 août 2008)







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