Archives pour 8 août 2008

Justice

Déjà condamné, l’ancien grand bandit utilisait des faux-billets dans des pharmacies. Hier, le tribunal correctionnel d’Angers l’a condamné à un an de prison.

Le président du tribunal jette un oeil au casier judiciaire du prévenu et se tourne vers lui. « C’est impressionnant. Allez-vous vous ranger un jour définitivement ? » Le magistrat énumère les condamnations. « Vol avec port d’armes, association de malfaiteurs, violence à magistrats avec intention de donner la mort, escroqueries, vols qualifiés, émission de chèques sans provisions… » Claude Dumas ne tique pas. Propre sur lui, rasé de près et cheveux blancs plaqués en arrière, le prévenu de 73 ans porte une chemise bleu clair avec élégance. « Je reconnais tout », répond-il sobrement au tribunal.

S’est-il repenti pour autant ? Pas vraiment. Interpellé le 26 septembre 2007 à Cholet, cet homme établi à Besançon écoulait des faux-billets. En août et septembre 2007, il a utilisé plusieurs fausses coupures de 50 € dans des pharmacies. Deux billets dans des officines du Massif Central, un à Cholet et deux à Saumur. Si l’origine des billets reste inconnue, le prévenu reconnaît les avoir « achetés à moitié prix à un ami dans la région parisienne. »

« Cinq billets ! Ce n’est pas l’affaire du siècle, argue le président, vous bénéficiez d’une liberté conditionnelle et là, vous rechutez ! » Car outre une peine de prison à perpétuité prononcée en 1971, cette ancienne figure du grand banditisme a déjà été condamnée à un cumul de 92 années de détention. Il en a passé 37 derrière les barreaux avant de bénéficier d’une liberté conditionnelle en 2003.

« C’est le geste stupide et imbécile d’une personne perdue qui n’est pas consciente de la réalité, plaide son avocate, Me Cécile Bonneman. Claude Dumas a perdu ses repères et n’a pas su faire face à ses problèmes de gestion financière, alors même qu’il avait accumulé 5 000 € en travaillant en prison. En raison de sa condition physique et de son éloquence, il fait penser au truand d’antan, mais c’est un vieillard qui perd la tête et qui a des trous de mémoire. Il n’avait pas commis d’effraction depuis 1991. Je vous demande une grande clémence pour ne pas réduire à néant le chemin parcouru. »

Le tribunal n’a pas entendu l’appel de l’avocat et a condamné le vieil homme à 12 mois de prison ferme.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 8 août 2008)

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En échange du « ticket champi », les visiteurs goûtent le Saumur Champigny. Pas pour s\'enivrer, mais pour déguster.

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La traditionnelle Grande tablée a rendu son tablier. L’occasion de découvrir vins et spécialités du coin. Ambiance gourmande et succès garanti !

Cet été, à Saumur, la nouvelle star, c’est la Saint-Champigny ! Après huit ans de bons et loyaux services, la traditionnelle Grande tablée a rendu son tablier pour laisser place à un rendez-vous gastronomique et touristique. La recette ? « Chaque soir durant quatre jours, une vingtaine de vignerons propose ce vin de fête à la dégustation. Les spécialités locales sont aussi de la partie. La fédération des artisans boulangers a préparé des fouées, petit pain traditionnel d’anjou », explique Fredrik Filliatreau, l’un des organisateurs.

L’événement bat son plein et fait le plein : la place de la République est noire de monde. Jusqu’à 3 000 gourmands par soirée. La monnaie d’échange pour déguster vin et fouées est à l’image de l’ambiance. Il faut acheter des « tickets champi » (sept pour 10 €) à échanger contre verres et sandwiches. « C’est le côté festif, on aime bien rigoler ! », ajoute le président du syndicat des producteurs du Saumur Champigny dans un éclat de rire.

Au milieu de la foule, ce mercredi soir, deux groupes un peu loufoques assurent la musique. Les musiciens de la fanfare Zephyrologie déambulent au milieu des touristes avec leurs trompettes et cymbales. Plus tard dans la soirée, la fanfare laisse la place au son éclectique de la Zikabilo.

 

Du Saumur Champigny, mais pas que…

 

Un peu plus loin, au stand du domaine Legrand, Régine fait goûter son vin rouge. « C’est l’occasion idéale de faire découvrir nos produits ; le contact est facile et certains reviendront déguster au domaine », se réjouit la productrice, avant de servir deux touristes qui tendent leurs verres. À 21 h, elle a déjà vidé douze bouteilles.

Godet posé, il commence à faire faim. Ah, la douceur des rillettes tiédies par les fouées chaudes ! Au stand fromage de chèvre et chabichou, ça dépote. Entrée, fromage… il ne manque plus que le dessert.

Au stand tarte aux myrtilles et barquette de framboise, le patron, Rodolphe Guepratte, discute avec les estivants. « Certains viennent de loin, des Vosges ou du Jura. Quand je leur présente les myrtilles, ils sont sidérés par leur taille. Ils prennent ça pour des raisins. » En France, la myrtille n’a pas la cote. L’essentiel de sa production, Rodolphe la vend en Grande-Bretagne ou en Allemagne.

La nuit tombe doucement sur la Loire, mais aucun débordement. Ici, on boit un peu, on déguste beaucoup. Enfin on trouve quand même des faux mécontents. Vanessa, par exemple, qui n’a pas trouvé son bonheur dans les desserts. Elle s’est débrouillée toute seule. « Des fouées fourrées aux framboises ! En plus, c’est vachement bon ! »

 

Paul GYPTEAU et Pierre SAULNIER.
(Ouest-France, le 8 août 2008)

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