Archives pour 18 août 2008
Jusqu’à 30 appels dans la journée. La situation devenait intenable pour Marie (1) qui décide de dénoncer cette situation à la police le 12 juin dernier. Elle change de portable et déménage. « Votre maîtresse décide de mettre fin à une relation d’une dizaine d’années et vous l’avez mal supporté. Alors vous la harcelez pour avoir des explications et vous la menacez de mort », tonne le magistrat, hier au tribunal correctionnel d’Angers.
« La justice vous a mis en garde le 13 juin mais ça n’a pas suffi, vous avez continué à la harceler. C’est sûr que quand on mène une double vie, on double les problèmes », lâche le procureur. Le père de famille, marié, condamné en 2000 à cinq ans de prison pour viol, s’adresse au tribunal. « Je suis désolé, j’aurais pas dû dire tout ça. »
Emmitouflée dans un châle rose, la victime est prostrée à l’extrémité d’une rangée. L’air éteint, elle respire fort et fixe le vide. Son avocate demande 3 000 € au titre du préjudice global.
Après le délibéré, le tribunal a condamné l’amant indésirable à quatre mois de prison avec sursis avec une mise à l’épreuve de 18 mois. Il devra aussi verser 1 000 € à la victime et a interdiction d’entrer en contact avec elle.
(1) le prénom a été changé.
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(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Hier matin, des supporters s’étaient donné rendez-vous au club nautique pour suivre les exploits du médaillé de bronze en aviron. Inoubliable !
Le coup d’envoi de la finale approche. Plus que quelques minutes avant les premiers coups de rames dans le bassin olympique de Shunyi, à Pékin. « On est tendu ! » Nicolas Derouet est comme un lion en cage. Un boxeur prêt à bondir sur le ring dès le premier coup de cloche. Autour de l’entraîneur, les supporters de Julien Bahain se sont massés dans la petite salle du club d’aviron d’Angers. Ils portent tous le même tee-shirt blanc à l’effigie de leur héros.
Quatre ans de préparation
« On a commencé à sentir la pression vendredi avant les demi-finales. Même pendant les séries, Julien était serein parce qu’il avait confiance », lance Virginie. Gagnera, gagnera pas une médaille ? « C’est sûr qu’on l’attend ! Mais c’est déjà tellement bien d’arriver en finale ! » Nerveux, l’entraîneur confirme : « Depuis les demi-finales, on sent que tout peut arriver. Mes dernières nuits ont été agitées. Julien se prépare depuis quatre ans pour les Jeux. Pour marquer le coup, on a fait imprimer 300 T-shirts et on a installé l’écran géant au club. Il est super content qu’on soit là , il dit que c’est cool ! »
Prochaine étape :
les JO de Londres en 2012
Laura, la sœur de Julien Bahain, est aussi dans la salle. « Je suis stressée pour lui ! » L’entraîneur l’interrompt : « C’est parti ! » Il est 10 h 48. Silence monastique dans la salle. On monte le son. Les images des six bateaux alignés apparaissent à l’écran. Le bateau des Français est dans le premier couloir. Le public angevin respire au rythme des coups de rames des quatre jeunes hommes. « Ca part bien ! », observe l’entraîneur qui, aussitôt, se ravise. « Oh la la ! Un peu loin à mi-parcours mais ça remonte ! » Les applaudissements saccadent ses commentaires. « Allez, allez ! Ça part, ça part ! » Le bateau des Bleus est au coude-à -coude avec celui des Italiens. Plus que 500 mètres, rien n’est joué.
L’ambiance est électrique. « Allez Julien ! », hurle les supporters avant d’applaudir. Encore quelques mètres à avaler. Les visages se ferment. Certains prennent leur tête dans leurs mains. D’autres retiennent leur respiration. L’instant est grave. Tout se joue maintenant.
La ligne approche, tout le monde se lève. Coup de théâtre : une micro-coupure de deux secondes gèle l’image. L’assistance tressaille, foudroyée par une onde de choc. La retransmission reprend et c’est la délivrance ! « On l’a fait ! » Le bateau des Bleus franchit la ligne d’arrivée, juste derrière les Polonais et les Italiens. Les Français remportent le bronze. Julien Bahain entre au Panthéon des médaillés olympiques.
Ses amis exultent, applaudissent et hurlent. Des larmes coulent. L’entraîneur explose : « C’est énorme ! » Il s’éclipse dans l’arrière-salle et revient avec une bouteille de pétillant à la main. Le bouchon vole. Le pouce sur le goulot, il asperge cette grande famille de l’aviron. La sœur du jeune médaillé de 22 ans n’en revient pas. « Je suis hypercontente, c’est génial qu’il soit arrivé là après tous les sacrifices qu’il a faits ! Mes parents ont rejoint Julien en Chine, j’imagine ma mère en train de crier partout : « C’est mon fils ! » »
La jeune fille lève les yeux. Remporter une victoire, elle sait ce que cela représente. Elle aussi pratique l’aviron au niveau international. « Dès qu’il revient, je le prends dans mes bras et je lui dis que dans quatre ans, on part ensemble aux Jeux de Londres ! »
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Des amis de Julien Bahain, des licenciés du club nautique, des proches et l’équipe sportive. Si les supporters étaient présents, hier matin, pour encourager le jeune Angevin dans la finale de l’épreuve du quatre de couple messieurs, les officiels, eux, n’ont pas donné signe de vie. Malgré les félicitations adressées au club après l’exploit, l’assistance ne comptait aucun élu municipal ou du Conseil général.
L’aviron est moins populaire que le football. Est-ce pour cette raison que les politiques n’y ont pas prêté davantage attention ? « Les e-mails et les coups de téléphone que je leur ai passés après la demi-finale sont restés sans réponse », déplore Benjamin, qui s’est occupé de la communication locale autour de l’épreuve olympique. « Ça aurait pu être une vitrine énorme pour la ville, poursuit Monique, une membre du club. Julien va être déçu. »
Un manque de représentation politique mais aussi de communication autour de l’événement. « On a demandé une grande banderole à la ville pour l’afficher sur la façade du club et aussi quelques T-shirts pour marquer le coup, mais on nous a répondu que ce n’était pas prévu dans le budget et que ça coûtait trop cher », explique Nicolas Derouet, l’entraîneur. « Du coup, c’est le comité départemental qui a financé les T-shirts. On n’oublie pas qu’on reçoit des subventions des collectivités locales, mais c’est quand même les JO ! Julien aurait pu changer de région pour rejoindre un club mieux doté, mais il a choisi de porter les couleurs de l’Anjou. »
« C’est sûr, au retour de Julien, les élus voudront être à ses côtés sur les photos. Mais on ne manquera pas de leur rappeler que le jour de la finale, on s’est senti un peu seuls », lâche cette autre licenciée du club, amère.
P.G.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Trélazé. Son musée, ses moulins, ses chevalements d’acier et ses mines… Bienvenue dans un pays où la reine ardoise est devenue la muse de la ville.
Musée de l’ardoise. Il est 17 h. Arlette Avrillon sonne le rassemblement des troupes. Les 45 visiteurs resserrent les rangs. La présidente du musée de l’ardoise se lance et pointe du doigt le centre Hervé-Bazin qui fait face. « Ce bâtiment a été construit en 1 820. C’était une manufacture d’allumettes construite pour donner du travail aux femmes des ardoisiers. » La couleur est donnée, on part donc sur les traces de l’ardoise, cet or bleu nuit qui a modelé la ville. « On prend les voitures pour continuer la visite parce ce qu’à pied, c’est un peu long. » On s’organise. « J’ai encore deux places, vous avez trouvé un chauffeur ? », lance cette conductrice.
Pas étonnant qu’on ait besoin de la voiture. En jetant un coup d’œil à la carte de Trélazé, on découvre une ville tout en longueur qui s’étale sur 5 km d’est en ouest. Un hasard ? Non, une nécessité pratique : la quatrième ville de Maine-et-Loire a été construite autour de la veine de schiste ardoisier qui traverse le département.
Mairie. De chaque côté de la porte de l’hôtel de ville, deux gravures rendent hommage à l’histoire du bourg. « A gauche, ce sont les outils de travail du jour de l’ardoisier : cordes, pics, marteaux, poulies… Et à droite, c’est plus surprenant, ce sont les activités hors ardoises. » Fourches, paniers, chapeaux. « Environ 60 % de la population pratiquait aussi l’agriculture. »
Grand Maison, ancien site des Ardoisières de l’Anjou. Si la mine a fermé en 1983, le chevalement d’acier rappelle les heures glorieuses de l’extraction de la pierre. La porte blanche coulisse. On rentre. « Le chevalement avait deux fonctions : descendre les mineurs qui travaillaient sous terre et remonter le schiste qu’ils extrayaient. » Les nacelles descendaient jusqu’à 500 mètres.
L’endroit est resté en l’état. Comme si le temps avait figé les lieux. La rouille ronge la ferraille mais les filins reliés aux machineries d’extérieur pendent toujours.
L’ardoise a joué sur la démographie de Trélazé. « Dans les années 1 850, beaucoup de Bretons ont immigré car on avait besoin de personnel. Ils ont même amené leur curé. » Sur l’histoire des femmes, aussi. « Quand la première guerre mondiale mobilise les hommes, les femmes arrivent à la mine. Si elles ne descendaient pas au fond, elles ouvraient l’ardoise sur des machines en bois dans les ateliers. » Aujourd’hui, il ne reste que 230 employés aux Ardoisières, le deuxième employeur de la ville, dont une soixantaine de mineurs de fond.
Tour du Poirier, Parc du Vissoire. La toiture conique abrite ce qui aurait pu être la maison des Shadoks : un moulin d’exhaure qui pompait l’eau infiltrée dans les mines. Un bâtiment unique en Europe restauré à neuf en 2000.
Retour au musée de l’ardoise, face à une carrière à ciel ouvert aujourd’hui inondée. « Quand les hommes ont commencé à descendre dans les fonds, ils se sont battus pour obtenir le statut de mineur qui leur donnait notamment le logement et le chauffage. Ils l’ont toujours. » Une manière de réaliser que l’aventure de l’ardoise a aussi été synonyme d’avancées sociales.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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