Archives pour 26 août 2008

JusticeDans la nuit du 5 au 6 juin, le jeune homme de 18 ans tente d’incendier le domicile de son ex-petite amie. Leur séparation avait été houleuse. « La dernière fois que j’ai dormi chez elle, elle a appelé la police parce que j’avais lancé un couteau dans le mur, mais je serais parti de moi-même si elle me l’avait demandé, explique-t-il. Alors je suis revenu le lendemain matin et à 6 h pétantes et j’ai mis le feu sous sa porte. »

Dans son rapport, l’expert psychiatrique dresse le portrait d’une personnalité « border line » qui témoigne de « l’absence d’introspection et de culpabilité. » Déjà condamné pour vols en réunion, le prévenu a connu la prison, d’où il est sorti deux jours avant les faits qui lui sont reprochés. Sans logement et sans ressources, il est « seul depuis sa majorité. » « J’en ai passé des choses », confie-t-il à barre.

Le procureur requiert 6 mois de prison. « Il n’a aucune garantie de réinsertion puisqu’il n’a pas compris le sens de la prison. » L’avocat du jeune majeur revient sur l’histoire familiale compliquée de son client. Le tribunal n’a pas entendu cet appel à la clémence et l’a condamné à 4 mois de prison ferme.

 

(Ouest-France, le 26 août 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »

JusticeLe jeune homme de 18 ans n’avait pas supporté que son ex-petite amie mette fin à leur relation d’un an et demi.

Entre le 8 mai et le 12 juin derniers, il la menace de mort à plusieurs reprises. « Le 10 juin, vous allez même jusqu’à exhiber une arme qui tire des cartouches de gaz ou des petits plombs devant elle et vous tirez une balle à blanc à ses pieds, lance hier le président du tribunal correctionnel d’Angers. Cette imitation d’arme réelle est très impressionnante, vous l’avez achetée combien ? » À la barre, le prévenu, courtois et beau garçon, répond timidement : « 180 €. Mais c’était avant la rupture », précise-t-il.

Le procureur appuie sur la gravité des faits. « Vous pensiez ce que vous avez dit ? Sur MSN, vous lui avez écrit, je cite, tu crèveras, je te tuerai et j’irai en prison toute ma vie. » Silence. « C’était pour lui faire peur », répond le prévenu. « Vous aviez un demi-sourire à la lecture de ces éléments, c’est grave et traumatisant ! », conclut le procureur avant de requérir 6 mois de prison avec sursis et 300 € d’amende pour port d’arme.

L’avocat du jeune homme, qui ne conteste pas les faits, met en avant l’absence de passé judiciaire de son client. « Six mois, c’est excessif vu les faits. Regardez-le, il est calme et posé en temps normal, presque taciturne. »

Le tribunal a entendu cet appel et a condamné l’amoureux éconduit mais menaçant, à 3 mois de prison avec sursis et 200 € d’amende.

Tags:

Comments Pas de commentaire »

JusticeUn Choletais récidiviste a été condamné à trois ans ferme. Sur fond d’inceste et de pédophilie, la peine est plus lourde que les réquisitions.

Julien (prénom d’emprunt) était sorti de son silence le 11 juin dernier. L’enfant, 5 ans au moment des faits, déclare à sa mère que son père, aujourd’hui âgé de 33 ans, avait sexuellement abusé de lui. C’était en 2007 avant une sortie à la piscine. Immédiatement, la mère porte plainte et demande le divorce.

Mais l’enquête judiciaire fait émerger une autre affaire située entre 2002 et 2004. Virginie (prénom d’emprunt), la belle-fille de l’agresseur, qui n’a pas 8 ans à l’époque, l’accuse de l’avoir « embrassée de force avant de la plaquer à terre pour la caresser ».

« Qu’est-ce qui vous a pris ?, demande le président du tribunal. Vous aviez conscience de l’âge des enfants ? » À la barre, le prévenu, un Choletais, baisse les yeux. « C’est après que je me suis rendu compte que c’était des enfants ; dans ma tête, je pensais que c’était des adultes. J’assume mes erreurs », lâche l’homme, reconnu invalide à 80 %.

Le tribunal dépeint une situation familiale tendue, qui avait conduit à placer les enfants en foyer bien avant les faits. « Ce problème d’inceste durait déjà depuis longtemps, explique l’avocate des enfants. Avant d’avoir été agressée par son beau-père, Virginie avait été abusée par ses deux frères. »

Le procureur laisse entendre que les faits jugés ne pourraient être que la partie émergée de l’iceberg et requiert trois ans de prison. « Cet homme a des tendances pédophiles et des traits de perversité. Il a déjà été condamné en 2003 pour des faits similaires », assène-t-il. La marge de manoeuvre de son avocate est faible. « C’est un homme frustre et immature, qui a lui-même été victime d’agressions sexuelles dans son enfance. »

Fait rare, le tribunal dépasse les réquisitions du ministère public en condamnant l’agresseur à cinq ans de prison dont deux avec sursis. Outre le versement de dommages et intérêts aux victimes, il est astreint à une obligation de soins et sera inscrit au fichier national des délinquants sexuels.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 26 août 2008)

Tags:

Comments Pas de commentaire »