Au Cadre Noir, sur 300 hectares, on dénombre 400 chevaux en box individuel.

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Saumur. L’Ecole nationale d’équitation forme l’élite de la cavalerie française. Mais pas seulement. Visite guidée d’un centre aux 16 carrières olympiques.

Excellence et discipline. Deux mots pour résumer l’École nationale d’équitation. « 300 hectares, 200 personnes dont 43 écuyers, 400 chevaux en box individuel, 4 grandes écuries, une clinique vétérinaire moderne… » N’en jetez plus. C’est la grande classe. Le petit groupe s’éloigne de la boutique, point de départ de la visite. Direction la carrière à quelques mètres de là.

Le temps s’arrête. La guide remonte l’horloge du Cadre Noir. Retour sur le début de l’aventure. « Au lendemain des guerres napoléoniennes, la cavalerie est décimée. Louis XVIII demande alors à des écuyers civils de Versailles, des Tuileries et de Saint-Germain de former des militaires. »

 

Persival : un cheval électronique

 

Si le Cadre Noir doit sa naissance à ces grands écuyers, il leur doit aussi son nom. Du bleu clair d’origine, les uniformes des formateurs ont dévié vers le bleu foncé pour adopter le noir après quelques décades. Cadre pour l’encadrement et noir pour l’uniforme. « C’est aussi simple que ça », résume la guide. Effectivement.

Au fil du temps, les missions du centre ont changé. Le Cadre Noir militaire est devenu l’École nationale d’équitation en 1972 et confiée au ministère des sports. L’évolution n’a pas failli à la tradition et le ministère de la défense continue d’inclure 7 écuyers militaires.

Si la mission du Cadre Noir est avant tout de former des instructeurs de haut vol, l’école remet aussi à niveau des professionnels déjà dans le secteur. Elle oeuvre aussi dans la recherche grâce à Persival, un drôle de cheval électronique bourré de capteurs. Les avions ont leurs simulateurs de vol, les chevaux ont Persival. De quoi s’entraîner sans passer la bride à l’animal et… limiter les dépenses.

 

Le plus grand manège couvert d’Europe

 

« Les chevaux arrivent ici à l’âge de trois ans et suivent quatre ans de prédressage. Ensuite, ils sont ventilés par écurie : prestige, pour les galas, dressage, concours complet ou saut d’obstacle », poursuit la guide en entrant dans le grand manège couvert. Le plus grand d’Europe, d’ailleurs. Les manèges olympiques font pâle figure face aux dimensions du géant du Cadre Noir : 60 m de longueur et 20 de largueur pour l’olympique, 84 m par 35 à Saumur.

En sortant des gradins, la guide pointe une série de photos. Un cliché en noir et blanc du XIXe siècle où des cavaliers sont alignés. Ou presque. « Regardez la forme de leurs chapeaux, elle est différente et pourtant les chapeaux sont les mêmes. Ce sont des lampions, des chapeaux un peu allongés qui permettent au formateur de vérifier si l’alignement est symétrique. » Voilà pour l’héritage militaire. Histoire de rester dans l’esprit de la devise du Cadre Noir : « En avant, calme, droit et léger. »

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 16 août 2008)

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