Il avait frappé sa femme avec un halogène
Publié par Paul Gypteau dans Info locale, JusticeDéjà condamné pour violences conjugales en 2003, un homme avait roué de coups son épouse à la mi-juillet après l’avoir frappée avec un halogène. Le mari violent écope de six mois de prison ferme.
Elle est assise à l’extrémité de la première rangée de la salle d’audience.
Discrète, Madame M. ne lève pas les yeux quand le président du tribunal correctionnel lit le contenu de sa plainte. « Vous aviez bu tous les deux. Après un repas très arrosé chez le beau-frère, votre mari sort avec lui. Vers 3 h du matin, il vous réveille et vous demande votre portable pour vérifier les appels passés. Il est très jaloux. Vous refusez et c’est alors qu’il saisit la lampe halogène et vous frappe derrière la tête. Il continue en portant des coups de pied et de poing. Après avoir appelé un taxi, vous descendez dans la rue pour fuir. Monsieur M. vous suit et vous frappe à nouveau. » Le calvaire prend fin à l’arrivée de la police.
Depuis cette nuit du 6 juillet, l’époux violent a été placé en détention provisoire. Le certificat médical fait état de treize lésions.
Plusieurs tuméfactions et hématomes, dont certains, sur les avant-bras, dépassent huit centimètres. Selon l’expert, les zones frappées correspondent à la posture de « quelqu’un qui veut éviter les coups. » Une incapacité de travail de cinq jours confirme la violence de la scène.
Le mari, lui, relate les événements à sa manière. « Elle avait bu deux bouteilles de whisky et moi seulement de la bière. Quand je suis rentré, son portable a sonné puis elle est sortie, alors je l’ai suivie. Ça l’a énervé et elle m’a frappé. Je voulais qu’elle revienne à la maison pour s’occuper des enfants : elle n’avait rien prévu à manger et il n’y avait plus de couches. Alors j’ai répondu. Mais c’est elle qui m’a poussé à en arriver là ! Elle s’est fait ces marques en tombant sur le goudron. » Assis à la droite du président, l’assesseur ironise. « Vous dites qu’elle ne s’occupait pas des enfants ? Mais sortir avec le beau-frère, c’est s’occuper de ses enfants ? »
L’avocat de l’homme de 40 ans, sans-emploi depuis septembre 2007, met en avant la bonne volonté de son client. « Quinze jours avant les faits, il avait conscience de son problème avec l’alcool. Il avait engagé des démarches pour s’en sortir. »
Le président du tribunal affiche une moue sceptique.
Après un court délibéré, le tribunal a condamné l’époux violent à un an de prison, dont six mois avec sursis, 600 € de dommages et intérêts et le soumet à deux ans de mise à l’épreuve avec l’obligation de se soigner et de chercher une formation professionnelle.
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 12 août 2008)

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