Au club d’aviron d’Angers, l’ambiance était électrique ! La victoire de Julien a fait vibrer ses supporters venus suivre la course du bateau des Bleus.

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Hier matin, des supporters s’étaient donné rendez-vous au club nautique pour suivre les exploits du médaillé de bronze en aviron. Inoubliable !

Le coup d’envoi de la finale approche. Plus que quelques minutes avant les premiers coups de rames dans le bassin olympique de Shunyi, à Pékin. « On est tendu ! » Nicolas Derouet est comme un lion en cage. Un boxeur prêt à bondir sur le ring dès le premier coup de cloche. Autour de l’entraîneur, les supporters de Julien Bahain se sont massés dans la petite salle du club d’aviron d’Angers. Ils portent tous le même tee-shirt blanc à l’effigie de leur héros.

Quatre ans de préparation

« On a commencé à sentir la pression vendredi avant les demi-finales. Même pendant les séries, Julien était serein parce qu’il avait confiance », lance Virginie. Gagnera, gagnera pas une médaille ? « C’est sûr qu’on l’attend ! Mais c’est déjà tellement bien d’arriver en finale ! » Nerveux, l’entraîneur confirme : « Depuis les demi-finales, on sent que tout peut arriver. Mes dernières nuits ont été agitées. Julien se prépare depuis quatre ans pour les Jeux. Pour marquer le coup, on a fait imprimer 300 T-shirts et on a installé l’écran géant au club. Il est super content qu’on soit là, il dit que c’est cool ! »

Prochaine étape :
les JO de Londres en 2012

Laura, la sœur de Julien Bahain, est aussi dans la salle. « Je suis stressée pour lui ! » L’entraîneur l’interrompt : « C’est parti ! » Il est 10 h 48. Silence monastique dans la salle. On monte le son. Les images des six bateaux alignés apparaissent à l’écran. Le bateau des Français est dans le premier couloir. Le public angevin respire au rythme des coups de rames des quatre jeunes hommes. « Ca part bien ! », observe l’entraîneur qui, aussitôt, se ravise. « Oh la la ! Un peu loin à mi-parcours mais ça remonte ! » Les applaudissements saccadent ses commentaires. « Allez, allez ! Ça part, ça part ! » Le bateau des Bleus est au coude-à-coude avec celui des Italiens. Plus que 500 mètres, rien n’est joué.

L’ambiance est électrique. « Allez Julien ! », hurle les supporters avant d’applaudir. Encore quelques mètres à avaler. Les visages se ferment. Certains prennent leur tête dans leurs mains. D’autres retiennent leur respiration. L’instant est grave. Tout se joue maintenant.

La ligne approche, tout le monde se lève. Coup de théâtre : une micro-coupure de deux secondes gèle l’image. L’assistance tressaille, foudroyée par une onde de choc. La retransmission reprend et c’est la délivrance ! « On l’a fait ! » Le bateau des Bleus franchit la ligne d’arrivée, juste derrière les Polonais et les Italiens. Les Français remportent le bronze. Julien Bahain entre au Panthéon des médaillés olympiques.

Ses amis exultent, applaudissent et hurlent. Des larmes coulent. L’entraîneur explose : « C’est énorme ! » Il s’éclipse dans l’arrière-salle et revient avec une bouteille de pétillant à la main. Le bouchon vole. Le pouce sur le goulot, il asperge cette grande famille de l’aviron. La sœur du jeune médaillé de 22 ans n’en revient pas. « Je suis hypercontente, c’est génial qu’il soit arrivé là après tous les sacrifices qu’il a faits ! Mes parents ont rejoint Julien en Chine, j’imagine ma mère en train de crier partout : « C’est mon fils ! » »

La jeune fille lève les yeux. Remporter une victoire, elle sait ce que cela représente. Elle aussi pratique l’aviron au niveau international. « Dès qu’il revient, je le prends dans mes bras et je lui dis que dans quatre ans, on part ensemble aux Jeux de Londres ! »

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)

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