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La traditionnelle Grande tablée a rendu son tablier. L’occasion de découvrir vins et spécialités du coin. Ambiance gourmande et succès garanti !
Cet été, à Saumur, la nouvelle star, c’est la Saint-Champigny ! Après huit ans de bons et loyaux services, la traditionnelle Grande tablée a rendu son tablier pour laisser place à un rendez-vous gastronomique et touristique. La recette ? « Chaque soir durant quatre jours, une vingtaine de vignerons propose ce vin de fête à la dégustation. Les spécialités locales sont aussi de la partie. La fédération des artisans boulangers a préparé des fouées, petit pain traditionnel d’anjou », explique Fredrik Filliatreau, l’un des organisateurs.
L’événement bat son plein et fait le plein : la place de la République est noire de monde. Jusqu’à 3 000 gourmands par soirée. La monnaie d’échange pour déguster vin et fouées est à l’image de l’ambiance. Il faut acheter des « tickets champi » (sept pour 10 €) à échanger contre verres et sandwiches. « C’est le côté festif, on aime bien rigoler ! », ajoute le président du syndicat des producteurs du Saumur Champigny dans un éclat de rire.
Au milieu de la foule, ce mercredi soir, deux groupes un peu loufoques assurent la musique. Les musiciens de la fanfare Zephyrologie déambulent au milieu des touristes avec leurs trompettes et cymbales. Plus tard dans la soirée, la fanfare laisse la place au son éclectique de la Zikabilo.
Du Saumur Champigny, mais pas que…
Un peu plus loin, au stand du domaine Legrand, Régine fait goûter son vin rouge. « C’est l’occasion idéale de faire découvrir nos produits ; le contact est facile et certains reviendront déguster au domaine », se réjouit la productrice, avant de servir deux touristes qui tendent leurs verres. À 21 h, elle a déjà vidé douze bouteilles.
Godet posé, il commence à faire faim. Ah, la douceur des rillettes tiédies par les fouées chaudes ! Au stand fromage de chèvre et chabichou, ça dépote. Entrée, fromage… il ne manque plus que le dessert.
Au stand tarte aux myrtilles et barquette de framboise, le patron, Rodolphe Guepratte, discute avec les estivants. « Certains viennent de loin, des Vosges ou du Jura. Quand je leur présente les myrtilles, ils sont sidérés par leur taille. Ils prennent ça pour des raisins. » En France, la myrtille n’a pas la cote. L’essentiel de sa production, Rodolphe la vend en Grande-Bretagne ou en Allemagne.
La nuit tombe doucement sur la Loire, mais aucun débordement. Ici, on boit un peu, on déguste beaucoup. Enfin on trouve quand même des faux mécontents. Vanessa, par exemple, qui n’a pas trouvé son bonheur dans les desserts. Elle s’est débrouillée toute seule. « Des fouées fourrées aux framboises ! En plus, c’est vachement bon ! »
Paul GYPTEAU et Pierre SAULNIER.
(Ouest-France, le 8 août 2008)

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