Archives pour la catégorie “Culture”

-
Trélazé. L’ardoise a fait les beaux jours de la commune. 600 ans après la découverte de la première mine, le musée retrace l’âge d’or de la ville.
Rossignol chausse ses sabots. Il fait claquer sa barre à mine en métal sur ses énormes souliers de bois recouverts de guêtres en tissu. « À l’embauche ! », lance-t-il au public. Rossignol, c’est le « nom de seigneurie » de Jean-Christophe Boisteault. Un pseudonyme dont il a hérité après cinq ans de formation. C’est son maître qui l’a baptisé. « C’est le droit des chérubins, on devenait ardoisier de père en fils et il faut bien dire que les enfants n’avaient pas trop le choix à Trélazé. »
-
1406 : le début de l’exploitation
-
Si les ardoisiers descendaient dans les mines de Trélazé pour remonter des blocs de schistes, Jean-Christophe Boisteault remonte l’histoire de la ville pour la faire partager à un groupe de curieux. Il pointe un bloc d’ardoise venu des profondeurs. « Celui-ci a été extrait à 550 mètres sous nos pieds. Il pèse 5, 6 tonnes, autant qu’un éléphant. Une fois qu’on a remonté le bloc, il faut le débiter, c’est-à -dire le découper en plaques de quatre centimètres. » Il plante son pic dans le carré bleu nuit et soulève une plaque. « Et il faut faire attention à la qualité de la pierre. Dans le jargon, un bloc de bonne qualité s’appelle un bouc et un mauvais une biquette. »
Autant d’expressions anciennes qui font traverser le temps pour faire revivre l’épopée des mines d’ardoise de Trélazé. L’exploitation a commencé en 1406. « L’ardoise de Trélazé est la plus pure du monde et dure longtemps sur une toiture. »
La démonstration de la fente d’ardoise se poursuit sous l’amphithéâtre ombragé au cœur du parc du musée. Jean-Christophe distille les anecdotes des mines comme il fend la pierre. « C’est dans les mines du Fresnaie et des Grands Carreaux que les hommes descendent pour chercher la pierre. Au début du XXe siècle, jusqu’à 4 200 personnes ont travaillé dans l’ardoise. Et même jusqu’à 6 000 si on inclut les mines du Segréen. »
-
213 employés aujourd’hui
-
Aujourd’hui, ils ne sont plus que 213 employés à œuvrer aux Ardoisières. La mécanisation a remplacé l’huile de coude. « Quand il fallait deux semaines de travail entre l’extraction et l’ardoise prête à utiliser, il ne faut aujourd’hui plus que trois heures ! » Sans oublier l’invasion de l’ardoise d’Espagne, de moins bonne qualité mais moins chère, dans les années 1960, qui a signé la fin de l’âge d’or de Trélazé.
Jean-Christophe plante son cobra, une fine lame de métal, pour effeuiller le cube en fines ardoises. A l’ancienne. « Voilà des ardoises de 2,7 mm ! Après le rondissage - la taille à la bonne dimension - elles seront fin prêtes pour le couvreur. » Un coup de pédale sur sa machine et la tuile est taillée à la bonne dimension.
Avant de partir, chaque visiteur prend un petit carré d’ardoise, en souvenir de cette démonstration de taille à l’ancienne. Le parcours se poursuit devant une vidéo où l’on voit les grosses machines de la société des Ardoisières, à quelques kilomètres du musée, s’affairer pour tailler la pierre. Si la machine a remplacé l’homme, Rossignol, lui, garde toute la légèreté du coup de main à l’ancienne.
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 26 juillet 2008)
Tags: ouest-france
Pas de commentaire »

-
En résidence à l’abbaye de Fontevraud, le cinéaste originaire de Valence est venu écrire le scénario de son prochain film d’animation.
Son diplôme d’école d’art en poche, Pierre-Louis Granjon a « vite bifurqué » pour faire le grand saut dans le cinéma d’animation.
Un an après avoir commencé dans un studio de Valence comme modeleur pour Hôpital Hilltop, une série pour enfants diffusée sur France 3, il rêve déjà de son premier court-métrage. Objectif atteint en 2001, quand il réalise Petite Escapade, l’histoire d’un écolier qui, du haut de son mur, observe les passants qui défilent en contrebas.
Puis suivent L’enfant sans bouche (2004), Le Château des autres (2004) et Le Loup blanc (2006). Cette réalisation en papier découpé lui vaudra plus de vingt sélections dans des festivals, de Stockholm à Montréal.
-
Un scénario bourré d’imagination
-
L’histoire – au dénouement tragique – de ce loup apprivoisé par un enfant a été primée au festival Cinématou de Genève (prix Kodak du public) et au festival international du film d’animation de Krok (meilleur film pour enfants).
Avant la réalisation, l’an dernier, de L’hiver de Léon, son dernier opus, ses films n’avaient encore jamais dépassé les dix minutes.
« J’aime beaucoup le format court, ça donne une grande liberté pour créer des univers particuliers, mais j’avais aussi envie de développer une histoire plus longue. Aucun format n’est meilleur que l’autre, je les compare au genre de la nouvelle et du roman. »
De l’idée à la planche à dessin, le cheminement est avant tout visuel. « Les thèmes naissent souvent d’une image principale que j’ai en tête, je crée l’histoire à partir de cette scène. C’est le cas dans Petite escapade : j’avais l’image du gamin qui part dans la forêt avec son cartable puis j’ai inventé la suite. »
La suite, parlons-en. Les projets de ce jeune talent au regard pétillant de malice passe par sa résidence à l’abbaye de Fontevraud. « Je m’isole pour écrire, c’est un travail solitaire, exactement ce qu’il me fallait. »
Encore dix jours pour profiter du calme majestueux des lieux avant de reprendre la route vers le sud. « Je voudrais terminer ce séjour en Maine-et-Loire en ayant une première version du scénario de mon long-métrage, L’armée des lapins. »
Un scénario bourré d’imagination, de rêve et de rebondissements, à l’heure où d’autres réalisateurs « adoptent un côté téléphoné pour ne pas choquer les familles ».
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 20 juillet 2008)
Tags: cinéma, ouest-france
Pas de commentaire »

-
Ce week-end, la ville va vibrer au rythme du Carrousel. Chevaux du Cadre noir, musée des blindés et école de cavalerie offrent un spectacle qui n’a pas pris une ride.
Sous un soleil de plomb, le speaker reprend le micro. « Voici maintenant le carrousel moto. La moto est idéale pour acquérir le sens de la topographie et du coup d’œil, parfait pour s’entraîner à manœuvrer les blindés ! »
Les 44 deux-roues pétaradent dans la grande carrière du Chardonnet, face à l’École de cavalerie. Le brouhaha du public fait place au silence. La répétition générale du Carrousel de Saumur s’est jouée hier à guichets fermés, devant les familles des militaires.
Ultimes réglages, avant d’accueillir les 9 000 spectateurs attendus samedi et dimanche. Des passionnés de mécanique, d’équitation et des amateurs de sensations fortes.
« C’est pour le tout public, souligne le colonel Daniel Postec, commandant en second de l’École d’application de l’arme blindée cavalerie. Même les enfants y trouveront leur compte : plus de quarante véhicules blindés défileront dans la carrière. D’abord une rétrospective de modèles anciens, puis des blindés modernes utilisés par l’armée française dans le monde, aujourd’hui. »
Moins sophistiqués mais tout aussi techniques, les montures du Cadre noir font claquer leurs sabots dans le sable de la carrière.
Tradition oblige, la démonstration de dressage est un moment incontournable du Carrousel. Des chevaux qui s’élancent aux côtés des motos pour sauter une barre d’obstacle. Accord chronométré d’un duo animal-machine improbable, avant un saut de parachutistes qui se posent dans la carrière.
Du rêve, mais pas trop. Les organisateurs gardent en tête les missions premières de l’événement. « Mélange des traditions, cohésion de groupe, fierté d’appartenir à la blindée cavalerie et gestion du stress », résume le colonel Pos tec en termes télégraphiques.
La réunion du Cadre noir, du musée des blindés et de l’École de cavalerie marque aussi la fin d’une année, pour les jeunes lieutenants et sous-officiers en formation à Saumur.
Au-delà du spectacle, le Carrousel est « une manière d’ouvrir l’École et de se faire connaître auprès du public, maintenant que le service militaire n’existe plus », estime l’officier Patrick Martinez. Et aussi de dépoussiérer l’image d’un Carrousel qui fête cette année sa 159e édition.
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 juillet 2008)
Tags: ouest-france
Pas de commentaire »

-
Après les démonstrations de l’intriguant professeur Di Namo, le musée de la communication de Saint-Barthélemy lance de nouveaux ateliers.
À fond dans la nouveauté ! Après les démonstrations d’appareils électriques du professeur Di Namo lancées en 2006, le musée de la communication de Saint-Barthélemy rivalise de créativité. À partir du 14 juillet et pour tout l’été, les visiteurs du domaine de Pignerolle ne vont pas s’ennuyer.
Le lundi, les enfants pourront découvrir la fabrication de l’électricité et comment les énergies renouvelables vont révolutionner notre futur. Mais pas question de laisser les parents sur la touche. Eux aussi pourront mettre les doigts dans les fils. « Les ateliers du mercredi sont ouverts à tous. Si les enfants découvrent, les parents révisent ce qu’ils savaient peut-être déjà . Fonctionnement du son, de la lumière ou encore des dessins animés, personne ne s’ennuiera ! », se réjouit le professeur Di Namo, lunettes en plastique noires assorties à sa fine barbe brune.
-
1300 curieux objets au musée
-
C’est le même professeur Géo Trouvetou qui fera rêver le public, en présentant quelques-uns des 1 300 curieux objets du musée. Des appareils d’un autre temps ? « Pas tant que ça ! Ils ont l’air de vieilles carcasses vus derrière une vitrine, mais les gosses sont surpris de voir fonctionner une télé couleur des années 1970 et d’apprendre qu’à l’époque, elle coûtait le prix d’une… petite voiture aujourd’hui ! », s’amuse Di Namo. Et chut, c’est encore un secret, mais des « visites magiques » enchanteront les dimanches après-midi en présentant des illusions d’optique.
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 14 juillet 2008)
-
Programme, Ã partir d’aujourd’hui :
Lundis, à 15 h 30 : ateliers du professeur Di Namo, public familial, thème de l’énergie.
Mardis et jeudis, à 15 h 30 : visites et démonstrations d’appareils du musée.
Mercredis, à 15 h et 16 h : ateliers parents et enfants pour découvrir le son, les instruments, la lumière et les dessins animés.
Vendredis, 15 h et 16 h : conte scientifique avec une énigme à résoudre.
Samedis, dès 14 h 30 : parcours d’orientation dans le parc du château.
Dimanches, 15 h, 16 h et 17 h : visites magiques et illusions d’optique.
-
Renseignements : château musée de la communication, domaine de Pignerolle, Saint-Barthélemy-d’Anjou. Tél. : 02 41 93 38 38. www.musee-communication.fr
Tags: ouest-france
2 commentaires »

-
Ateliers d’Angers. L’heure était au bilan, hier mercredi, pour Jeanne Moreau et ses huit jeunes cinéastes, en résidence depuis le 2 juillet à Angers.
C’est la petite cuisine du cinéma qu’elle connaît sur le bout des doigts ! Mademoiselle Jeanne Moreau met la main à la pâte pour le cocktail de clôture à l’hôtel Livois-Lancreau, à l’image de son investissement et de son enthousiasme lors de cette quatrième édition de « ses » Ateliers d’Angers. « Mais je suis épuisée ! Je pense que nous les avons nourris un maximum pendant cette semaine. Pour la première fois, j’avais pu découvrir leur court-métrage et pu lire leur scénario. Et chose extraordinaire, tous ont déjà un producteur. »
Du particulier (chacun des résidents s’est entretenu avec l’immense comédienne) au général, les huit privilégiés ont eu l’occasion, au contact des nombreux professionnels et figures tutélaires, d’apprivoiser l’angoisse inhérente à la réalisation d’un premier long-métrage. « Faire un film est une sacrée responsabilité, et même un choix de vie : on y engage des capitaux et des personnes. C’est un métier dangereux autant qu’un fantasme. Il y a beaucoup d’angoisse en eux et l’idée des Ateliers est de les respecter, de les rendre importants, et de les amener au bout d’eux-mêmes. On ne peut pas passer son temps à avoir des doutes. »
En amoureuse et en experte du septième art, Jeanne Moreau a matérialisé pour eux les images qu’ils tourneront bientôt : « J’ai vu leur film, j’ai pu leur restituer ma confiance et mon émotion. J’ai même eu les larmes aux yeux en imaginant certaines scènes ». Quel que soit le destin de ces réalisateurs en devenir, un passage aux Ateliers d’Angers n’est pas image morte.
D’anciens résidents ont vécu la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, certains achèvent leur film, quand d’autres ont dirigé leur pas vers les plateaux télé. « Ces Ateliers leur permettent au moins de savoir quelles sont leurs véritables envies ! » Celles de Jeanne Moreau ne riment pas en tout cas avec vacances : « Je n’en ai pas pris depuis cinq ans ! » Une tournée en Amérique du nord début 2009 avec Quartett, en compagnie de Sami Frey ; l’ouverture en Avignon, toujours en 2009, avec un projet d’Amos Gitaï ; le commentaire d’un documentaire sur Laure Manaudou et un travail autour du Condamné à mort de Jean Genet, avec Etienne Daho… Jeanne Moreau ne s’arrête jamais. Comblés par cette rencontre, les huit résidents ont pris une belle leçon… de jeunesse !
Â
Paul GYPTEAU et Gwenn FROGER.
(Ouest-France, le 10 juillet 2008)
-
Le bilan des résidents
-
François Pirot (Belgique)
« Mon temps fort : la rencontre avec Jacques Doillon. Pour sa disponibilité, sa simplicité, son humilité et son approche saine du métier. L’important pour moi est d’avoir pu trouver des confirmations de mes choix. Je suis sur le point de tourner un court métrage, après un long temps d’écriture. La possibilité d’échanger et de parler de la dimension concrète des choses tombait à point nommé pour moi. Et si j’avais un bémol, ce serait la petite frustration de ne pas avoir eu plus d’exercices, d’être allé un peu plus loin avec les intervenants. Mais je conseillerais les Ateliers à tous les jeunes réalisateurs. »
-
Antoine Barraud (France)
« C’était très fort d’être ensemble ! L’entente entre nous fut instantanée, inattendue, miraculeuse. On sentait qu’on était tous là pour la même chose, pour une même curiosité. Ces Ateliers m’ont de plus apporté des réponses concrètes sur des questionnements précis, comme le fait de faire des répétitions, et comment les faire, et avec qui les faire. C’était aussi très instructif d’échanger sur les périodes de financement. Tout cela permet de dédramatiser. Le seul bémol est le côté encore expérimental de ces Ateliers dans leur forme. Mais l’idée est très bonne, et la rencontre avec Noémie Lvovsky fut un moment merveilleux. »
-
Héléna Klotz (France)
« Le temps fort fut la toute première master-class avec Jeanne Moreau. C’était vivant, frontal, sans chichi. Elle a vraiment donné le ton. En trois minutes, elle a décoincé tout le monde. À titre personnel, ces Ateliers m’ont permis de démythifier le fait de réaliser un premier long. On est très seul d’habitude, et la présence de tous ces intervenants et des sept autres résidents m’a donné beaucoup de confiance. J’ai énormément appris au contact des autres, et nos échanges m’ont même donné quelques idées pour mon scénario. Au final, on se dit que c’est un véritable privilège de pouvoir vivre cela ! »
-
Rebecca Zlotowski (France)
« Pour la première fois j’ai pensé à mon scénario comme à quelque chose de concret. Je sens enfin que le film va se faire, à condition que j’arrive à trouver des financements. En fait, je suis à un stade intermédiaire. Je n’ai plus les mains dans le script mais pour autant, je ne suis pas encore prête à tourner demain. Ça m’a donc fait du bien d’entendre des avis différents. La semaine a été dense ! Cerise sur le gâteau, Jeanne Moreau a accepté de tourner dans une scène de ma carte postale, ce film souvenir de notre semaine qu’on laisse ici avant de partir. Ça n’a pas de prix ! »
-
Peter Mackie Burns (Grande-Bretagne)
« Je m’apprête à tourner mon premier long-métrage en septembre. Rencontrer tous ces intervenants, ça m’a donné les dernières clés avant de me lancer. Le film Y aura-t-il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset est tombé à point nommé puisqu’elle tourne beaucoup en extérieur. Beaucoup de scènes de mon film sont aussi tournées dehors. Pour les techniques de cadrage, c’est idéal ! Je croise les doigts pour que tout se passe bien, parce que tourner un film pour la première fois, c’est comme quand on est vierge, on ne sait jamais comment ça va se passer ! »
-
Celia Galvan Julve (Espagne)
« Ce qui m’a le plus marquée cette semaine ? Tout ce que les réalisateurs ont échangé avec nous ! Je pense aussi au film de Sandrine Veysset, Y aura-t-il de la neige à Noël ? c’est intense et plein de vie. J’étais aussi à un moment où j’avais besoin de penser mon film comme un projet concret. Parce que quand on écrit, on utilise souvent des mots et des concepts vagues qui n’existent pas dans la réalité. Donc quand on parle avec des réalisateurs et des monteurs, tout de suite, ça recadre les choses ! C’est un privilège d’avoir partagé du temps avec Jeanne Moreau. »
-
Paul Saintillan (France)
« En tête à tête avec Jeanne Moreau, on discutait d’un des rôles de mon film. Je voyais bien Melvil Poupaud camper ce personnage et l’idée est aussi venue à Jeanne. Elle m’a donné le numéro de l’acteur pour que je lui envoie mon scénario. C’est surréaliste comme démarche. Ca ne se passe jamais comme ça d’habitude. La semaine dernière, quand elle nous a parlé d’Orson Welles, Luis Buñuel et François Truffaut, c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience qu’elle était très proche des gens du Panthéon du septième art. Nous transmettre son expérience de comédienne lui tenait vraiment à cœur. »
-
Germinal Rouaux (Suisse)
« Les résidents ont débarqué à Angers sans se connaître. On était dans le même bateau pendant une semaine, ce qui a instauré une certaine solidarité entre nous. On avait besoin d’être rassurés à ce stade.
J’ai repris confiance après les conseils des intervenants. Un de mes temps forts restera lié à ma rencontre avec Jacques Doillon. Il m’a conforté dans le fait qu’on peut réaliser un film en étant sincère, même dans un milieu où le poids du marché est fort. Malgré les pressions, il faut toujours garder confiance en son projet pour rester soi-même. »
Tags: cinéma, ouest-france
Pas de commentaire »

-
L’abbaye de Fontevraud met à l’honneur le réalisateur du “Tombeau des lucioles”, Isao Takahata, disciple d’un autre grand de l’animation, Paul Grimault.
ENTRETIEN
Isao Takahata, Cinéaste d’animation japonais
-
Paul Grimault, le réalisateur du Roi et l’oiseau, a eu une influence déterminante dans votre travail. Que représente-t-il pour vous ?
La première fois que je l’ai rencontré à Paris en 1981, il était tel que je me l’étais imaginé en regardant ses films, ouvert et chaleureux. C’est le premier réalisateur de films d’animations à avoir pris à bras-le-corps des questions de société. Au-delà de ses convictions, il a révolutionné la technique du cinéma d’animation. La qualité graphique de la La Bergère et le Ramoneur et du Roi et l’oiseau est époustouflante. Je pense aussi au Voleur de paratonnerre, où il a introduit un sens de la perspective inconnu jusque-là .
Et sa vision critique ?
Personne n’a jamais dépassés les métaphores de ses dessins animés. L’exemple des trappes dans lesquelles le roi fait tomber ses opposants dans Le Roi et l’oiseau est marquant.
C’est donc un immense honneur d’être exposé aux côtés de son maître…
Oh non, c’est très embarrassant ! Il y a un décalage entre son travail et le mien. Avec Miyasaki - le réalisateur de Kiki la petite sorcière et du Voyage de Chihiro, exposé lui aussi - on a eu la même réaction. On a accepté de participer à cette exposition pour avant tout de saluer le travail de Grimault.
Quel regard portez-vous sur les films d’animation contemporains ?
Certaines productions sont remarquables ! Les réalisateurs explorent aujourd’hui plus de domaines. Les Français se démarquent avec des films de grande qualité, comme les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet ou les œuvres de Michel Ocelot (Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar).
C’est insolite d’exposer des dessins animés dans une abbaye royale, le cadre vous inspire pour un prochain film ?
C’est magnifique mais je me tiens à ma ligne directrice : traiter uniquement de la réalité de mon pays, le Japon.
Â
Recueilli par
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 10 juillet 2008)
-
Fontevraud rend aussi hommage à Paul Grimault
Offrir les cimaises d’une abbaye royale au monde merveilleux du dessin animé, chapeau bas ! Cette rétrospective exceptionnelle retrace le parcours de Paul Grimault, pionnier du cinéma d’animation depuis les années 1930. Si tout le monde connaît son long métrage Le Roi et l’oiseau, c’est aussi l’occasion de pousser les portes de son atelier. Croquis, photos d’époques, planches de travail, matériel de montage et projection de ses œuvres sont autant de balises qui intéresseront enfants et adultes. Plus loin trônent les chefs-d’œuvre récents de ses disciples, Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles) et Miyazaki Hayao (Le Château ambulant). Hommage graphique pour décortiquer « l’inspiration du mouvement inventée par Grimault que les Japonais ne trouvaient pas chez Disney », note en clin d’œil Jean-Pierre Pagliano, le commissaire de l’exposition.
-
« Mondes et merveilles du dessin animé », à voir jusqu’au 16 novembre à l’Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire). Tél. 02 41 51 73 52 ou www.abbayedefontevraud.com
Tags: cinéma, ouest-france
Pas de commentaire »

-
La compagnie chilienne Gran Reynata s’est imposée hier soir sur le parvis du théâtre le Quai. Un show endiablé aux effets scéniques époustouflants !
Ça commence avec une salsa survoltée qui vous rappellera vos étés les plus chauds. Les Travolta sont une famille d’artistes où l’univers d’Hollywood est un métronome qui donne le rythme au foyer. Avec un père transcendé par son modèle, John Travolta, accompagné d’une mère qui imite Liza Minelli, leur quotidien est détonnant. Face à eux, une famille militaire et traditionnelle où le père autoritaire et psychorigide tient sa maison d’une main de fer. Entraînement physique et psychologique intensif, régime sec et discipline martiale : ses marmots doivent être les meilleurs pour ramener honneurs et médailles des champs de bataille.
Préparation crue annoncée par un « Vamos a comenzar el entrenamiento militar ». Ils nous avaient prévenus : c’est grandeur nature ! Vague de frémissement dans le public attendri quand ces apprentis soldats tombent le pantalon pour une fouille au corps musclée. Personne ne s’y attendait ! Quand la convocation pour combattre en Irak frappe à la porte de ces deux familles que rien ne réunit, c’est réjouissances chez les militaires et scène d’horreur chez au cabaret.
D’autres tableaux égrènent leur quotidien pas toujours folichon. On y retrouve pêle-mêle des accouchements, un infanticide, un anniversaire et un mariage qui se termine en une effusion de sang surréaliste.
Tout est rassemblé pour rappeler la saveur subtile d’une comédie musicale légère et parfaitement orchestrée.
Des comédiens effervescents qui jouent, jonglent, chantent et sautent à 100 à l’heure. Des costumes au service d’un burlesque qui alterne avec une tragi-comédie délurée.
Quand les effets pyrotechniques enflamment la scène, c’est l’apothéose. Loin d’être un obstacle, l’espagnol - majoritaire dans les dialogues - est un clin d’œil sucré qui nous entraîne dans les racines ensoleillées de cette compagnie chilienne. C’est drôle, c’est frais, c’est visuel et c’est un beau moment de spectacle de rue à partager pour entamer cet été. Foncez !
-
Les cauchemars de Toni Travolta, spectacle de Royal de Luxe, interprété par la compagnie Gran Reynata. Dernière représentation ce soir, à 19 h, sur le parvis du théâtre Le Quai, cale de la Savatte. Gratuit et en plein air.
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 9 juillet 2008)
Tags: ouest-france, théâtre
Pas de commentaire »

Festival. Demain, il sera trop tard ! La Rue du Milieu entraîne son public dans 3 spectacles déjantés, à Saint-Léger, Saint-Lambert et Saint-Clément, avant de baisser son rideau jusqu’à l’année prochaine.
Vous avez toujours rêvé de rencontrer des extraterrestres ? Rendez-vous donc à Saint-Léger-des-Bois, cet après-midi, pour serrer la main d’un drôle d’ambassadeur venu de Pluton. S’il a l’apparence d’un être humain fait de chair et d’os, Monsieur Jambou n’en demeure pas moins un alien dans l’âme. Et il compte bien vous apporter la preuve de ses frasques paranormales lors d’une conférence intergalactique. Si vous en doutez, taisez vos pensées, car ce drôle de compère schizophrénique et un peu louche pratique le « mentalisme ».
Il plonge dans les songes du public pour deviner leurs noms et leurs opinions. Et s’il déroule le fil de son one-man-show avec brio, Monsieur Jambou laisse aussi la part belle à certains objets mystérieux non-identifiés…
À quelques kilomètres de là , la compagnie Ultrabutane va faire souffler son Vent divin sur l’assistance de Saint-Lambert-la-Potherie. Une performance solo animée par un comédien cascadeur dans un spectacle corporel détonnant. Bande-son et bruitages sont assurés par la bouche et les effets spéciaux avec les bras et les jambes. Et les décors ? « Dans ta tête ! », prévient le comédien.
Ils seront plusieurs comédiens en revanche à battre la scène de Saint-Clément-de-la-Place. Mais prévoyez cadenas et autres fermetures de porte-monnaie renforcées car s’ils vous convient, c’est pour vous délester de vos sous. Ou plutôt pour vous raconter une fable contemporaine absurde mais bien réelle. Ces « trois jeunes cadres dynamiques » offrent un florilège de mimes, de danse et de théâtre corporel quasi muet pour dénoncer la cupidité de notre société. À vot’bon cœur, m’sieurs dames !
-
Début des spectacles à 15 h. Programmation en ligne sur le site internet www.laruedumilieu.org
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 6 juillet 2008)
Tags: festival, ouest-france
Pas de commentaire »

-
Pionnier du cinéma haute définition depuis les années 1990, le technicien belge Paul Englebert animait, hier, une rencontre des Ateliers d’Angers.
Qu’est-ce que la haute définition et comment cette technologie a-t-elle révolutionné le cinéma ?La HD, c’est la fin de l’analogique ! De la prise de vue jusqu’à la diffusion en salles, tout passe par informatique. En somme, le numérique c’est une série d’images numérotées qui se suivent et qu’on peut retoucher à volonté. La HD a trouvé son essor au début des années 2000. Et depuis, le travail en numérique a explosé ! Aujourd’hui en Europe, seulement 40 % des films sont réalisés en HD et peu de salles de cinéma sont équipées pour le projeter. Mais dans les prochaines années, le numérique va s’imposer comme la norme. Dans 5 ans, 8 000 salles européennes seront équipées. Quoi qu’on en dise, le cinéma a pris le tournant du numérique pour des raisons économiques.
Ces motifs économiques pèsent aujourd’hui dans le budget d’un film ?
Le numérique a démocratisé le cinéma. Pour des films à petits budgets - environ 150 000 € - les réalisateurs économisent 10 %, c’est énorme ! Pourquoi ? Parce que c’est un support bon marché qui permet un nombre de prises illimité, contrairement aux pellicules. C’est une économie qu’on retrouve aussi après le tournage. Fini le temps de la bobine 35 mm où il fallait isoler l’image, la scanner et la truquer avant de la réinsérer dans le film. Aujourd’hui, on travaille directement sur les images.
Quelles formations suivre pour travailler dans le cinéma numérique ?
Les écoles de cinéma ne peuvent pas s’offrir le matériel numérique le plus récent car il se renouvelle trop vite. L’idéal est d’en connaître le fonctionnement puis de se former en multipliant les stages.
Â
Recueilli par
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 5 juillet 2008)
Tags: cinéma, ouest-france
Pas de commentaire »

-
Sur les rails depuis dix ans, le festival de La Rue du Milieu n’en finit pas d’attirer les foules. En fédérant cinq villages, les habitants apprennent à se connaître.
Dix ans que ça dure ! A ses débuts, La Rue du Milieu avait élu domicile à Saint-Clément-de-la-Place, au nord-ouest d’Angers. Une rencontre annuelle née de la volonté de plusieurs passionnés pour redynamiser cette petite bourgade. Le festival a ensuite exporté quelques spectacles dans les communes alentours. Succès immédiat ! Alors, pour cette édition 2008, la manifestation a passé le mur du son en associant cinq villages où le public a rendez-vous avec 25 spectacles jusqu’à dimanche.
La programmation artistique de qualité - théâtre, danse, chant, cirque - n’est pas la seule recette du succès. La Rue du Milieu, c’est aussi une épopée humaine fascinante. « Les arts de la rue offrent beaucoup de choix, le festival est gratuit et se déroule à la porte des villageois. Quand on sait que chaque année, seulement 20 % des gens poussent la porte d’une salle de spectacle, c’est une barrière symbolique qui tombe ! », se réjouit Pierre Boisson, coordinateur de l’événement. Et chacun peut prêter main-forte en gérant l’accueil ou la technique par exemple. « Les habitants s’approprient le projet et dépassent le stade de consommateur de spectacles », ajoute le seul salarié de l’association.
-
Le covoiturage pour aller voir les spectacles
-
À Saint-Augustin-des-Bois, qui accueillait mercredi soir L’oiseau bleu, son premier spectacle, Christian Baron, le maire, ne cache pas sa joie. « 150 spectateurs ont répondu présent, vous imaginez, c’est formidable pour un petit bourg de 1 000 habitants ! ». Il suffisait de jeter un œil à la façade de la mairie pour prolonger une féerie qui dépasse l’antre de la scène. Le bâtiment était habillé d’une tenture rouge.
Et chaque village a choisi sa couleur. « Un bon moyen pour faire jouer l’intercommunalité et unifier chaque village après les élections municipales », ajoute Christian Baron. « On a besoin de cette adhésion populaire et de personnes qui s’investissent », confirme Michel Bourcier, maire du Louroux-Béconnais. « Et quelle bonne humeur ! Ça fait plaisir en ces temps de morosité ! », renchérit son homologue de Saint-Clément-de-la-Place.
Le covoiturage est un autre élément moteur. Chaque soir, les voitures s’organisent pour convoyer les spectateurs vers la scène de leur choix. Une belle démonstration de partage pour dépanner ceux qui, sans quoi, ne pourraient pas profiter de toute la richesse de la programmation. Malgré cette façade idyllique, les festivités ne sont pas assurées l’année prochaine. Faute de trouver davantage de partenaires financiers, le festival pourrait rester sur la touche.
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 4 juillet 2008)
Tags: festival, ouest-france
Pas de commentaire »
|