Archives pour la catégorie “Info locale”

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Hier matin, des supporters s’étaient donné rendez-vous au club nautique pour suivre les exploits du médaillé de bronze en aviron. Inoubliable !
Le coup d’envoi de la finale approche. Plus que quelques minutes avant les premiers coups de rames dans le bassin olympique de Shunyi, à Pékin. « On est tendu ! » Nicolas Derouet est comme un lion en cage. Un boxeur prêt à bondir sur le ring dès le premier coup de cloche. Autour de l’entraîneur, les supporters de Julien Bahain se sont massés dans la petite salle du club d’aviron d’Angers. Ils portent tous le même tee-shirt blanc à l’effigie de leur héros.
Quatre ans de préparation
« On a commencé à sentir la pression vendredi avant les demi-finales. Même pendant les séries, Julien était serein parce qu’il avait confiance », lance Virginie. Gagnera, gagnera pas une médaille ? « C’est sûr qu’on l’attend ! Mais c’est déjà tellement bien d’arriver en finale ! » Nerveux, l’entraîneur confirme : « Depuis les demi-finales, on sent que tout peut arriver. Mes dernières nuits ont été agitées. Julien se prépare depuis quatre ans pour les Jeux. Pour marquer le coup, on a fait imprimer 300 T-shirts et on a installé l’écran géant au club. Il est super content qu’on soit là , il dit que c’est cool ! »
Prochaine étape :
les JO de Londres en 2012
Laura, la sœur de Julien Bahain, est aussi dans la salle. « Je suis stressée pour lui ! » L’entraîneur l’interrompt : « C’est parti ! » Il est 10 h 48. Silence monastique dans la salle. On monte le son. Les images des six bateaux alignés apparaissent à l’écran. Le bateau des Français est dans le premier couloir. Le public angevin respire au rythme des coups de rames des quatre jeunes hommes. « Ca part bien ! », observe l’entraîneur qui, aussitôt, se ravise. « Oh la la ! Un peu loin à mi-parcours mais ça remonte ! » Les applaudissements saccadent ses commentaires. « Allez, allez ! Ça part, ça part ! » Le bateau des Bleus est au coude-à -coude avec celui des Italiens. Plus que 500 mètres, rien n’est joué.
L’ambiance est électrique. « Allez Julien ! », hurle les supporters avant d’applaudir. Encore quelques mètres à avaler. Les visages se ferment. Certains prennent leur tête dans leurs mains. D’autres retiennent leur respiration. L’instant est grave. Tout se joue maintenant.
La ligne approche, tout le monde se lève. Coup de théâtre : une micro-coupure de deux secondes gèle l’image. L’assistance tressaille, foudroyée par une onde de choc. La retransmission reprend et c’est la délivrance ! « On l’a fait ! » Le bateau des Bleus franchit la ligne d’arrivée, juste derrière les Polonais et les Italiens. Les Français remportent le bronze. Julien Bahain entre au Panthéon des médaillés olympiques.
Ses amis exultent, applaudissent et hurlent. Des larmes coulent. L’entraîneur explose : « C’est énorme ! » Il s’éclipse dans l’arrière-salle et revient avec une bouteille de pétillant à la main. Le bouchon vole. Le pouce sur le goulot, il asperge cette grande famille de l’aviron. La sœur du jeune médaillé de 22 ans n’en revient pas. « Je suis hypercontente, c’est génial qu’il soit arrivé là après tous les sacrifices qu’il a faits ! Mes parents ont rejoint Julien en Chine, j’imagine ma mère en train de crier partout : « C’est mon fils ! » »
La jeune fille lève les yeux. Remporter une victoire, elle sait ce que cela représente. Elle aussi pratique l’aviron au niveau international. « Dès qu’il revient, je le prends dans mes bras et je lui dis que dans quatre ans, on part ensemble aux Jeux de Londres ! »
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Des amis de Julien Bahain, des licenciés du club nautique, des proches et l’équipe sportive. Si les supporters étaient présents, hier matin, pour encourager le jeune Angevin dans la finale de l’épreuve du quatre de couple messieurs, les officiels, eux, n’ont pas donné signe de vie. Malgré les félicitations adressées au club après l’exploit, l’assistance ne comptait aucun élu municipal ou du Conseil général.
L’aviron est moins populaire que le football. Est-ce pour cette raison que les politiques n’y ont pas prêté davantage attention ? « Les e-mails et les coups de téléphone que je leur ai passés après la demi-finale sont restés sans réponse », déplore Benjamin, qui s’est occupé de la communication locale autour de l’épreuve olympique. « Ça aurait pu être une vitrine énorme pour la ville, poursuit Monique, une membre du club. Julien va être déçu. »
Un manque de représentation politique mais aussi de communication autour de l’événement. « On a demandé une grande banderole à la ville pour l’afficher sur la façade du club et aussi quelques T-shirts pour marquer le coup, mais on nous a répondu que ce n’était pas prévu dans le budget et que ça coûtait trop cher », explique Nicolas Derouet, l’entraîneur. « Du coup, c’est le comité départemental qui a financé les T-shirts. On n’oublie pas qu’on reçoit des subventions des collectivités locales, mais c’est quand même les JO ! Julien aurait pu changer de région pour rejoindre un club mieux doté, mais il a choisi de porter les couleurs de l’Anjou. »
« C’est sûr, au retour de Julien, les élus voudront être à ses côtés sur les photos. Mais on ne manquera pas de leur rappeler que le jour de la finale, on s’est senti un peu seuls », lâche cette autre licenciée du club, amère.
P.G.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Trélazé. Son musée, ses moulins, ses chevalements d’acier et ses mines… Bienvenue dans un pays où la reine ardoise est devenue la muse de la ville.
Musée de l’ardoise. Il est 17 h. Arlette Avrillon sonne le rassemblement des troupes. Les 45 visiteurs resserrent les rangs. La présidente du musée de l’ardoise se lance et pointe du doigt le centre Hervé-Bazin qui fait face. « Ce bâtiment a été construit en 1 820. C’était une manufacture d’allumettes construite pour donner du travail aux femmes des ardoisiers. » La couleur est donnée, on part donc sur les traces de l’ardoise, cet or bleu nuit qui a modelé la ville. « On prend les voitures pour continuer la visite parce ce qu’à pied, c’est un peu long. » On s’organise. « J’ai encore deux places, vous avez trouvé un chauffeur ? », lance cette conductrice.
Pas étonnant qu’on ait besoin de la voiture. En jetant un coup d’œil à la carte de Trélazé, on découvre une ville tout en longueur qui s’étale sur 5 km d’est en ouest. Un hasard ? Non, une nécessité pratique : la quatrième ville de Maine-et-Loire a été construite autour de la veine de schiste ardoisier qui traverse le département.
Mairie. De chaque côté de la porte de l’hôtel de ville, deux gravures rendent hommage à l’histoire du bourg. « A gauche, ce sont les outils de travail du jour de l’ardoisier : cordes, pics, marteaux, poulies… Et à droite, c’est plus surprenant, ce sont les activités hors ardoises. » Fourches, paniers, chapeaux. « Environ 60 % de la population pratiquait aussi l’agriculture. »
Grand Maison, ancien site des Ardoisières de l’Anjou. Si la mine a fermé en 1983, le chevalement d’acier rappelle les heures glorieuses de l’extraction de la pierre. La porte blanche coulisse. On rentre. « Le chevalement avait deux fonctions : descendre les mineurs qui travaillaient sous terre et remonter le schiste qu’ils extrayaient. » Les nacelles descendaient jusqu’à 500 mètres.
L’endroit est resté en l’état. Comme si le temps avait figé les lieux. La rouille ronge la ferraille mais les filins reliés aux machineries d’extérieur pendent toujours.
L’ardoise a joué sur la démographie de Trélazé. « Dans les années 1 850, beaucoup de Bretons ont immigré car on avait besoin de personnel. Ils ont même amené leur curé. » Sur l’histoire des femmes, aussi. « Quand la première guerre mondiale mobilise les hommes, les femmes arrivent à la mine. Si elles ne descendaient pas au fond, elles ouvraient l’ardoise sur des machines en bois dans les ateliers. » Aujourd’hui, il ne reste que 230 employés aux Ardoisières, le deuxième employeur de la ville, dont une soixantaine de mineurs de fond.
Tour du Poirier, Parc du Vissoire. La toiture conique abrite ce qui aurait pu être la maison des Shadoks : un moulin d’exhaure qui pompait l’eau infiltrée dans les mines. Un bâtiment unique en Europe restauré à neuf en 2000.
Retour au musée de l’ardoise, face à une carrière à ciel ouvert aujourd’hui inondée. « Quand les hommes ont commencé à descendre dans les fonds, ils se sont battus pour obtenir le statut de mineur qui leur donnait notamment le logement et le chauffage. Ils l’ont toujours. » Une manière de réaliser que l’aventure de l’ardoise a aussi été synonyme d’avancées sociales.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Saumur. L’Ecole nationale d’équitation forme l’élite de la cavalerie française. Mais pas seulement. Visite guidée d’un centre aux 16 carrières olympiques.
Excellence et discipline. Deux mots pour résumer l’École nationale d’équitation. « 300 hectares, 200 personnes dont 43 écuyers, 400 chevaux en box individuel, 4 grandes écuries, une clinique vétérinaire moderne… » N’en jetez plus. C’est la grande classe. Le petit groupe s’éloigne de la boutique, point de départ de la visite. Direction la carrière à quelques mètres de là .
Le temps s’arrête. La guide remonte l’horloge du Cadre Noir. Retour sur le début de l’aventure. « Au lendemain des guerres napoléoniennes, la cavalerie est décimée. Louis XVIII demande alors à des écuyers civils de Versailles, des Tuileries et de Saint-Germain de former des militaires. »
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Persival : un cheval électronique
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Si le Cadre Noir doit sa naissance à ces grands écuyers, il leur doit aussi son nom. Du bleu clair d’origine, les uniformes des formateurs ont dévié vers le bleu foncé pour adopter le noir après quelques décades. Cadre pour l’encadrement et noir pour l’uniforme. « C’est aussi simple que ça », résume la guide. Effectivement.
Au fil du temps, les missions du centre ont changé. Le Cadre Noir militaire est devenu l’École nationale d’équitation en 1972 et confiée au ministère des sports. L’évolution n’a pas failli à la tradition et le ministère de la défense continue d’inclure 7 écuyers militaires.
Si la mission du Cadre Noir est avant tout de former des instructeurs de haut vol, l’école remet aussi à niveau des professionnels déjà dans le secteur. Elle oeuvre aussi dans la recherche grâce à Persival, un drôle de cheval électronique bourré de capteurs. Les avions ont leurs simulateurs de vol, les chevaux ont Persival. De quoi s’entraîner sans passer la bride à l’animal et… limiter les dépenses.
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Le plus grand manège couvert d’Europe
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« Les chevaux arrivent ici à l’âge de trois ans et suivent quatre ans de prédressage. Ensuite, ils sont ventilés par écurie : prestige, pour les galas, dressage, concours complet ou saut d’obstacle », poursuit la guide en entrant dans le grand manège couvert. Le plus grand d’Europe, d’ailleurs. Les manèges olympiques font pâle figure face aux dimensions du géant du Cadre Noir : 60 m de longueur et 20 de largueur pour l’olympique, 84 m par 35 à Saumur.
En sortant des gradins, la guide pointe une série de photos. Un cliché en noir et blanc du XIXe siècle où des cavaliers sont alignés. Ou presque. « Regardez la forme de leurs chapeaux, elle est différente et pourtant les chapeaux sont les mêmes. Ce sont des lampions, des chapeaux un peu allongés qui permettent au formateur de vérifier si l’alignement est symétrique. » Voilà pour l’héritage militaire. Histoire de rester dans l’esprit de la devise du Cadre Noir : « En avant, calme, droit et léger. »
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 16 août 2008)
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Angers. Foulques Nerra a donné son premier souffle au quartier. D’abord à vocation religieuse, la rive droite s’est métamorphosée. Voyage dans le temps.
La vue est imprenable ! C’est sur le toit du théâtre du Quai que la visite commence. Ce jeudi, une quinzaine de visiteurs ont bravé le vent pour découvrir le quartier de la Doutre. Avant d’entrer dans le vif du sujet, un résumé historique s’impose. « L’installation primitive s’est réalisée rive gauche, face à nous, de l’autre côté de la Maine, explique Jacqueline, la guide. Entre la cathédrale et le château, vous apercevez le coeur médiéval de la ville, la cité. »
Au Moyen Âge, la Doutre (« d’outre-Maine ») n’est qu’une zone marécageuse peu habitée. C’est Foulques Nerra, comte d’Anjou, qui lui donne son premier souffle au début du XIe siècle. De retour de son troisième pèlerinage à Jérusalem, où le seigneur sanguinaire se rend régulièrement pour se faire pardonner ses atrocités, il fonde l’abbaye Saint-Nicolas. Vingt ans plus tard, il érige l’abbatiale du Ronceray pour y installer l’ordre des bénédictines.
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46 constructions à pans de bois dans la ville
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« Le faucon noir » - tel qu’on le surnomme - utilise les voies de communication construites par les Romains pour structurer le quartier de la Doutre et construit le premier pont qui le relie à la cité. L’actuelle rue Beaurepaire, le « Decumanus Maximus » comme l’ont baptisé les Romains, se divisait en deux artères. L’une partait vers Nantes (l’actuelle rue Saint-Nicolas), l’autre vers la Normandie (la rue Lionnaise). Deux populations cohabitent dans le quartier, l’une artisane et ouvrière, l’autre aristocrate.
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Un lieu sombre et dangereux
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La visite se poursuit quai de la Savatte - qui n’était qu’une île jusqu’à la fin du XIXe siècle - direction rue Beaurepaire. Au numéro 59, un « australian bar » s’est installé dans la plus vieille maison d’Angers. Elle fait partie des 46 constructions à pans de bois encore visibles dans la ville.
En face, la tour-clocher de l’abbatiale du Ronceray, à l’origine du quartier, est en travaux. « La lumière et les perspectives sont extraordinaires, note la guide, il n’y en a que deux de ce type en France. » L’édifice a pourtant changé depuis sa construction, sous l’impulsion des religieuses qui l’habitaient. « Au XIe siècle, dérangées par les pèlerinages de la fête-dieu, elles clôturent une partie du bâtiment et relèvent le niveau du sol. »
Au XVIIe siècle, Louis XIV prive Angers d’une partie de ses avantages pour punir les Angevins de leur insolence lors de la Fronde. Si la ville s’endort, la vie religieuse est toujours très vive dans la Doutre, où s’installent 13 nouvelles communautés. Deux siècles plus tard, alors que l’urbanisation gagne la rive gauche, la Doutre reste un lieu sombre et dangereux.
Depuis, la tendance s’est inversée. « Aujourd’hui, c’est du dernier chic d’habiter la Doutre ! », plaisante la guide. En 1990, le projet d’un architecte parisien est retenu.
L’objectif est d’urbaniser 9 hectares du quartier Balzac, en plus de l’aménagement des jardins du même nom. Aujourd’hui, la mission est accomplie. La Doutre est le quartier le plus cher, après l’hyper-centre d’Angers : le prix au mètre carré flirte avec « les 2 200 € pour de l’ancien ». Parole d’agent immobilier.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 14 août 2008)
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En détention provisoire depuis un an, la cour d’appel d’Angers a rejeté hier la demande de libération d’un Sarthois mis en examen pour viols sur mineur.
La jeune fille avait porté plainte en juillet 2007 contre son beau-père. Les faits se seraient déroulés entre 2001 et 2005 dans le nord-Sarthe. Dans sa déposition, Anne (1) accuse l’homme de lui avoir imposé son premier rapport sexuel à l’âge de 12 ans. Ces rapports deviennent de plus en plus fréquents et le beau-père se serait servi de sa qualité d’ancien militaire de carrière pour lui faire du chantage. « Selon la déclaration d’Anne, vous l’auriez menacée de mettre à profit vos prétendues accointances pour la faire enlever par les services secrets », lance la présidente de la cour d’appel d’Angers. Le stratagème aurait évolué pour devenir un échange de « services ». « Un odieux marché s’est ensuite mis en place, poursuit la magistrate, une cigarette contre une fellation, une pénétration contre un trajet en voiture, une sodomie contre une sortie en discothèque. » Il aurait également pris des « photos suggestives » de sa belle-fille, stockées sur son ordinateur. Après examen du disque dur, l’expert a confirmé avoir retrouvé des traces de ces clichés, ainsi qu’une « multitude de photos à caractère pédo-pornographique », selon l’avocat général.
L’homme, présumé innocent, a été mis en examen début août 2007 pour viol sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité et corruption de mineur. « Je veux que tout soit éclairé pour démontrer que je n’ai rien fait. J’ai les huissiers et les impôts sur le dos, il faut que je reprenne une activité professionnelle », a-t-il déclaré aux magistrats. S’il reconnaît avoir parlé de sexe avec sa belle-fille et avoir pris des photos « à sa demande », il nie l’avoir violée.
Placé en détention provisoire début août 2007, la cour d’appel a rejeté sa demande de remise en liberté. L’affaire, toujours en cours d’instruction, sera jugée ultérieurement.
(1) le prénom a été changé
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 13 août 2008)
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Le tribunal de Saumur avait condamné deux garçons à de la prison ferme. Hier, la cour d’appel d’Angers a relaxé le premier et a infligé une peine plancher au second.
C’était le 19 juin dernier dans la campagne saumuroise. Ce soir-là , Sylvie C. entend du bruit en provenance des deux caravanes installées sur son terrain pour héberger les convives du mariage de sa fille. Trois personnes prennent la fuite en voiture. Elle prend elle aussi le volant pour les courser. Sans succès. Elle s’aperçoit alors que les serrures des caravanes ont été forcées. Mais rien n’est volé.
Devant le tribunal de Saumur, Pierre et Louis, ont été condamnés respectivement à 24 mois et 18 mois de prison ferme. Les deux cousins, membres de la communauté des gens du voyage, ont fait appel de cette décision. Hier, face à la cour d’appel d’Angers, Pierre - surnommé « Loupette » - déclare qu’il a passé cette soirée chez sa grand-mère avant de rejoindre sa petite amie.
De son côté, Louis - dit Bruce Lee - affirme avoir suivi une réunion évangélique, le soir des faits, et s’être couché tôt. « C’est sûr, votre emploi du temps était angélique. Vous avez passé la soirée à parler de valeurs, de bien et de mal, avant de vous coucher sagement à 21 h 30 », ironise une magistrate.
Le hic dans cette histoire est que les deux cousins accusent deux membres de leur famille, qui ont reconnu les faits. « Vous connaissez bien les ficelles de la justice des mineurs pour minorer les peines, donc vous en accusez d’autres », lance l’avocat général en pointant du doigt les deux garçons de 18 ans. « Ils ont déjà été jugés pour des faits similaires, les peines plancher doivent s’appliquer : 3 ans de détention pour Pierre et 2 ans pour Louis », poursuit le parquet à l’attention de la cour.
L’avocat de Pierre hausse le ton. « Le vendeur de la Renault-Super 5 (retrouvée sur le terrain des gens du voyage de Longué-Jumelles) avec laquelle ils ont pris la fuite affirme avoir reconnu Pierre sur les photos que les gendarmes lui ont présentées. Mais sur ce cliché, Pierre avait 14 ans ! Il l’a confondu avec son frère mineur ! »
La cour d’appel a retenu cette thèse en relaxant Pierre. Les magistrats ont en revanche suivi les réquisitions de l’avocat général en condamnant Louis à une peine plancher. Le jeune homme écope de 24 mois de prison avec maintien en détention.
Parmi l’assistance bruyante, alors que certaines familles laissent échapper des cris de joie, d’autres sortent en pleurs.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 13 août 2008)
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Déjà condamné pour violences conjugales en 2003, un homme avait roué de coups son épouse à la mi-juillet après l’avoir frappée avec un halogène. Le mari violent écope de six mois de prison ferme.
Elle est assise à l’extrémité de la première rangée de la salle d’audience.
Discrète, Madame M. ne lève pas les yeux quand le président du tribunal correctionnel lit le contenu de sa plainte. « Vous aviez bu tous les deux. Après un repas très arrosé chez le beau-frère, votre mari sort avec lui. Vers 3 h du matin, il vous réveille et vous demande votre portable pour vérifier les appels passés. Il est très jaloux. Vous refusez et c’est alors qu’il saisit la lampe halogène et vous frappe derrière la tête. Il continue en portant des coups de pied et de poing. Après avoir appelé un taxi, vous descendez dans la rue pour fuir. Monsieur M. vous suit et vous frappe à nouveau. » Le calvaire prend fin à l’arrivée de la police.
Depuis cette nuit du 6 juillet, l’époux violent a été placé en détention provisoire. Le certificat médical fait état de treize lésions.
Plusieurs tuméfactions et hématomes, dont certains, sur les avant-bras, dépassent huit centimètres. Selon l’expert, les zones frappées correspondent à la posture de « quelqu’un qui veut éviter les coups. » Une incapacité de travail de cinq jours confirme la violence de la scène.
Le mari, lui, relate les événements à sa manière. « Elle avait bu deux bouteilles de whisky et moi seulement de la bière. Quand je suis rentré, son portable a sonné puis elle est sortie, alors je l’ai suivie. Ça l’a énervé et elle m’a frappé. Je voulais qu’elle revienne à la maison pour s’occuper des enfants : elle n’avait rien prévu à manger et il n’y avait plus de couches. Alors j’ai répondu. Mais c’est elle qui m’a poussé à en arriver là ! Elle s’est fait ces marques en tombant sur le goudron. » Assis à la droite du président, l’assesseur ironise. « Vous dites qu’elle ne s’occupait pas des enfants ? Mais sortir avec le beau-frère, c’est s’occuper de ses enfants ? »
L’avocat de l’homme de 40 ans, sans-emploi depuis septembre 2007, met en avant la bonne volonté de son client. « Quinze jours avant les faits, il avait conscience de son problème avec l’alcool. Il avait engagé des démarches pour s’en sortir. »
Le président du tribunal affiche une moue sceptique.
Après un court délibéré, le tribunal a condamné l’époux violent à un an de prison, dont six mois avec sursis, 600 € de dommages et intérêts et le soumet à deux ans de mise à l’épreuve avec l’obligation de se soigner et de chercher une formation professionnelle.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 12 août 2008)
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Ce n’était pas vraiment une surprise, et pourtant. Colette et Jean-Marie ont fêté leurs noces d’or à Saumur, au milieu de 13 000 cyclistes. Inoubliable.
Assis autour de quatre tables de camping mises bout à bout, les douze amis lèvent leurs coupes de champagne. « À la santé des jeunes mariés », lancent-ils en choeur. Nichée entre les caravanes, à l’emplacement n° 3181 du camping fédéral du Breil, à quelques kilomètres du centre-ville de Saumur (Maine-et-Loire), la joyeuse tablée se remémore un événement unique. « Dimanche dernier, c’était l’inauguration de la semaine fédérale du cyclotourisme. Il pleuvait et je n’avais pas envie d’y aller, raconte Colette Lesuisse. Mais mon amie Ginette est venue me chercher pour me dire que je n’avais pas le choix. Elle m’aurait emmené en brouette s’il avait fallu ! »
En arrivant à la cérémonie, qui donne le coup d’envoi de ce grand rendez-vous annuel de 13 000 mordus du vélo, l’ancienne institutrice de 72 ans n’en croit pas ses yeux. « Des gens costumés nous ont fait monter sur l’estrade. On a été intronisés chevaliers et ils nous ont donné médailles et diplômes. » Face aux 5 000 touristes réunis ce soir-là , Colette et son époux Jean-Marie sont émus. Ils savent pourtant ce qui leur vaut cet honneur exceptionnel : leurs noces de d’or.
« Ça fait 17 ans qu’on participe à la semaine fédérale. On y fête toujours notre anniversaire de mariage qui tombe le 4 août. Et cette année, ce sont nos 50 ans, vous vous rendez compte ? », s’exclame Colette avant de reprendre un toast. Leurs amis, « les compères », sont dans la confidence depuis mars. « Je lui avais préparé une robe de mariée avec des rideaux en caoutchouc », lâche Maryvonne.
Le lendemain, la « vraie date de l’anniversaire », les Lesuisse et leur flopée d’amis ont pris un « vrai repas de mariage » pour « festoyer jusqu’au soir. » Le couple venu de Villiers-en-Lieu, près de Saint-Dizier, dans la Haute-Marne, était aux anges. Outre le jambon roulé à la crème fraîche, les rillons et les pistaches, une dizaine de bouteilles trônent sur la table. « On a ramené deux caisses de champagne de notre région », confie Roland, sans oublier son « petit vin fait maison, à la groseille et à la rhubarbe. »
Le terroir, pour les Champenois, c’est toute une tradition. Aujourd’hui, pour le défilé costumé de clôture de la semaine fédérale, ils défileront avec des grappes de raisin fixées à leurs vélos. Sans oublier le folklore musical local. « On passe la même cassette chaque année, écoutez donc », lance Colette en posant le magnéto gris sur la table. La bobine tourne. « J’aime le ra…, j’aime le ra…, j’aime le ratafia ! ». Le ratafia, un breuvage à base de champagne, évidemment.
Cette semaine en or était placée sous le signe de la chance. « Même les policiers sont sympas ici ! Hier, en regagnant la voiture après un tour en calèche dans Saumur, ils nous ont signalé qu’on était mal garés, mais ils n’ont rien dit. », sourit Colette. Normal, les amoureux étaient stationnés place de la Fidélité.
Un signe ? Sans aucun doute.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 10 août 2008)
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Déjà condamné, l’ancien grand bandit utilisait des faux-billets dans des pharmacies. Hier, le tribunal correctionnel d’Angers l’a condamné à un an de prison.
Le président du tribunal jette un oeil au casier judiciaire du prévenu et se tourne vers lui. « C’est impressionnant. Allez-vous vous ranger un jour définitivement ? » Le magistrat énumère les condamnations. « Vol avec port d’armes, association de malfaiteurs, violence à magistrats avec intention de donner la mort, escroqueries, vols qualifiés, émission de chèques sans provisions… » Claude Dumas ne tique pas. Propre sur lui, rasé de près et cheveux blancs plaqués en arrière, le prévenu de 73 ans porte une chemise bleu clair avec élégance. « Je reconnais tout », répond-il sobrement au tribunal.
S’est-il repenti pour autant ? Pas vraiment. Interpellé le 26 septembre 2007 à Cholet, cet homme établi à Besançon écoulait des faux-billets. En août et septembre 2007, il a utilisé plusieurs fausses coupures de 50 € dans des pharmacies. Deux billets dans des officines du Massif Central, un à Cholet et deux à Saumur. Si l’origine des billets reste inconnue, le prévenu reconnaît les avoir « achetés à moitié prix à un ami dans la région parisienne. »
« Cinq billets ! Ce n’est pas l’affaire du siècle, argue le président, vous bénéficiez d’une liberté conditionnelle et là , vous rechutez ! » Car outre une peine de prison à perpétuité prononcée en 1971, cette ancienne figure du grand banditisme a déjà été condamnée à un cumul de 92 années de détention. Il en a passé 37 derrière les barreaux avant de bénéficier d’une liberté conditionnelle en 2003.
« C’est le geste stupide et imbécile d’une personne perdue qui n’est pas consciente de la réalité, plaide son avocate, Me Cécile Bonneman. Claude Dumas a perdu ses repères et n’a pas su faire face à ses problèmes de gestion financière, alors même qu’il avait accumulé 5 000 € en travaillant en prison. En raison de sa condition physique et de son éloquence, il fait penser au truand d’antan, mais c’est un vieillard qui perd la tête et qui a des trous de mémoire. Il n’avait pas commis d’effraction depuis 1991. Je vous demande une grande clémence pour ne pas réduire à néant le chemin parcouru. »
Le tribunal n’a pas entendu l’appel de l’avocat et a condamné le vieil homme à 12 mois de prison ferme.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 8 août 2008)
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