JusticeUn Choletais récidiviste a été condamné à trois ans ferme. Sur fond d’inceste et de pédophilie, la peine est plus lourde que les réquisitions.

Julien (prénom d’emprunt) était sorti de son silence le 11 juin dernier. L’enfant, 5 ans au moment des faits, déclare à sa mère que son père, aujourd’hui âgé de 33 ans, avait sexuellement abusé de lui. C’était en 2007 avant une sortie à la piscine. Immédiatement, la mère porte plainte et demande le divorce.

Mais l’enquête judiciaire fait émerger une autre affaire située entre 2002 et 2004. Virginie (prénom d’emprunt), la belle-fille de l’agresseur, qui n’a pas 8 ans à l’époque, l’accuse de l’avoir « embrassée de force avant de la plaquer à terre pour la caresser ».

« Qu’est-ce qui vous a pris ?, demande le président du tribunal. Vous aviez conscience de l’âge des enfants ? » À la barre, le prévenu, un Choletais, baisse les yeux. « C’est après que je me suis rendu compte que c’était des enfants ; dans ma tête, je pensais que c’était des adultes. J’assume mes erreurs », lâche l’homme, reconnu invalide à 80 %.

Le tribunal dépeint une situation familiale tendue, qui avait conduit à placer les enfants en foyer bien avant les faits. « Ce problème d’inceste durait déjà depuis longtemps, explique l’avocate des enfants. Avant d’avoir été agressée par son beau-père, Virginie avait été abusée par ses deux frères. »

Le procureur laisse entendre que les faits jugés ne pourraient être que la partie émergée de l’iceberg et requiert trois ans de prison. « Cet homme a des tendances pédophiles et des traits de perversité. Il a déjà été condamné en 2003 pour des faits similaires », assène-t-il. La marge de manoeuvre de son avocate est faible. « C’est un homme frustre et immature, qui a lui-même été victime d’agressions sexuelles dans son enfance. »

Fait rare, le tribunal dépasse les réquisitions du ministère public en condamnant l’agresseur à cinq ans de prison dont deux avec sursis. Outre le versement de dommages et intérêts aux victimes, il est astreint à une obligation de soins et sera inscrit au fichier national des délinquants sexuels.

 

Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 26 août 2008)

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