
Les députés ont repris hier le chemin de l’Assemblée nationale. Ils se penchent aujourd’hui sur un assouplissement de la Journée de solidarité. Avec la possibilité d’une organisation à la carte pour les entreprises et le rétablissement du lundi de Pentecôte chômé.
La canicule de l’été 2003 avait mis en lumière le manque de moyens consacrés aux personnes âgées. Après cette chaleur extrême qui avait causé la mort de 15 000 d’entre elles, le gouvernement Raffarin avait institué en 2004 la Journée de solidarité pour financer des actions en leur faveur ainsi qu’envers les handicapés.
Le principe ? L’employé travaille une journée sans être payé et son employeur reverse à l’Etat l’équivalent du salaire non touché. C’est le lundi de Pentecôte, jusqu’alors chômé, qui avait été choisi pour cette journée à défaut d’une organisation propre à chaque entreprise.
Chaque société allant de sa décision, la situation était devenue ingérable. Impossible pour certains parents de faire garder leurs enfants un lundi de Pentecôte car la crèche était fermée, peu ou pas de transports en commun ou fermeture de certains services publics. Une vraie pagaille !
Le gouvernement sort donc de ses tiroirs un projet d’aménagement du texte. Pas question toutefois de mettre en question l’intérêt d’une opération qui a fait ses preuves. Elle rapporte en effet près de deux milliards d’euros. Il s’agit en revanche d’en assouplir l’application.
Les députés examinent à partir d’aujourd’hui une proposition de loi, déposée par le député Jean Leonetti (UMP), qui vise simplifier le dispositif. Le texte prévoit de « donner une entière liberté aux partenaires sociaux » afin « de fixer les modalités d’accomplissement les plus adaptées aux besoins de l’entreprise ». Ces sept heures non payées pourraient par exemple s’étaler sur plusieurs jours dans l’année. Exit donc le bloc fixe de la journée de Pentecôte à l’origine de la discorde.
La proposition devrait recueillir le plein soutien du gouvernement. Mais dans les rangs de la gauche, elle ne fait pas l’unanimité. Le PS, regonflé par son succès aux élections municipales, a annoncé qu’il votera contre ce texte. Cette « journée Raffarin » revient à « travailler plus pour gagner moins », a dénoncé la députée Michèle Delaunay, en charge du texte au PS.
Tags: journée de solidarité, Politique






Bulletins (RSS)