Posts Tagged “ouest-france”

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« Je m’en souviendrai toujours. C’était l’hiver 2006. En rentrant du sport ce soir-là , ma mère m’a dit de prendre mes affaires et de partir de la maison. Tout ça à cause d’une histoire d’argent où je n’y suis pour rien. Du jour au lendemain, c’était l’incompréhension. J’ai passé 15 jours dans la rue à Montreuil-Juigné, à côté de chez moi, il faisait très froid. Je ne connaissais pas encore le 115 à cette époque.
Puis je suis arrivée au foyer des Petites-Maisons pour ne pas devenir une charge pour ma meilleure amie qui m’hébergeait. J’avais l’impression d’être face à un mur. Je ne voulais parler à personne, j’avais peur de plonger avec les autres qui étaient ici. Peur des échecs et du regard des autres. Avec le recul je réalise que je dois beaucoup aux éducateurs et aux autres résidents. Certains ont été comme une seconde famille pour moi. Quand on est sans nouvelles de ses proches pendant deux ans, ça fait du bien.
Mon aventure a fait naître le goût des autres. Je commence à être connue ici. Quand les demandeurs d’asile viennent me voir plutôt que les animateurs, ça fait plaisir ! Je suis aussi présidente du conseil de la vie sociale du foyer. On réfléchit à trouver de nouvelles activités pour occuper tout le monde. Sinon, toutes les semaines se ressemblent et tous les week-ends sont pareils. On a déjà organisé des jeux, du sport et des sorties à l’extérieur. Pas mal, non ?
Aujourd’hui, j’ai terminé toutes mes démarches. J’attends le feu vert de la mission locale à la fin du mois pour suivre une formation. J’ai envie de travailler dans le commerce ou les espaces verts et de quitter le centre pour m’installer dans un foyer de jeunes travailleurs. En attendant, je vivote. Je touche entre 120 € et 150 € par mois : ce n’est pas le grand luxe mais je fais avec.
Mon regard sur le monde autour de moi a changé. Je ne comprends toujours pas pourquoi mes amis m’ont lâchée. Juste parce qu’ils avaient honte d’avoir une amie SDF. C’est dégueulasse ! Tous, sauf ma meilleure amie. Je lui dois beaucoup.
Mon rêve aujourd’hui ? Aller rendre visite à ma grand-mère dans le sud et d’arriver la tête haute pour lui montrer que j’ai réussi à m’en sortir. Dès que je m’en sors, je fonce ! »
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Recueilli par P.G.
(Ouest-France, le 19 août 2008)
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17 h 30, mercredi dernier, cour des Petites-Maisons, à Angers. La porte du centre d’hébergement d’urgence s’ouvre. Jean-François Pasquier, Fayçal et Pascal, trois éducateurs en poste ce soir-là , se préparent à accueillir les sans-abri qui demandent le couvert, une douche et un toit. Un peu de chaleur humaine, aussi.
« Ce soir, c’est plutôt calme, constate Jean-François, adossé à la façade du bâtiment. Parfois il y a la queue à l’entrée. » Une demi-heure plus tard, la porte se ferme. Fin de l’accueil.
18 h 15. Dans le bureau, un nouvel arrivant s’assied. Sergueï (1) est Tchétchène, il a 22 ans. Il plonge la main dans son sac et sort son titre de séjour, délivré par l’Office de protection des réfugiés et des apatrides. « Une femme ? », demande Fayçal. « Célibataire » répond le garçon dans un français hésitant. Ses yeux clairs illuminent un visage d’enfant trop vite propulsé dans la misère. « Déjà venu ? ». Silence. « Première fois. » Fayçal note. « OK, je te mets chambre 4. Je vais t’accompagner. »
18 h 30. Un résident toque à la porte. « Vous savez s’il y a un foyer à Noyant ? »
La soirée est calme. « C’est trompeur, ça peut virer à tout moment », confie Fayçal. « Il faut gérer des situations différentes et déjouer les conflits. On fait attention à mixer les groupes pour qu’aucun ne devienne dominant », complète Jean-François.
19 h. Dans la salle à manger, la télé est allumée. Au menu ce soir : avocats mayo, poulet haricots verts, flans et café. C’est le moment clé de la soirée pour la plupart de ces hébergés qui ont passé la journée à errer dans la rue ou à mener leurs démarches administratives.
19 h 20. La salle se vide. Direction la petite cour intérieure. Cigarette à la main, certains jouent à la belote. D’autres sont assis par terre et discutent dans plusieurs langues. C’est une tour de Babel, la misère ne connaît pas de frontières. Posé sur la table, le portable d’une jeune fille crache un son saturé. « À quoi sert le bonheur s’il n’est pas partagé ? » scande pour la énième fois un rappeur. Morceau suivant : Mika. Un carton dans les boîtes cet été. Refrain : « Love, love me. » Un rythme strass et paillettes branché. Mais pour eux, un décalage bien singulier quand on sait qu’ils devront quitter le foyer à 8 h 30 au plus tard le lendemain matin. « Love, love me. »
(1) Le prénom a été changé.
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 19 août 2008)
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Jusqu’à 30 appels dans la journée. La situation devenait intenable pour Marie (1) qui décide de dénoncer cette situation à la police le 12 juin dernier. Elle change de portable et déménage. « Votre maîtresse décide de mettre fin à une relation d’une dizaine d’années et vous l’avez mal supporté. Alors vous la harcelez pour avoir des explications et vous la menacez de mort », tonne le magistrat, hier au tribunal correctionnel d’Angers.
« La justice vous a mis en garde le 13 juin mais ça n’a pas suffi, vous avez continué à la harceler. C’est sûr que quand on mène une double vie, on double les problèmes », lâche le procureur. Le père de famille, marié, condamné en 2000 à cinq ans de prison pour viol, s’adresse au tribunal. « Je suis désolé, j’aurais pas dû dire tout ça. »
Emmitouflée dans un châle rose, la victime est prostrée à l’extrémité d’une rangée. L’air éteint, elle respire fort et fixe le vide. Son avocate demande 3 000 € au titre du préjudice global.
Après le délibéré, le tribunal a condamné l’amant indésirable à quatre mois de prison avec sursis avec une mise à l’épreuve de 18 mois. Il devra aussi verser 1 000 € à la victime et a interdiction d’entrer en contact avec elle.
(1) le prénom a été changé.
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(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Hier matin, des supporters s’étaient donné rendez-vous au club nautique pour suivre les exploits du médaillé de bronze en aviron. Inoubliable !
Le coup d’envoi de la finale approche. Plus que quelques minutes avant les premiers coups de rames dans le bassin olympique de Shunyi, à Pékin. « On est tendu ! » Nicolas Derouet est comme un lion en cage. Un boxeur prêt à bondir sur le ring dès le premier coup de cloche. Autour de l’entraîneur, les supporters de Julien Bahain se sont massés dans la petite salle du club d’aviron d’Angers. Ils portent tous le même tee-shirt blanc à l’effigie de leur héros.
Quatre ans de préparation
« On a commencé à sentir la pression vendredi avant les demi-finales. Même pendant les séries, Julien était serein parce qu’il avait confiance », lance Virginie. Gagnera, gagnera pas une médaille ? « C’est sûr qu’on l’attend ! Mais c’est déjà tellement bien d’arriver en finale ! » Nerveux, l’entraîneur confirme : « Depuis les demi-finales, on sent que tout peut arriver. Mes dernières nuits ont été agitées. Julien se prépare depuis quatre ans pour les Jeux. Pour marquer le coup, on a fait imprimer 300 T-shirts et on a installé l’écran géant au club. Il est super content qu’on soit là , il dit que c’est cool ! »
Prochaine étape :
les JO de Londres en 2012
Laura, la sœur de Julien Bahain, est aussi dans la salle. « Je suis stressée pour lui ! » L’entraîneur l’interrompt : « C’est parti ! » Il est 10 h 48. Silence monastique dans la salle. On monte le son. Les images des six bateaux alignés apparaissent à l’écran. Le bateau des Français est dans le premier couloir. Le public angevin respire au rythme des coups de rames des quatre jeunes hommes. « Ca part bien ! », observe l’entraîneur qui, aussitôt, se ravise. « Oh la la ! Un peu loin à mi-parcours mais ça remonte ! » Les applaudissements saccadent ses commentaires. « Allez, allez ! Ça part, ça part ! » Le bateau des Bleus est au coude-à -coude avec celui des Italiens. Plus que 500 mètres, rien n’est joué.
L’ambiance est électrique. « Allez Julien ! », hurle les supporters avant d’applaudir. Encore quelques mètres à avaler. Les visages se ferment. Certains prennent leur tête dans leurs mains. D’autres retiennent leur respiration. L’instant est grave. Tout se joue maintenant.
La ligne approche, tout le monde se lève. Coup de théâtre : une micro-coupure de deux secondes gèle l’image. L’assistance tressaille, foudroyée par une onde de choc. La retransmission reprend et c’est la délivrance ! « On l’a fait ! » Le bateau des Bleus franchit la ligne d’arrivée, juste derrière les Polonais et les Italiens. Les Français remportent le bronze. Julien Bahain entre au Panthéon des médaillés olympiques.
Ses amis exultent, applaudissent et hurlent. Des larmes coulent. L’entraîneur explose : « C’est énorme ! » Il s’éclipse dans l’arrière-salle et revient avec une bouteille de pétillant à la main. Le bouchon vole. Le pouce sur le goulot, il asperge cette grande famille de l’aviron. La sœur du jeune médaillé de 22 ans n’en revient pas. « Je suis hypercontente, c’est génial qu’il soit arrivé là après tous les sacrifices qu’il a faits ! Mes parents ont rejoint Julien en Chine, j’imagine ma mère en train de crier partout : « C’est mon fils ! » »
La jeune fille lève les yeux. Remporter une victoire, elle sait ce que cela représente. Elle aussi pratique l’aviron au niveau international. « Dès qu’il revient, je le prends dans mes bras et je lui dis que dans quatre ans, on part ensemble aux Jeux de Londres ! »
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Des amis de Julien Bahain, des licenciés du club nautique, des proches et l’équipe sportive. Si les supporters étaient présents, hier matin, pour encourager le jeune Angevin dans la finale de l’épreuve du quatre de couple messieurs, les officiels, eux, n’ont pas donné signe de vie. Malgré les félicitations adressées au club après l’exploit, l’assistance ne comptait aucun élu municipal ou du Conseil général.
L’aviron est moins populaire que le football. Est-ce pour cette raison que les politiques n’y ont pas prêté davantage attention ? « Les e-mails et les coups de téléphone que je leur ai passés après la demi-finale sont restés sans réponse », déplore Benjamin, qui s’est occupé de la communication locale autour de l’épreuve olympique. « Ça aurait pu être une vitrine énorme pour la ville, poursuit Monique, une membre du club. Julien va être déçu. »
Un manque de représentation politique mais aussi de communication autour de l’événement. « On a demandé une grande banderole à la ville pour l’afficher sur la façade du club et aussi quelques T-shirts pour marquer le coup, mais on nous a répondu que ce n’était pas prévu dans le budget et que ça coûtait trop cher », explique Nicolas Derouet, l’entraîneur. « Du coup, c’est le comité départemental qui a financé les T-shirts. On n’oublie pas qu’on reçoit des subventions des collectivités locales, mais c’est quand même les JO ! Julien aurait pu changer de région pour rejoindre un club mieux doté, mais il a choisi de porter les couleurs de l’Anjou. »
« C’est sûr, au retour de Julien, les élus voudront être à ses côtés sur les photos. Mais on ne manquera pas de leur rappeler que le jour de la finale, on s’est senti un peu seuls », lâche cette autre licenciée du club, amère.
P.G.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Trélazé. Son musée, ses moulins, ses chevalements d’acier et ses mines… Bienvenue dans un pays où la reine ardoise est devenue la muse de la ville.
Musée de l’ardoise. Il est 17 h. Arlette Avrillon sonne le rassemblement des troupes. Les 45 visiteurs resserrent les rangs. La présidente du musée de l’ardoise se lance et pointe du doigt le centre Hervé-Bazin qui fait face. « Ce bâtiment a été construit en 1 820. C’était une manufacture d’allumettes construite pour donner du travail aux femmes des ardoisiers. » La couleur est donnée, on part donc sur les traces de l’ardoise, cet or bleu nuit qui a modelé la ville. « On prend les voitures pour continuer la visite parce ce qu’à pied, c’est un peu long. » On s’organise. « J’ai encore deux places, vous avez trouvé un chauffeur ? », lance cette conductrice.
Pas étonnant qu’on ait besoin de la voiture. En jetant un coup d’œil à la carte de Trélazé, on découvre une ville tout en longueur qui s’étale sur 5 km d’est en ouest. Un hasard ? Non, une nécessité pratique : la quatrième ville de Maine-et-Loire a été construite autour de la veine de schiste ardoisier qui traverse le département.
Mairie. De chaque côté de la porte de l’hôtel de ville, deux gravures rendent hommage à l’histoire du bourg. « A gauche, ce sont les outils de travail du jour de l’ardoisier : cordes, pics, marteaux, poulies… Et à droite, c’est plus surprenant, ce sont les activités hors ardoises. » Fourches, paniers, chapeaux. « Environ 60 % de la population pratiquait aussi l’agriculture. »
Grand Maison, ancien site des Ardoisières de l’Anjou. Si la mine a fermé en 1983, le chevalement d’acier rappelle les heures glorieuses de l’extraction de la pierre. La porte blanche coulisse. On rentre. « Le chevalement avait deux fonctions : descendre les mineurs qui travaillaient sous terre et remonter le schiste qu’ils extrayaient. » Les nacelles descendaient jusqu’à 500 mètres.
L’endroit est resté en l’état. Comme si le temps avait figé les lieux. La rouille ronge la ferraille mais les filins reliés aux machineries d’extérieur pendent toujours.
L’ardoise a joué sur la démographie de Trélazé. « Dans les années 1 850, beaucoup de Bretons ont immigré car on avait besoin de personnel. Ils ont même amené leur curé. » Sur l’histoire des femmes, aussi. « Quand la première guerre mondiale mobilise les hommes, les femmes arrivent à la mine. Si elles ne descendaient pas au fond, elles ouvraient l’ardoise sur des machines en bois dans les ateliers. » Aujourd’hui, il ne reste que 230 employés aux Ardoisières, le deuxième employeur de la ville, dont une soixantaine de mineurs de fond.
Tour du Poirier, Parc du Vissoire. La toiture conique abrite ce qui aurait pu être la maison des Shadoks : un moulin d’exhaure qui pompait l’eau infiltrée dans les mines. Un bâtiment unique en Europe restauré à neuf en 2000.
Retour au musée de l’ardoise, face à une carrière à ciel ouvert aujourd’hui inondée. « Quand les hommes ont commencé à descendre dans les fonds, ils se sont battus pour obtenir le statut de mineur qui leur donnait notamment le logement et le chauffage. Ils l’ont toujours. » Une manière de réaliser que l’aventure de l’ardoise a aussi été synonyme d’avancées sociales.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 18 août 2008)
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Saumur. L’Ecole nationale d’équitation forme l’élite de la cavalerie française. Mais pas seulement. Visite guidée d’un centre aux 16 carrières olympiques.
Excellence et discipline. Deux mots pour résumer l’École nationale d’équitation. « 300 hectares, 200 personnes dont 43 écuyers, 400 chevaux en box individuel, 4 grandes écuries, une clinique vétérinaire moderne… » N’en jetez plus. C’est la grande classe. Le petit groupe s’éloigne de la boutique, point de départ de la visite. Direction la carrière à quelques mètres de là .
Le temps s’arrête. La guide remonte l’horloge du Cadre Noir. Retour sur le début de l’aventure. « Au lendemain des guerres napoléoniennes, la cavalerie est décimée. Louis XVIII demande alors à des écuyers civils de Versailles, des Tuileries et de Saint-Germain de former des militaires. »
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Persival : un cheval électronique
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Si le Cadre Noir doit sa naissance à ces grands écuyers, il leur doit aussi son nom. Du bleu clair d’origine, les uniformes des formateurs ont dévié vers le bleu foncé pour adopter le noir après quelques décades. Cadre pour l’encadrement et noir pour l’uniforme. « C’est aussi simple que ça », résume la guide. Effectivement.
Au fil du temps, les missions du centre ont changé. Le Cadre Noir militaire est devenu l’École nationale d’équitation en 1972 et confiée au ministère des sports. L’évolution n’a pas failli à la tradition et le ministère de la défense continue d’inclure 7 écuyers militaires.
Si la mission du Cadre Noir est avant tout de former des instructeurs de haut vol, l’école remet aussi à niveau des professionnels déjà dans le secteur. Elle oeuvre aussi dans la recherche grâce à Persival, un drôle de cheval électronique bourré de capteurs. Les avions ont leurs simulateurs de vol, les chevaux ont Persival. De quoi s’entraîner sans passer la bride à l’animal et… limiter les dépenses.
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Le plus grand manège couvert d’Europe
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« Les chevaux arrivent ici à l’âge de trois ans et suivent quatre ans de prédressage. Ensuite, ils sont ventilés par écurie : prestige, pour les galas, dressage, concours complet ou saut d’obstacle », poursuit la guide en entrant dans le grand manège couvert. Le plus grand d’Europe, d’ailleurs. Les manèges olympiques font pâle figure face aux dimensions du géant du Cadre Noir : 60 m de longueur et 20 de largueur pour l’olympique, 84 m par 35 à Saumur.
En sortant des gradins, la guide pointe une série de photos. Un cliché en noir et blanc du XIXe siècle où des cavaliers sont alignés. Ou presque. « Regardez la forme de leurs chapeaux, elle est différente et pourtant les chapeaux sont les mêmes. Ce sont des lampions, des chapeaux un peu allongés qui permettent au formateur de vérifier si l’alignement est symétrique. » Voilà pour l’héritage militaire. Histoire de rester dans l’esprit de la devise du Cadre Noir : « En avant, calme, droit et léger. »
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 16 août 2008)
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Angers. Foulques Nerra a donné son premier souffle au quartier. D’abord à vocation religieuse, la rive droite s’est métamorphosée. Voyage dans le temps.
La vue est imprenable ! C’est sur le toit du théâtre du Quai que la visite commence. Ce jeudi, une quinzaine de visiteurs ont bravé le vent pour découvrir le quartier de la Doutre. Avant d’entrer dans le vif du sujet, un résumé historique s’impose. « L’installation primitive s’est réalisée rive gauche, face à nous, de l’autre côté de la Maine, explique Jacqueline, la guide. Entre la cathédrale et le château, vous apercevez le coeur médiéval de la ville, la cité. »
Au Moyen Âge, la Doutre (« d’outre-Maine ») n’est qu’une zone marécageuse peu habitée. C’est Foulques Nerra, comte d’Anjou, qui lui donne son premier souffle au début du XIe siècle. De retour de son troisième pèlerinage à Jérusalem, où le seigneur sanguinaire se rend régulièrement pour se faire pardonner ses atrocités, il fonde l’abbaye Saint-Nicolas. Vingt ans plus tard, il érige l’abbatiale du Ronceray pour y installer l’ordre des bénédictines.
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46 constructions à pans de bois dans la ville
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« Le faucon noir » - tel qu’on le surnomme - utilise les voies de communication construites par les Romains pour structurer le quartier de la Doutre et construit le premier pont qui le relie à la cité. L’actuelle rue Beaurepaire, le « Decumanus Maximus » comme l’ont baptisé les Romains, se divisait en deux artères. L’une partait vers Nantes (l’actuelle rue Saint-Nicolas), l’autre vers la Normandie (la rue Lionnaise). Deux populations cohabitent dans le quartier, l’une artisane et ouvrière, l’autre aristocrate.
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Un lieu sombre et dangereux
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La visite se poursuit quai de la Savatte - qui n’était qu’une île jusqu’à la fin du XIXe siècle - direction rue Beaurepaire. Au numéro 59, un « australian bar » s’est installé dans la plus vieille maison d’Angers. Elle fait partie des 46 constructions à pans de bois encore visibles dans la ville.
En face, la tour-clocher de l’abbatiale du Ronceray, à l’origine du quartier, est en travaux. « La lumière et les perspectives sont extraordinaires, note la guide, il n’y en a que deux de ce type en France. » L’édifice a pourtant changé depuis sa construction, sous l’impulsion des religieuses qui l’habitaient. « Au XIe siècle, dérangées par les pèlerinages de la fête-dieu, elles clôturent une partie du bâtiment et relèvent le niveau du sol. »
Au XVIIe siècle, Louis XIV prive Angers d’une partie de ses avantages pour punir les Angevins de leur insolence lors de la Fronde. Si la ville s’endort, la vie religieuse est toujours très vive dans la Doutre, où s’installent 13 nouvelles communautés. Deux siècles plus tard, alors que l’urbanisation gagne la rive gauche, la Doutre reste un lieu sombre et dangereux.
Depuis, la tendance s’est inversée. « Aujourd’hui, c’est du dernier chic d’habiter la Doutre ! », plaisante la guide. En 1990, le projet d’un architecte parisien est retenu.
L’objectif est d’urbaniser 9 hectares du quartier Balzac, en plus de l’aménagement des jardins du même nom. Aujourd’hui, la mission est accomplie. La Doutre est le quartier le plus cher, après l’hyper-centre d’Angers : le prix au mètre carré flirte avec « les 2 200 € pour de l’ancien ». Parole d’agent immobilier.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 14 août 2008)
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En détention provisoire depuis un an, la cour d’appel d’Angers a rejeté hier la demande de libération d’un Sarthois mis en examen pour viols sur mineur.
La jeune fille avait porté plainte en juillet 2007 contre son beau-père. Les faits se seraient déroulés entre 2001 et 2005 dans le nord-Sarthe. Dans sa déposition, Anne (1) accuse l’homme de lui avoir imposé son premier rapport sexuel à l’âge de 12 ans. Ces rapports deviennent de plus en plus fréquents et le beau-père se serait servi de sa qualité d’ancien militaire de carrière pour lui faire du chantage. « Selon la déclaration d’Anne, vous l’auriez menacée de mettre à profit vos prétendues accointances pour la faire enlever par les services secrets », lance la présidente de la cour d’appel d’Angers. Le stratagème aurait évolué pour devenir un échange de « services ». « Un odieux marché s’est ensuite mis en place, poursuit la magistrate, une cigarette contre une fellation, une pénétration contre un trajet en voiture, une sodomie contre une sortie en discothèque. » Il aurait également pris des « photos suggestives » de sa belle-fille, stockées sur son ordinateur. Après examen du disque dur, l’expert a confirmé avoir retrouvé des traces de ces clichés, ainsi qu’une « multitude de photos à caractère pédo-pornographique », selon l’avocat général.
L’homme, présumé innocent, a été mis en examen début août 2007 pour viol sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité et corruption de mineur. « Je veux que tout soit éclairé pour démontrer que je n’ai rien fait. J’ai les huissiers et les impôts sur le dos, il faut que je reprenne une activité professionnelle », a-t-il déclaré aux magistrats. S’il reconnaît avoir parlé de sexe avec sa belle-fille et avoir pris des photos « à sa demande », il nie l’avoir violée.
Placé en détention provisoire début août 2007, la cour d’appel a rejeté sa demande de remise en liberté. L’affaire, toujours en cours d’instruction, sera jugée ultérieurement.
(1) le prénom a été changé
Â
Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 13 août 2008)
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Le tribunal de Saumur avait condamné deux garçons à de la prison ferme. Hier, la cour d’appel d’Angers a relaxé le premier et a infligé une peine plancher au second.
C’était le 19 juin dernier dans la campagne saumuroise. Ce soir-là , Sylvie C. entend du bruit en provenance des deux caravanes installées sur son terrain pour héberger les convives du mariage de sa fille. Trois personnes prennent la fuite en voiture. Elle prend elle aussi le volant pour les courser. Sans succès. Elle s’aperçoit alors que les serrures des caravanes ont été forcées. Mais rien n’est volé.
Devant le tribunal de Saumur, Pierre et Louis, ont été condamnés respectivement à 24 mois et 18 mois de prison ferme. Les deux cousins, membres de la communauté des gens du voyage, ont fait appel de cette décision. Hier, face à la cour d’appel d’Angers, Pierre - surnommé « Loupette » - déclare qu’il a passé cette soirée chez sa grand-mère avant de rejoindre sa petite amie.
De son côté, Louis - dit Bruce Lee - affirme avoir suivi une réunion évangélique, le soir des faits, et s’être couché tôt. « C’est sûr, votre emploi du temps était angélique. Vous avez passé la soirée à parler de valeurs, de bien et de mal, avant de vous coucher sagement à 21 h 30 », ironise une magistrate.
Le hic dans cette histoire est que les deux cousins accusent deux membres de leur famille, qui ont reconnu les faits. « Vous connaissez bien les ficelles de la justice des mineurs pour minorer les peines, donc vous en accusez d’autres », lance l’avocat général en pointant du doigt les deux garçons de 18 ans. « Ils ont déjà été jugés pour des faits similaires, les peines plancher doivent s’appliquer : 3 ans de détention pour Pierre et 2 ans pour Louis », poursuit le parquet à l’attention de la cour.
L’avocat de Pierre hausse le ton. « Le vendeur de la Renault-Super 5 (retrouvée sur le terrain des gens du voyage de Longué-Jumelles) avec laquelle ils ont pris la fuite affirme avoir reconnu Pierre sur les photos que les gendarmes lui ont présentées. Mais sur ce cliché, Pierre avait 14 ans ! Il l’a confondu avec son frère mineur ! »
La cour d’appel a retenu cette thèse en relaxant Pierre. Les magistrats ont en revanche suivi les réquisitions de l’avocat général en condamnant Louis à une peine plancher. Le jeune homme écope de 24 mois de prison avec maintien en détention.
Parmi l’assistance bruyante, alors que certaines familles laissent échapper des cris de joie, d’autres sortent en pleurs.
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Paul GYPTEAU.
(Ouest-France, le 13 août 2008)
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