À 44 ans, la députée UMP de Meurthe-et-Moselle a été nommée secrétaire d’Etat à la Famille le 18 mars dernier. Entre sa réputation de grande gueule bagarreuse et sa fidélité à Nicolas Sarkozy, elle devra trouver sa place au sein du gouvernement Fillon III.
Elle tient sa revanche. Nommée secrétaire d’Etat à la Famille le 18 mars dernier à l’issue des élections municipales, Nadine Morano obtient enfin la récompense attendue depuis la fin de la campagne présidentielle.
Bien connue pour son franc-parler, cette blonde pétulante, responsable des jeunes RPR de 1986 à 1989 et conseillère régionale de Lorraine depuis 2004, était jusqu’alors porte-parole de l’UMP depuis juin 2007 aux côtés d’Yves Jego.
Malgré son fiasco électoral aux élections municipales de Toul (Meurthe-et-Moselle), mi-mars, où elle est arrivée en troisième position avec 26 % des voix à l’issue du second tour, le chef l’a rappelée à lui.
Le président de la République l’avait écartée de son cercle après son élection. Victime de ses maladresses et de son langage abrupt, Nadine Morano passe son tour et doit attendre le deuxième service pour revenir au pouvoir.
Car Madame Sans-Gêne ne manque pas d’air. Durant la campagne présidentielle, elle s’invite à une réunion du PS consacrée aux handicapés, camouflée sous un gros manteau gris et une épaisse capuche. Ségolène Royal, maîtresse de cérémonie, avait peu apprécié cette intrusion relayée par les caméras de France 2. Cette maladresse lui vaut une mise à pied temporaire de l’équipe Sarkozy et une traversée du désert de plusieurs mois.
Elle récidive pourtant en février dernier. En plein débat sur la rétention de sûreté pour les criminels dangereux, elle accuse les socialistes, qui y sont hostiles, « de se placer du côté des assassins ».
Elle agace même au gouvernement. En témoigne l’accrochage entre Nadine Morano et Fadela Amara. Cette dernière déclare : « Nadine Morano, c’est la Castafiore. Elle est sympa, mais elle énerve tout le monde et tout le monde la fuit ». Réponse de l’intéressée : les « écarts de langage » de la secrétaire d’Etat à la politique de la ville, « ses dérapages verbaux et sa vulgarité font partie de son personnage ».
La nouvelle carte de Sarkozy
Mais Nicolas Sarkozy passe outre les dérapages de cet électron libre et l’adoube en lui offrant un fauteuil. C’est son soutien au chef de l’Etat, qu’elle défend bec et ongles, qui lui vaut cette nomination aux affaires familiales. Un terrain que cette mère de trois enfants connaît bien pour avoir siégé à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales à l’Assemblée nationale, de 2002 à 2007.
Les associations semblent se réjouir de son arrivée. « C’est une femme volontaire qui sait s’engager sur des dossiers », estime François Fondard, le président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Avis partagé par le député socialiste Gaëtan Gorce qui a travaillé avec elle à l’élaboration de la loi sur la fin de vie et le droit des malades, qui juge sa nomination « méritée », avant d’ajouter que « derrière l’image de dureté se cache une femme de convictions capable d’être attentive à la complexité des dossiers ».
Mais Nadine Morano saura-t-elle composer entre ses convictions et la ligne politique de Nicolas Sarkozy ? Favorable au respect de l’autorité et des valeurs – elle dépose l’amendement qui punit le « happy slapping » en 2007 – elle n’en demeure pas moins progressiste sur les questions de société. Favorable à l’euthanasie, au mariage gay et à l’adoption par les couples homosexuels, elle dit savoir faire abstraction de ses engagements pour « appliquer le projet présidentiel », hostile à ces évolutions des mœurs. Un paradoxe à résoudre.
La cantatrice du gouvernement Fillon III aura bientôt l’occasion de faire ses gammes sur le chantier du statut du beau-parent. Lancé par Valérie Pécresse il y a deux ans, le texte qui vise à reconnaître l’autorité parentale d’un tiers, était resté au point mort.
À l’heure où Nicolas Sarkozy veut redonner plus de sérieux à sa fonction, pour se détacher de son attitude « bling bling » qui lui a valu une dégringolade dans les sondages, il lui faut reconquérir l’opinion. Fille d’un chauffeur routier et d’une standardiste, celle qui a passé sa jeunesse dans une barre HLM de Nancy était l’atout rêvé du nouveau jeu du chef de l’Etat.
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Ecartée de l’équipe de Nicolas Sarkozy ? Nadine Morano s’insurge et le fait savoir en direct sur la matinale d’i>télé le 12 octobre dernier.
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